Je n'aime pas la vie


Dit ainsi, j'exagère un max. Mais je ne suis pas loin de ce ressenti.

En fait, j'ai pris conscience dernièrement qu'on m'a appris à ne pas aimer la vie. Certes, il ne tient qu'à moi de changer tout ça. Mais ça se saurait si c'était si simple...

Depuis petite, on m'a appris à ne pas aimer ce qui peut faire sourire. Ma mère a très vite décrété que les anniversaires et fêtes de fin d'année, elle ne les fêterait pas. Du coup, je ne sais pas ce que c'est que de s'émerveiller, enfant, devant un cadeau. Je ne garde aucun souvenir de paquets au pied du sapin. Et pire encore, d'un cadeau surprise. On m'offrait ce que je réclamais dans le budget souhaité. Donc déballer un paquet dont on connaît le contenu, où est l'utilité ? Alors pas de paquet, pas de surprise, pas de sourire... Tout comme les pique-nique, resto, barbecue. Toutes ces petites choses qui remuent le quotidien, qui te font passer de bons moments, en famille, je n'en garde pratiquement pas de souvenirs tellement ils se comptent sur les doigts d'une seule main. Et encore...

On m'a appris à ne pas m'aimer. Quoique je pouvais être, ce n'était jamais bien. J'étais grosse, la honte. J'étais mince, la pute. Je ne me maquillais pas alors que je sortais, j'avais droit à la réflexion. On validait mes achats vestimentaires mais aussitôt que je les portais, j'étais critiquée (sac à patate ou... pute). Les compliments étaient rares pour ne pas dire inexistants. Mais on savait très bien me critiquer.

On m'a appris à ne pas avoir l'esprit de famille. Je ne sais pas ce que c'est. Une famille unie, aimante, sincère. Je n'y ai vu que le contraire. Les repas, mariages, gosses, je n'en ai vu que de mauvais exemples. Et même si je ne cherche pas à faire mes propres expériences, c'est juste parce que je n'en ai pas l'envie. Fred me satisfaisant amplement !

On m'a appris à ne pas aimer les enfants. Ma mère ne l'a jamais caché : elle ne voulait pas de gosse. Et encore moins être grand-mère. Mais bon, il a fallu que son fils vienne au monde pour qu'elle revoit ses positions. Qu'avec lui, bien entendu... Je n'ai pas connu l'amour d'une mère, la complicité, les mots et gestes tendres. Je mettais beaucoup ça sur le coup de la pudeur mais en fait, non. Elle n'avait pas envie de tout ça avec sa fille... Pour ma part, ça m'a rendue pudique. Je fais froide, une handicapée des sentiments. Heureusement, je ne le suis pas avec tout le monde et surtout pas avec l'amoureux.

On m'a appris à être nulle. A l'école, je n'ai jamais été soutenue, motivée. Je n'étais jamais félicitée pour mes bonnes notes. Par contre, pour critiquer, on ne me loupait pas ! On n'a jamais écouté mes envies (choix de filière, mon besoin de redoublement). Je ne pouvais qu'être démotivée et être de plus en plus en peine au fil des années...

On ne m'a jamais rien appris du quotidien. Cuisiner, coudre, faire une lessive. J'ai appris toute seule lorsque j'ai quitté la maison. Je me souviens qu'avant ça, je voulais aider. Comme faire un flan qui n'aura pas pris car je n'ai pas fait bouillir le lait. Tout comme cuire des pâtes, ne sachant pas qu'en les laissant dans l'eau, elles allaient ramollir. Tout comme faire les lessives. On m'a répondue "Non, je préfère m'en occuper, tu ne sauras pas". Plutôt que de m'expliquer de tout ça... Ou comment penser que j'étais plus con que les autres. Heureusement, non. J'ai réussi à me débrouiller. Je n'ai jamais mis le feu à un repas, ni troué une chemise lors du repassage, ni fait déborder une machine à laver. J'ai appris ce que l'on aurait dû m'apprendre durant mon adolescence.

Bref, j'ai vécu et grandi dans le négatif. Pas facile de tout revoir au bout d'une vingtaine d'années. Il ne suffit pas de déchirer la page et tout réécrire. Oui, ça se fait mais pas aussi facilement, rapidement.

Demandez à un alcoolique d'arrêter de boire du jour au lendemain. A un fumeur, la cigarette. A un toxico, etc... Peu importe l'addiction, le travail est long. Je suis addict au négatif et je ne peux pas m'en débarrasser en un claquement de doigts.

Ce négatif que l'on m'a inculqué...

Je dis on. Mais ce on, c'est ma mère...

Tendance


Je ne suis pas la tendance. Que ce soit en mode, maquillage, coiffure, déco, je n'ai jamais surfé là-dessus. C'est tellement éphémère que je n'en vois pas l'intérêt.

Je ne me suis pas lancée dans le végétarisme parce que la prise de conscience se fait de plus en plus depuis quelques années. Non, je m'y suis lancée par choix. Pour preuve, depuis l'an dernier, on ne parle que de gluten et c'est une manière de consommer qui ne me concerne pas. Je n'ai pas besoin de ce genre d'alimentation et donc, je ne vais pas m'y lancer pour autant...

Il en est de même pour la mode. Cette année, c'est le top Bardot (haut à épaules dénudées). L'an dernier, c'était le jaune et ou la marinière, je ne sais plus. De toute façon, il y a toujours 50 000 tendances par an. Sans parler des cheveux couleur licorne, des sandales type "ballerine", du dernier roman qui cartonne, du film en tête du box office et j'en passe. Un peu comme le hand spiner : on voit ça partout et d'ici quelques semaines, aux oubliettes !

Je suis une très mauvaise acheteuse/consommatrice. Ce n'est pas vers moi qu'il faut se tourner pour me faire tester un produit. Je ne suis pas ce genre de personnes qui va se ruer sur internet ou en magasin pour acheter le dernier vêtement tendance, le dernier maquillage, me faire la coiffure du moment et j'en passe. Car je sais que justement, peu importe la tendance, ça va passer...

Tu veux connaître la seule tendance que j'ai suivi ? La fameuse plante verte Pilea qui fait fureur sur Instagram. Oui, rien que ça...

Depuis peu, le minimalisme est devenu tendance. Là, tu vois, je n'ai pas attendu qu'on en parle pour que je le sois : minimaliste.

Je n'ai jamais été bibelots et stockage. Exposer 50 000 trucs sur une étagère n'est vraiment pas mon truc. Je n'aime pas le côté chargé et puis, ça ne facilite pas le ménage. Tout comme je ne suis pas du style à garder, juste au cas où...

Moins il y en a et mieux je me porte. Stocker des objets ou vêtements dans un coin, ça prend beaucoup de place, ça perd de la valeur et il y a de fortes chances que ça finisse dans l'oubli ou jeté.

Je ne suis pas une femme à gadgets. Les gants de vaisselle rose à ourlet fleuri, les outils de jardinage rose, la lampe ananas, le bibelot flamand rose, les 50 000 coussins sur le lit, le tissage mural, le macramé et j'en passe... Oui, pourquoi pas... Je ne dis pas que c'est moche ou que je n'aime pas mais ce n'est définitivement pas pour moi. Car une fois de plus, c'est éphémère...

Je décore utile, j'achète utile. Je suis complètement à côté de la plaque niveau tendance mais franchement, tant que je me sens bien dans ma chambre, dans mes vêtements et que c'est bon dans mon assiette, j'ai envie de dire que c'est le principal.

Comme une enfant


- J'aime les anciens Disney
- J'ai mon petit St Nicolas tous les 06 décembre
- Tout comme mon calendrier de l'avent Kinder
- J'écris avec des feutres
- Je gagate devant les animaux
- Je trempe toujours mon doigt dans la pâte à crêpes
- Je m'essuie la joue lorsqu'un bisou est baveux
- Je pique des fraises en cachette
- Je rigole avant même de raconter une histoire
- Ma peluche n'est jamais très loin

Entière


Je suis une personne entière qui ne fait jamais dans la demie mesure. Et c'est chiant. Parce que je ne considère pas ce point de ma personnalité comme une qualité ni comme un défaut. Même si, je le reconnais, ça me désavantage plus souvent qu'autre chose.

Je suis entière. Ma confiance, je la donne à 100% mais si on joue avec, elle perdra des points sans jamais plus atteindre sa totalité. C'est dur à encaisser, de vivre avec au quotidien. Je suis définitivement blessée. Car je n'oublierai jamais. Je ne le ferai jamais payer. Je ne suis pas du tout dans cette optique. Mais dès que le mal est fait, ma confiance est égratignée et aucun mot ni acte ne pourra récupérer des points. Ou alors, quelques uns mais jamais tous...

Je suis entière en amour comme en amitié. Et cette dernière, on ne peut pas dire qu'elle m'ait gâtée. Non pas que je donne ma confiance à tout bout de champ ni à n'importe qui mais les choses font que... Je n'ai plus confiance aux gens. J'ai du mal. Ça a forcément un impact sur mes relations. Réelles comme virtuelles. Je peine cruellement à garder le rythme...

Je suis entière tout comme j'exige que les discussions le soient. Dès qu'il y a un début, il faut forcément une fin. Et là, je ne lâche pas l'affaire tant que j'en ai les moyens. Mais certaines personnes refusent de répondre à mes pourquoi et là encore, j'ai du mal à vivre avec, avancer. Si je suis une personne qui va à la discussion, il faut qu'il en soit de même en retour. Mais j'ai du mal à assimiler que tout le monde ne fonctionne pas ainsi.

Je suis entière et ça me joue beaucoup de mauvais tours...