Mes histoires d'enfance


Je ne sais pas vous mais moi, j'avais une mère très forte pour me raconter des bêtises dès mon plus jeune âge. Ça va peut-être vous faire sourire mais certaines m'ont quelque peu marqué durant un bon bout de temps. Bah ouais mais quand tu es gosse et que tu ne connais rien à la vie, tu crois ce que ta maman te raconter.

J'habitais près d'une rivière. Et pour ne pas m'y rendre pour m'y promener ou jouer avec des copains, ma mère m'avait parlé du monstre à la grande chaîne. Genre si un enfant s'approchait de l'eau, une grande chaîne pouvait en sortir, m'attraper le pied de sa grosse mâchoire de métal et m'emmener au fond de la rivière. Autant vous dire que ça a fonctionné du tonnerre ! Sauf que, 2/3 ans plus tard, on a emménagé en ville et qu'il me fallait traverser un pont (où passait cette fameuse rivière) pour me rendre à l'école et en revenir. J'ai encore en mémoire ces matins où je devais franchir ce pont. Soit j'y allais en courant soit j'y allais péniblement, tellement mes jambes tremblaient, en regardant discrètement si la chaîne n'était pas dans les parages. Ah oui, vous pouvez en rire ! Mais moi, cette histoire, ça m'a traumatisé pendant un long moment ! Le pire, c'est que j'en ai parlé à ma mère il y  a 4/5 ans et qu'elle ne se souvenait plus de cette histoire.

On en parle de l'appendicite qu'on peut attraper à force de se ronger les ongles ? Oui, ma mère avait une imagination débordante... Elle en avait marre que je me les ronge sans arrêt. Même les vernis dégueulasses ne me freinaient pas. Au début, je faisais la grimace et vite après, je rongeais de nouveau mes ongles *rebelle*. Alors ma mère a eu cette idée folle de me raconter l'appendicite. Et l'appendicite, bah ça fait peur lorsque tu connais 2/3 camarades de classe qui sont passés sur le billard. Mais comment arrêter de ronger mes ongles ?! Je n'ai pas trouvé mieux à l'époque-là (début du collège) à débarquer dans la cour avec mes ongles entourés de pansements. Ridicule je fus, honte j'ai eu. Merci Maman... Bizarrement sur Michael Jackson, ça faisait classe...

Il y a eu l'histoire de Minou, le chaton que ma mère a réussi à donner à une collègue. Enfin ça, c'est ce que j'ai cru durant des années ! Elle a fini par m'avouer de longues années plus tard qu'elle l'avait zigouillé le jour-même de sa naissance... Et dire qu'elle me donnait de ses nouvelles lorsque j'en réclamais...

Et les poissons rouges ? Je me souviens d'un rouge et d'un noir. Par contre, je ne me souviens plus comment je les ai eu. Ont-ils été achetés/gagnés à une foire ? Dans tous les cas, je les aimais bien. Puis un jour, adieu poisson rouge. Quelques jours plus tard, adieu au noir... Comme le chaton, j'ai appris bien des années plus tard qu'elle les avait tué à base d'eau chaude car elle en avait marre de nettoyer le bocal.

Oui, j'ai une mère cruelle (on le savait depuis un bon moment déjà) mais avec ses conneries, j'ai longtemps cru au monstre à la longue chaîne. Et dans un prochain billet, je vous racontais mon désamour avec mes ongles...

Christelle...


Mes années scolaires ne m'ont laissée aucun bon souvenir. J'ai oublié beaucoup de choses, je n'ai gardé contact avec personne, j'en refuse par tous les moyens. J'en avais fait un long billet à ce sujet : mon mal-être, les mauvaises notes, une maîtresse qui me terrifiait, une prof de maths qui a déclenché mon désamour définitif de l'école mais aussi, la victime que je fus durant quelques temps entre railleries, insultes et coups.

Je n'aime pas dire que j'ai été victime d'harcèlement parce que ce que j'ai vécu, c'est vraiment du pipi de chat, même s'il ne faut pas banaliser ces actes, même si sur le moment, je n'en menais pas large. Encore aujourd'hui, j'ai l'impression d'exagérer en parlant d'harcèlement, et pourtant, c'est vraiment ce que j'ai subi...

Ce fut principalement moral. Sur mon poids, mon absence de beauté (et à l'âge là, la beauté intérieure, tu t'en tapes le haricot, soyons honnêtes). En même temps, ce qu'ils me balançaient à la figure, ils n'avaient pas tort (oui, quand tu deviens tête de turc, t'arrives encore à trouver des raisons/excuses à ceux qui t'embêtent). Et de ne pas m'aimer ni être jolie, ça n'a pas aidé pour me sociabiliser. Et comme en plus je ne fumais pas, ne buvais pas, ne sortais pas, et que j'étais le style à donner le bâton pour me faire battre, t'atteins le summum de la victime parfaite à faire chier.

Au-delà des paroles, j'ai connu les bousculades, les tirages de cheveux, les chewing-gums dans ceux-ci. Je me demande s'il n'y avait pas des crachats mais je n'en suis pas sûre donc je ne vais pas m'avancer. Il y a eu les jupes soulevées/baissées (qui me marqueront sans doute à vie) dans la cour de récré, bondée. Puis il y a eu les gifles, les coups de pieds, les croche-pieds. Je l'ai subi que deux fois dont une assez violente, psychologiquement.

Je dis que deux fois mais ce fut deux fois de trop...

J'en ai parlé une seule fois à mes parents pour la gifle que je m'étais prise car en me retournant un peu trop vite, ma queue de cheval a effleuré le visage de celui qui était derrière moi. Une gifle mémorable. Je suis rentrée en pleurs, rouge et enflée. Ma mère en avait rien à foutre (sans même savoir, elle jugeait d'avance que c'était de ma faute). Quant à mon père, ne voulant pas d'histoires, je me suis tue et pris sur moi. Du coup, pour ce qui m'est arrivé bien plus tard dans le local derrière les tribunes de la salle de sport, je n'ai rien dit.

J'en ai voulu à mes parents sur le moment. Car ce sont quand même les deux personnes les mieux placées pour me défendre. Je leur en ai voulu mais j'ai pardonné. Peut-être aussi parce que, comme dit plus haut, ce que j'ai subi, ce n'était finalement rien à mes yeux. Or, c'est une grossière erreur de minimiser ces actes. On n'a pas à les subir. Point. La simple gifle est un harcèlement. Les insultes aussi. C'est interdit, ça ne doit pas exister. Il faut que les potentielles victimes ou les parents qui me lisent comprennent qu'un enfant comme un adulte n'a pas à subir ces violences et encore moins les minimiser.

J'ai fait cette erreur. Et je pense sincèrement que ces années-collège m'ont changé ou, tout du moins, cassé quelque chose en moi. Bon, y a pas que ça hein, ça serait trop facile.

Quant à ce prénom qui titre cet article, c'est une pensée pour cette camarade qui en a vu pire que moi. Intello, fine et petite, rousse à lunettes. Je crois que tu ne peux pas faire mieux en victime parfaite à harceler.

J'ai été victime de ces personnes mais j'ai également été témoin de ce que Christelle a vécu. Elle a pris cher la pauvre. Je ne l'ai jamais défendu. A aucun moment. Comme beaucoup, tu fermes les yeux. Surtout si tu fais partie des victimes de ces personnes. Les représailles comme les menaces sont omni-présentes dans ta tête. Surtout en fin de cours. A l'extérieur du collège.

J'en ai vu des vertes et des pas mûres. Encore aujourd'hui, j'arrive à culpabiliser de n'avoir rien fait pour Christelle. Un "Arrêtez", "Lâchez-la", voir le pion, le proviseur. Bref, faire quelque chose même si ça n'aurait sans doute servi à rien. J'ai fermé les yeux parce que j'ai pensé égoïstement à moi. Et je peux vous dire que lorsque je parle de pipi de chat, Christelle, elle, en a connu pire.

Je ne sais pas ce qu'elle est devenue. Je ne pense pas me tromper en disant qu'elle a dû souvent pleurer dans sa chambre, que la boule au ventre, elle l'a connu longtemps. Peut-être même que ses parents étaient au courant mais minimisaient... J'espère qu'elle va bien, qu'elle s'est bâtie cette carapace qu'elle n'avait pas à cette époque et peut-être même qu'elle ne m'en veut pas, ainsi qu'aux autres, de n'avoir rien dit et laisser faire. Je tente de soulager ma conscience en disant qu'elle comprenait et nous a pardonné...

Négative


J'ai conscience de donner une image négative sur Internet. Or, dans la vie réelle, je suis loin d'être ça (bon, il m'arrive de me plaindre mais de manière occasionnelle et surtout, en privé). Il est vrai que j'ai toujours eu plus facile de dire ce qu'il ne va pas. J'étais très branchée "poèmes" durant l'adolescence et mon inspiration venait plus facilement lorsque je traitais des thèmes tristes... Puis dire/écrire des choses qui m'énervent, me dépriment, me blessent, c'est une manière pour moi de me défouler.

Mais voilà, être négative à vos yeux, j'imagine à quel point ça doit vous plomber ! Moi-même je m'aurais déjà fui :p

C'était ma résolution pour 2016 : m'aimer, aimer la vie et profiter. Sauf que les événements du Nouvel An en ont décidé autrement. Parce qu'il ne faut pas croire mais je n'y trouve aucun plaisir à être négative sur la toile. Je précise sur la toile pour que vous compreniez que malgré mes complexes, mes ennuis divers, je sais être une personne joyeuse, drôle. Aux dernières nouvelles, PERSONNE ne s'est mis une balle dans la tête après avoir passé du temps avec moi ^^

La photo et moi


J'ai commencé l'année avec une grosse remise en question sur la place que j'avais ou non dans la photographie. Même là, en l'écrivant, j'ai l'impression d'une imposture tellement je ne me sens pas photographe. En même temps, c'est vrai : je ne le suis pas de manière professionnelle. Mais qu'en est-il niveau amateur ?

Comme Bibi a eu la bonne idée de fermer son blog durant toute l'année 2016, un petit topo pour les nouveaux lecteurs s'impose pour mieux comprendre la chose :

Il faut savoir que la photo dans la famille, ce n'était vraiment pas ça. Ma mère a rempli l'album de ma naissance jusqu'à mes 6/8 ans, sans aucune technique. Elle en a fait de même pour son fils et puis, basta. Si j'ai eu un appareil jetable pour immortaliser une sortie scolaire, c'était déjà bien. Il a fallu attendre l'arrivée des téléphones mobiles avec la fonction photo pour que je m'y mette. C'était au début des années 2000. Dis-toi, le mioche, que lorsque tu critiques la qualité pourrave de tes photos sur iPhone, Samsung et Compagnie à presque 1000€ la bête, imagine comment c'était à l'époque des dinosaures. La photo était VRAIMENT moche !

Il a fallu attendre 2006/2007 pour que je découvre la "vraie" photo avec le Canon 350D, qui était un vrai bijou à ce moment-là. Je l'avais durant 24h. J'ai mitraillé mes chats n'importe comment mais ça a suffit pour qu'au premier "Clic !", le coup de coeur apparaisse.

Deux ans après, j'achetais mon propre boîtier. Là encore, photos de mes bêtes principalement. Je n'ai jamais cherché à aller plus loin. Mon but était d'immortaliser mes bestioles. Je faisais du pur Instagram avec du pur matos. Super... Et il y a trois ans, je me suis dit : "Ingrid, t'as un bon boîtier, tu as 3 objectifs sympa mais tu fais toujours la même chose, tu n'as jamais évolué". Parce que je me plaisais dans cette routine. Je ne cherchais pas à faire mieux ni autre chose parce que, comme toujours, je m'en sens incapable (le zéro confiance, c'est vraiment la merde).

Je me suis donc procurée le livre qui m'aiderait à mieux utiliser la bête. Sauf que le bouquin, 30/40€, je l'ai feuilleté puis rangé sans plus jamais le ressortir. Car j'ai appris une chose : rien ne vaut la pratique ! T'as beau apprendre le livre par coeur, si tu ne fais pas tes propres photos/réglages, ça ne sert à rien. Je me suis donc un peu bougé le popotin pour sortir de ma zone de confort.

C'est pile le moment où j'ai eu une rentrée d'argent qui m'a permis de renouveler mon matériel. J'ai choisi du bon sans tomber dans l'excessif. Même si mon porte-monnaie a un peu tiré la tronche, le 7DMkII m'a été d'une grande aide. J'ai réellement vu mon amélioration tant au moment de la prise de vue que dans le résultat. Fière que j'étais !

J'ai commencé à diversifier mon style. Des chats et chien, je suis passée aux oiseaux, aux paysages, aux insectes. Il a donc fallu que je m'adapte à de nouveaux réglages que je n'utilisais pas forcément avant. Preuve donc que le livre, c'est bien joli mais si tu ne mets pas en pratique, si tu n'insistes pas, ça ne mènera à rien.

Alors oui, j'ai évolué. Oui, je fais de plus jolies photos. Oui j'en fais au-delà de mes chats. Oui mes photos sont appréciées sur Instagram et Flickr. Mais après ? C'est bien beau de faire et proposer de jolies photos mais est-ce que ça fait de moi une photographe ? La réponse est clairement NON. Je ne le suis pas. Je ne me sens pas comme telle. Je fais de la photo car j'aime ça. Je ne parle pas de passion, peut-être parce que je me freine par manque cruel de confiance en moi.

Et puis je ne me sens pas du tout légitime dans ce domaine parce qu'en plus de ça, je n'ai pas les diplômes. J'en ai tellement entendu parler enfant, sur le fait qu'ils étaient importants/utiles que du coup, ça ne me sort pas de la tête "Je n'ai pas de diplôme en photographie, je ne peux donc pas me sentir photographe". Je sais, c'est totalement con. L’autodidaxie existe. D'ailleurs, je l'avais en infographie mais lors de mes quelques entretiens dans ce domaine, on exigeait une école et/ou un diplôme. Voilà entre autre pourquoi je ne me sens pas légitime dans la photo sans ces bagages. Et encore...

Et puis, histoire d'enfoncer un peu plus le couteau, une rencontre en automne dernier, m'a refroidi dans cet univers photographique. L'homme s'est révélé. Le photographe encore plus. Au-delà de la grosse déception amicale, il y a surtout eu ce côté hautain du photographe qui m'a pas mal blessée. Moi qui ne me sentais déjà pas à l'aise dans la photographie, je peux vous dire que là, le doute n'était plus permis ! Cette expérience m'aura laissée durant quelques mois des séquelles sur ma place dans la photo. Pendant des mois, je me voyais comme une incapable, que mes photos étaient d'une banalité sans valeur, sans technique, sans bon goût (oui, je vais toujours très loin dans mon auto-critique). C'est pour ça que je n'ai sorti mon boîtier que trois fois depuis le début de l'année. Il traînait dans l'armoire, ça m'embêtait. J'en avais perdu l'envie mais surtout, un sens. Je me suis dit que ça ne menait à rien, que l'iPhone suffisait, que je tournais en rond. J'ai même envisagé de tout vendre...

Et puis, de bonnes paroles me sont parvenues (coucou Séverine et Frangin). Elles m'ont fait beaucoup de bien, elles m'ont remotivée. Je n'ai certes pas le langage technique, je bafouille encore dans mes réglages, j'ai tendance à rester sur mes acquis, à faire le même style de photos sans chercher à évoluer tout comme je sais que je n'en ferai jamais une passion rémunérée car je me sens incapable. Mais quoiqu'il en soit, je le fais toujours avec le coeur et c'est ce qui m'importe le plus.