Friquée


Il y a quelques mois, j'ai eu droit à une réflexion que je n'ai vraiment pas apprécié. Autant j'accepte la critique lorsqu'elle est justifiée et constructive autant j'ai du mal à me prendre des réflexions infondées, pire si l'on ne peut pas en discuter.

Il y a quelques mois donc, en recevant un colis, on m'a dit "Tu n'as pas de sous et tu achètes tout le temps".

"Tout le temps" étant exagéré. Si j'achète une chose par mois, c'est déjà bien. Et encore, ce sont des livres. Tous d'occasion. Je ne ruine donc personne.

Oui, je ne le cache pas. J'ai reçu pas mal de colis l'an dernier, surtout vers la fin. C'est malheureux mais même si je ne dois aucune explication à cette personne, je me sens obligée depuis ce jour, de justifier ce que je reçois ou vais recevoir.

Oui, je ne travaille pas. Et je ne touche aucune aide de l'Etat. Est-ce que je dilapide Fred pour autant ? Absolument pas. Si j'ai besoin d'un petit truc, il ne refusera pas. Il aime faire plaisir et il me sait raisonnable. Jamais je ne réclamerai quelque chose d'inutile et encore moins d'onéreuse. Et jamais il ne m'achètera un truc à contre-coeur. C'est lui qui se lève chaque jour pour mériter son salaire après tout. D'ailleurs, c'est presque lui qui veut que je m'achète un ou deux livres par mois car il sait que j'adore ça. Pour ceux qui pensent que je profite de son argent, ils repasseront ^^

Mais alors, où est-ce que je trouve l'argent ? C'est simple : je revends tout ce que je peux. Aussitôt terminé, je mets le livre en vente. Si j'ai des vêtements qui ne me vont plus ou que je n'aime plus, je les mets en vente. Notre période Wii révolue, je revends les jeux. Je n'aime pas collectionner. Je n'aime pas mettre de côté au cas où. Je vends lorsqu'il y a encore de la valeur et dont je n'en vois plus l'intérêt. Cet argent récolté me permet ainsi de racheter des choses qui me sont utiles ou me font plaisir (des livres quoi).

L'an dernier, j'ai réussi à revendre un sac photo, un objectif, beaucoup de livres, une ceinture de marque jamais portée, une cafetière et j'en passe. Pourquoi garder tout ça alors que je ne m'en sers pas ? Comme si, en plus, j'avais la place pour stocker...

Du coup, cette réflexion, je ne l'ai pas oublié. Lorsque je reçois un colis, il n'est d'ailleurs pas forcément pour moi. Il peut être pour Fred comme pour nous deux (ou les chats). Parfois, ce sont des colis de copinautes. Ça peut aussi être un livre que je m'offre avec les points gagnés sur PriceMinister, en plus des ventes.

Je me débarrasse juste des choses dont je n'ai plus besoin. Ainsi, je me fais plaisir en retour. Forcément, ça commence à coincer car je finis par ne plus avoir de grandes choses à vendre mais j'ai envie de dire "Qu'est-ce que ça peut bien faire ?".

PS : Article en rapport avec le thème du jour du journal à compléter "Cinq ans de réflexions" : "L'achat le moins avouable sur votre relevé bancaire ?". Je ne réponds pas vraiment à la question car je n'ai aucun achat honteux mais plutôt un investissement qui s'avère en fin de compte, inutile. Je dirais mon PC portable. La connexion est tellement faible, qu'il passe plus de temps dans sa sacoche que sur mes genoux. Et depuis que Chips est entré dans nos vies, impossible de m'en servir.

Sourire à la vie


Je suis une éponge à émotions. Je ne sais pas me mettre une carapace. Je vis ce que les gens ressentent. Je me mets à leur place. J'assiste à un mariage ? J'ai les larmes pour ces personnes heureuses et follement amoureuses... Une personne s'inquiète pour un proche ? Je vais être triste pour elle. Un attentat ? Ça va m'affecter, je vais m'imaginer là aussi à leur place. Et je ne vous parle pas lorsque ça concerne les animaux. Un animal mort sur le bord de la route et je suis triste avec cette image qui me suivra quelques minutes. Et d'imaginer Iago ou Chips à la place, histoire de bien en rajouter une couche. Ou bien m'imaginer présente avec Fred, dans un attentat, un accident... Ah oui, je suis forte pour me créer des scénarios qui chambouleraient ma vie.

J'ai beaucoup d'empathie pour les gens. Que je côtoie ou non. Bien entendu, je ne vais pas m'effondrer à la moindre mauvaise nouvelle si ça ne me concerne pas directement. Je serai peinée mais je ne me mets pas non plus dans des états pas possibles hein.

Depuis quelques mois, plus d'un an à vrai dire, nous vivons dans les attentats. À Paris, en France, en Europe, en Syrie. Cette actualité est devenue le quotidien des infos. Elle se banalise... Chaque matin, je regarde mon téléphone. Si l'application de l'Est Républicain ne m'a pas envoyé de notifications, c'est que rien de grave ne s'est passé. Et je commence ma journée jusqu'au 12:45 de M6.

Avant, je feuilletais l'application Google Actualités. 80% étaient des mauvaises nouvelles. La guerre, des attentats, des meurtres, la santé, l'économie, des accidents etc... Parfait pour bien te démoraliser dès le matin.

Je pourrais supprimer ces applications mais je ne le souhaite pas. Il faut que je sois un minimum à jour dans ce qu'il se passe dans le monde. Je ne peux pas non plus faire semblant, comme si tout allait bien.

Depuis des mois, on lit du noir, des larmes, de la peur, du passé, du présent. J'ai bien peur que le futur prenne le même chemin. Il ne faut pas pour autant s'habituer à ces mauvaises nouvelles. Ni les banaliser. Oui, l'actualité est pauvre de sourires mais ce n'est pas pour autant qu'il faut les supprimer de nos vies.

Perdre quelqu'un


J'ai appris la mort de mon chien d'une manière que je ne digérerai sans doute jamais. Parce comme une conne bien naïve, j'ai cru que ma mère m'en informerait. Je l'ai mal vécu, j'en ai beaucoup pleuré. Ce qui a encore bien accentué le désamour que j'ai pour elle. Je ne parle pas de haine. Je ne me rabaisserai jamais à son niveau.

Bref, j'ai perdu mon chien. Même si pour moi, je l'avais déjà perdu, en même temps que mon père, le jour où ma mère a décidé de me virer de leur vie.

Je pensais m'être préparée à l'annonce de la mort de mon Bout'Bout'. Erreur. Ce fut brutal, inattendu. Plusieurs mois se sont écoulés depuis l'annonce. A ce jour, j'évite les photos de lui. Je me suis désabonnée des comptes susceptibles de publier des photos de bouviers bernois. J'ai les larmes aux yeux lorsque j'en croise un et je ne peux m'empêcher de demander à le caresser. En fait, peu importe la race, j'ai le coeur qui se tort. On a volé mon chien. Je l'ai abandonné. Il est mort sans moi, je ne sais dans quelle condition, sans que je lui dise au revoir...

Ca a déclenché chez moi un sentiment qui me poursuit depuis : la peur de perdre quelqu'un. Bien sûr, j'en ai toujours eu conscience. Je sais depuis bien longtemps que personne est éternelle. Mais ce sentiment a grandi en moi. Je n'en fais pas une obsession, fort heureusement. Mais cet électrochoc m'a réveillée. J'ai beau vivre le plus possible au jour le jour, ça ne suffit pas. J'ai conscience de ne pas assez profiter de ceux que j'aime. Bon, ça va vite à les compter : Fred et mes deux chats. J'ai beau les voir tous les jours, j'ai maintenant l'impression que s'ils partaient demain, je n'aurai rien d'eux. Ca rejoint un peu cet article - ici - où c'est devenu très important pour moi de mettre sur papier (photo comme texte) des souvenirs que je veux intacts.

Il y a souvent cette petite phrase dans ma tête qui me dit : "Putain, s'il part demain, que va-t-il me rester de lui ?". L'amour est merveilleux. La perte est cruelle. Et même si elle aura toujours le dernier mot, ce n'est pas elle qui écrit l'histoire.

PS : Tu aurais eu 10 ans aujourd'hui mon Bout' Bout'... Je ne t'oublie pas ♥

Que fais-tu dans la vie ?


Comme annoncé dans un précédent article, je me suis procurée le journal à compléter "Cinq ans de réflexions". Je l'ai entamé le 1er janvier et je le finirai l'année de mes 40 ans. Là, de suite, ça pique. Beaucoup. Et comme je vous en ai parlé, il y aura de temps en temps, des articles sur la question du jour. Et aujourd'hui, je dois répondre à celle-ci : "La question que vous adorez poser ?".

Hormis le célèbre "Comment vas-tu ?", je pense que la question que je pose est celle qui titre cet article "Que fais-tu dans la vie ?".

Je suis curieuse de nature. Pas une curiosité malsaine, déplacée. J'ai soif de découvertes, d'apprendre. J'aime regarder et écouter les gens. Je préfère être spectatrice qu'actrice. J'aime faire des rencontres lorsque les rares occasions se présentent. Autant je me fiche de ce que les gens font de leur cul, de leur argent, autant je prends plaisir à les écouter, parler avec fierté, passion de ce qu'ils aiment (ou pas), de ce qu'ils font, ce qu'ils sont.

Quand je demande ce que la personne fait dans la vie, je ne parle pas que de sa situation professionnelle. C'est tellement plus large que ça. Oui, bien sûr, il y a le travail (ou les études) mais on ne doit pas réduire une personne à ça. Une personne est tellement riche de savoirs, de passions, d'envies. Me concernant, beaucoup me réduise à la feignasse qui n'en touche pas une. Parce que je ne travaille pas. C'est triste et ces personnes-là ne sont pas une perte dans ma vie. Je ne dis pas être intéressante. Ce n'est pas à moi de juger mais je ne suis pas qu'une personne qui ne travaille pas. Je ne suis pas que ça. Je suis plein d'autres choses. Négatives comme positives.

"Vivre, c'est se nourrir du monde" ©Jean-François Somcynsky