Je suis tordue


Voici le surnom que me donne Fred depuis que l'on m'a donné une explication à l'un de mes soucis de santé que je traîne depuis le début de l'année.

Je peux donc enfin vous en parler plus en détail.

Un matin de février, une douleur apparaît. Des coups de jus à répétition. Je suis assez inquiète, Fred également. Mon médecin m'a de suite envoyée passer un examen (histoire d'accentuer encore plus mon stress), qui se conclura par quelque chose de non inquiétant mais à surveiller. Et voilà que deux jours après, un second problème apparaît. Je ne sais pas si ça a un lien mais là encore ni mon médecin ni moi laissons traîner la chose.

Ce jour-là, je consultais pour de fortes douleurs à la gorge. Pour vous donner une idée : posez votre main dessus et parlez, déglutissez. C'est très gênant, ça ferait presque mal. Mais je ne me voyais pas aller aux urgences, étant loin de l'agonie.

Mon médecin m'a donc fait passer une échographie de la thyroïde. Personnellement, j'y croyais moyen puisque mes différentes prises de sang faites depuis le début de l'année, ne décelaient rien. Et bien entendu, la douleur avait disparu entre temps et l'on ne me trouva rien.

Je dis que la douleur a disparu mais je sentais toujours quelque chose dans ma gorge. Assez légère. On m'a parlé d'angoisse mais je n'y croyais absolument pas. Alors j'ai laissé tomber tant que cette gêne restait discrète.

Et voila qu'à Pâques, les douleurs réapparaissent. J'ai refusé les urgences. Bien que je douillais. La douleur était différente. Elle s'était propagée, comparé à la première fois. S'ajoutaient à la gorge : le cou, la mâchoire inférieure mais surtout, les cervicales. Je ne voulais pas gâcher mon week-end car j'avais de la visite. Je me suis reposée les deux jours suivants et ça allait un peu mieux, toujours cette gêne avec laquelle j'arrivais à vivre.

Je suis quand même allée voir mon médecin qui m'a envoyée chez un ORL (très séduisant soit dit en passant). J'avoue avoir mis beaucoup d'espoir dans ce rendez-vous car moi qui ne suis jamais malade (hormis renouveler la pilule et faire une prise de sang par an, là, on peut dire que 2017 me gâte et que ma mutuelle sert enfin à quelque chose !). J'ai eu droit à une jolie caméra dans la gorge. Désagréable mais pas douloureux, avec pour verdict : rien.

Il est gentil le Docteur Mamour. Il n'y est pour rien mais j'aurais adoré qu'il me trouve un truc. Au final, j'ai eu droit à "C'est peut-être le stress dû à votre premier souci de santé. Vous faites des crises d'angoisses". Sauf que je sais très bien ce que c'est, même si je n'en ai jamais faite. Une crise d'angoisse ne se vit pas 24/24 7/7 et ce, durant des mois, sans répit. Aucune douleur dans la poitrine, aucun problème pour respirer. Oui, j'ai une sensation de boule dans la gorge mais certainement pas due à de l'angoisse. Mais vas-y pour expliquer en détail une sensation que tu ne peux pas montrer précisément du doigt et évaluer une gêne/douleur qui peut être interprétée différemment d'une personne à une autre.

Bref, je suis ressortie dépitée. Ça m'a cassé le moral. Une nouvelle piste se referme mais je n'étais pas plus avancée.

J'ai donc décidé de faire une pause. La première depuis début février. Je voulais reprendre le cours normal de mes journées sans passage chez le médecin, sans rendez-vous à prendre, sans stress de l'attente, de l'inconnu, de 50 diagnostics que l'on s'invente. Parce que j'ai beau ne pas du tout être branchée "Doctissimo", il m'a quand même traversé l'esprit que je puisse avoir une maladie grave. Genre un crabe. On ne peut pas m'en vouloir. Au bout d'un moment, tu finis par te faire des idées. Même fausses.

J'ai passé une bonne partie du mois de mai sans examens à faire. La gêne était toujours là. De nuit comme de jour. Bien que je me suis habituée à vivre avec, il n'est pas facile de se changer les idées lorsqu'on a quelque chose sans nom ni cause qui vit en nous continuellement... J'ai cherché ce qui pourrait provoquer cette gêne mais je n'ai rien trouvé. Je n'ai pas changé mon alimentation, rien qui puisse penser à la maladie de lime, mon dentiste ne m'a rien trouvé etc...

Mais début juin, voilà que la douleur revient. Moins forte que celle ressentie à Pâques. Je pensais que mon médecin me renverrait faire une échographie. Me voilà avec un rendez-vous pour un scanner cervical.

Là encore, pour la novice dans ce domaine que je suis, le mot scanner fait un peu peur. Ça te détecte des trucs qui sont censés ne pas être jolis jolis...

Un désistement me fera gagner trois semaines d'attente. J'en aurais presque pleuré au téléphone. Un mélange de peur et de soulagement. Impatiente de savoir enfin ce que j'ai, avec une certaine trouille de ce qu'on va m'annoncer (un gamin de 4 ans est plus courageux).

Fred est un homme incroyable. Depuis le début de l'année, il est présent, attentif. Il a fait passer mes rendez-vous avant son boulot. Quand tu es intérimaire dans une boîte où il y a pas beaucoup de commandes, t'es censé faire bonne figure. Bah pas lui... Il refusait que je prenne le train. Il a insisté pour être présent au cas où, histoire de ne pas me retrouver tout seule, à affronter un éventuel verdict négatif.

Le scanner ne m'a pas fait peur. Je n'ai pas eu à me déshabiller ni recevoir d'injection. Et pour la petite claustrophobe que je suis, les 2 minutes furent très rapides.

On ne peut pas en dire autant de l'attente du résultat. J'ai patienté trois quarts d'heure dans une cabine sans fenêtre de 2m²  où la lampe s'éteignait toutes les dix minutes, faute de mouvement. J'en venais plus à stresser de cet endroit étroit que du médecin qui devait être entrain de lire des choses moches sur mes radios.

Puis, elle arriva enfin. Très bizarre comme moment. Je suis assise sur ma chaise, elle referme la porte derrière elle. Elle n'a rien pour s'asseoir. Il n'y aurait pas eu de place pour une seconde chaise de toute façon.

Elle m'annonce qu'elle a trouvé quelque chose. J'ai une distorsion cervicale. Ma gorge est en forme de "S" plutôt qu'en une seule courbe. Du coup, ça explique ma difficulté à déglutir (aucune pour boire/manger et je n'ai jamais eu d'irritation). J'ai des disques qui sont affaissés et ont tendance à toucher la moelle épinière. Ouais, rien que ça. J'ai juste retenu qu'il n'y avait pas de crabe, ni de mort prochaine ni d'opération. Des séances de kiné devraient suffire pour remettre tout ça bien en place.

Je suis repartie avec le sourire. Fred, qui m'attendait à l'entrée de l'hôpital, m'a vu arriver les yeux rougis. J'ai lu sur son visage son inquiétude. Il n'en menait pas large. Ça n'a duré que deux secondes à peine, juste le temps de lui dire "C'est rien, je relâche la pression" (accumulée depuis des mois quand même).

Parce que oui, ce n'est rien. Enfin si mais ce n'est pas du tout méchant. Mais quand tu ne sais pas, ni même les médecins, que les différents examens ne décèlent rien, qu'on accuse le stress, que tu te remets en question et tout ça durant des mois, forcément, tes nerfs finissent par craquer.

Bref, tout ça pour ça. Mais je n'en suis pas moins soulagée. Bizarrement, j'accepte mieux la douleur/gêne depuis l'annonce du verdict. Je sais ce que j'ai. Je le vis mieux.

Et un souci de réglé. Un ! Celui-ci m'a donné du fil à retordre mais me voilà enfin partie pour profiter de 2017 plus sereinement.

Je n'aime pas la vie


Dit ainsi, j'exagère un max. Mais je ne suis pas loin de ce ressenti.

En fait, j'ai pris conscience dernièrement qu'on m'a appris à ne pas aimer la vie. Certes, il ne tient qu'à moi de changer tout ça. Mais ça se saurait si c'était si simple...

Depuis petite, on m'a appris à ne pas aimer ce qui peut faire sourire. Ma mère a très vite décrété que les anniversaires et fêtes de fin d'année, elle ne les fêterait pas. Du coup, je ne sais pas ce que c'est que de s'émerveiller, enfant, devant un cadeau. Je ne garde aucun souvenir de paquets au pied du sapin. Et pire encore, d'un cadeau surprise. On m'offrait ce que je réclamais dans le budget souhaité. Donc déballer un paquet dont on connaît le contenu, où est l'utilité ? Alors pas de paquet, pas de surprise, pas de sourire... Tout comme les pique-nique, resto, barbecue. Toutes ces petites choses qui remuent le quotidien, qui te font passer de bons moments, en famille, je n'en garde pratiquement pas de souvenirs tellement ils se comptent sur les doigts d'une seule main. Et encore...

On m'a appris à ne pas m'aimer. Quoique je pouvais être, ce n'était jamais bien. J'étais grosse, la honte. J'étais mince, la pute. Je ne me maquillais pas alors que je sortais, j'avais droit à la réflexion. On validait mes achats vestimentaires mais aussitôt que je les portais, j'étais critiquée (sac à patate ou... pute). Les compliments étaient rares pour ne pas dire inexistants. Mais on savait très bien me critiquer.

On m'a appris à ne pas avoir l'esprit de famille. Je ne sais pas ce que c'est. Une famille unie, aimante, sincère. Je n'y ai vu que le contraire. Les repas, mariages, gosses, je n'en ai vu que de mauvais exemples. Et même si je ne cherche pas à faire mes propres expériences, c'est juste parce que je n'en ai pas l'envie. Fred me satisfaisant amplement !

On m'a appris à ne pas aimer les enfants. Ma mère ne l'a jamais caché : elle ne voulait pas de gosse. Et encore moins être grand-mère. Mais bon, il a fallu que son fils vienne au monde pour qu'elle revoit ses positions. Qu'avec lui, bien entendu... Je n'ai pas connu l'amour d'une mère, la complicité, les mots et gestes tendres. Je mettais beaucoup ça sur le coup de la pudeur mais en fait, non. Elle n'avait pas envie de tout ça avec sa fille... Pour ma part, ça m'a rendue pudique. Je fais froide, une handicapée des sentiments. Heureusement, je ne le suis pas avec tout le monde et surtout pas avec l'amoureux.

On m'a appris à être nulle. A l'école, je n'ai jamais été soutenue, motivée. Je n'étais jamais félicitée pour mes bonnes notes. Par contre, pour critiquer, on ne me loupait pas ! On n'a jamais écouté mes envies (choix de filière, mon besoin de redoublement). Je ne pouvais qu'être démotivée et être de plus en plus en peine au fil des années...

On ne m'a jamais rien appris du quotidien. Cuisiner, coudre, faire une lessive. J'ai appris toute seule lorsque j'ai quitté la maison. Je me souviens qu'avant ça, je voulais aider. Comme faire un flan qui n'aura pas pris car je n'ai pas fait bouillir le lait. Tout comme cuire des pâtes, ne sachant pas qu'en les laissant dans l'eau, elles allaient ramollir. Tout comme faire les lessives. On m'a répondue "Non, je préfère m'en occuper, tu ne sauras pas". Plutôt que de m'expliquer de tout ça... Ou comment penser que j'étais plus con que les autres. Heureusement, non. J'ai réussi à me débrouiller. Je n'ai jamais mis le feu à un repas, ni troué une chemise lors du repassage, ni fait déborder une machine à laver. J'ai appris ce que l'on aurait dû m'apprendre durant mon adolescence.

Bref, j'ai vécu et grandi dans le négatif. Pas facile de tout revoir au bout d'une vingtaine d'années. Il ne suffit pas de déchirer la page et tout réécrire. Oui, ça se fait mais pas aussi facilement, rapidement.

Demandez à un alcoolique d'arrêter de boire du jour au lendemain. A un fumeur, la cigarette. A un toxico, etc... Peu importe l'addiction, le travail est long. Je suis addict au négatif et je ne peux pas m'en débarrasser en un claquement de doigts.

Ce négatif que l'on m'a inculqué...

Je dis on. Mais ce on, c'est ma mère...

Tendance


Je ne suis pas la tendance. Que ce soit en mode, maquillage, coiffure, déco, je n'ai jamais surfé là-dessus. C'est tellement éphémère que je n'en vois pas l'intérêt.

Je ne me suis pas lancée dans le végétarisme parce que la prise de conscience se fait de plus en plus depuis quelques années. Non, je m'y suis lancée par choix. Pour preuve, depuis l'an dernier, on ne parle que de gluten et c'est une manière de consommer qui ne me concerne pas. Je n'ai pas besoin de ce genre d'alimentation et donc, je ne vais pas m'y lancer pour autant...

Il en est de même pour la mode. Cette année, c'est le top Bardot (haut à épaules dénudées). L'an dernier, c'était le jaune et ou la marinière, je ne sais plus. De toute façon, il y a toujours 50 000 tendances par an. Sans parler des cheveux couleur licorne, des sandales type "ballerine", du dernier roman qui cartonne, du film en tête du box office et j'en passe. Un peu comme le hand spiner : on voit ça partout et d'ici quelques semaines, aux oubliettes !

Je suis une très mauvaise acheteuse/consommatrice. Ce n'est pas vers moi qu'il faut se tourner pour me faire tester un produit. Je ne suis pas ce genre de personnes qui va se ruer sur internet ou en magasin pour acheter le dernier vêtement tendance, le dernier maquillage, me faire la coiffure du moment et j'en passe. Car je sais que justement, peu importe la tendance, ça va passer...

Tu veux connaître la seule tendance que j'ai suivi ? La fameuse plante verte Pilea qui fait fureur sur Instagram. Oui, rien que ça...

Depuis peu, le minimalisme est devenu tendance. Là, tu vois, je n'ai pas attendu qu'on en parle pour que je le sois : minimaliste.

Je n'ai jamais été bibelots et stockage. Exposer 50 000 trucs sur une étagère n'est vraiment pas mon truc. Je n'aime pas le côté chargé et puis, ça ne facilite pas le ménage. Tout comme je ne suis pas du style à garder, juste au cas où...

Moins il y en a et mieux je me porte. Stocker des objets ou vêtements dans un coin, ça prend beaucoup de place, ça perd de la valeur et il y a de fortes chances que ça finisse dans l'oubli ou jeté.

Je ne suis pas une femme à gadgets. Les gants de vaisselle rose à ourlet fleuri, les outils de jardinage rose, la lampe ananas, le bibelot flamand rose, les 50 000 coussins sur le lit, le tissage mural, le macramé et j'en passe... Oui, pourquoi pas... Je ne dis pas que c'est moche ou que je n'aime pas mais ce n'est définitivement pas pour moi. Car une fois de plus, c'est éphémère...

Je décore utile, j'achète utile. Je suis complètement à côté de la plaque niveau tendance mais franchement, tant que je me sens bien dans ma chambre, dans mes vêtements et que c'est bon dans mon assiette, j'ai envie de dire que c'est le principal.

Comme une enfant


- J'aime les anciens Disney
- J'ai mon petit St Nicolas tous les 06 décembre
- Tout comme mon calendrier de l'avent Kinder
- J'écris avec des feutres
- Je gagate devant les animaux
- Je trempe toujours mon doigt dans la pâte à crêpes
- Je m'essuie la joue lorsqu'un bisou est baveux
- Je pique des fraises en cachette
- Je rigole avant même de raconter une histoire
- Ma peluche n'est jamais très loin