Où est la normalité ?


Dernièrement, un médecin m'a demandé si j'avais le permis. A ce jour, je ne sais toujours pas pourquoi il m'a posée cette question qui n'avait absolument rien à voir avec sa spécialité. Peut-être était-ce une manière d'entamer la conversation puisque c'est la première fois que je me rendais à son cabinet. A ma réponse négative, il a répliqué : "Ce n'est pas normal". Là encore, je ne sais pas comment je dois prendre cette remarque.

Ce n'est pas la première fois que l'on me réponde ça ceci dit. Il y a qu'à voir les très nombreuses réactions sur le fait que je ne veux pas d'enfant. Tout comme le fait que je ne travaille pas, ne cherche pas à voir mon père, ne veuille pas me marier etc...

Je ne suis peut-être pas normale pour beaucoup de choses aux yeux de beaucoup de monde mais qu'est-ce que la normalité ?

- Des gens passent le permis pour ensuite se tuer ou tuer des innocents à cause de l'alcool, la vitesse, les stupéfiants.
- Des gens font des gosses pour ne pas les assumer ensuite, ne les éduquent pas. Ces mêmes enfants qui vivent dans les insultes plutôt que dans le respect. Toujours ces mêmes gosses à qui ont donnent une console plutôt que de chercher à passer du temps avec eux.
- Des gens qui se marient pour ensuite cocufier l'autre ou demander le divorce trois ans plus tard.

Vous voyez, pour moi, ces gens ne sont pas normaux. Mais j'estime l'être bien plus qu'eux.

Née dans les années 80


- C'est naître dans la décennie la plus musicale de tous les temps. Car même si tu es né(e) dans les années 90 voire même 2000, tu es obligé(e) de connaître des chansons des années 80 (en même temps, la France excelle dans les reprises, albums d'hommage).
- C'est passer des heures (surtout le mercredi après-midi) devant le Club Dorothée, avec de vrais dessins animés.
- C'est regarder des films indémodables avec de Funès, les Charlots, les Bronzés, avec des répliques qui nous suivent même 30 ans après !
- C'est connaître le téléphone à cadran, que tu mettais 20 secondes à composer (et encore, y avait 2 chiffres en moins à l'époque).
- C'est manger des malabars trois fois trop gros pour notre bouche. Ou bien encore, le chewing-gum d'un mètre ou en tube.
- C'est jouer à l'élastique et aux puces dans la cour de récré
- C'est faire des scoubidous
- C'est lire Picsou, Martine et Pif et Hercule
- C'est manger des BN ou des crok'images trempés dans le chocolat chaud. Ou bien des smarties rangés dans des longs tubes cartonnées. Ou encore porter une sucette en guise de bague/pendentif ou s'en servir comme sifflet
- C'est passer le dimanche soir devant "Vidéo Gag"
- C'est jouer à Spirograph, à la dictée magique, à "Dessinons la mode", au cochon qui rit, à l'oie, aux petits chevaux, à Qui est-ce, au Dix de chute, aux 7 familles et j'en passe.
- C'est se mettre devant FR3 chaque soir pour regarder Denver
- C'est collectionner les cartes de la famille "Crados" ou encore, les lucioles cachées dans les paquets de lessive Bonux
- C'est écouter des 45 tours et des cassettes
- C'est coller sur son pare-brise la vignette de couleur
- C'est porter le t-shirt trop classe du moment Waikiki
- C'est manger des cigarettes en chocolat trop pas bonnes
- C'est porté le K-way lors des sorties scolaires
- C'est passer des heures à manger des bâtons de réglisse
- C'est manger la colle en petit pot
- C'est collectionné des pin's
- C'est porter des Doc Marteens
- C'est découvrir tous les garçons porter la queue de rat et bien plus tard, se teindre en gris platine
- C'est faire des photos avec un appareil jetable
- C'est voir un film à 20h30 et la mire une bonne partie de la nuit
 - C'est réparer une cassette audio avec le petit doigt ou un crayon
- C'est râler à chaque rembobinage de cassette VHS
- C'est connaître les téléviseurs sans télécommande mais avec des boutons qui, parfois, sautaient
- C'est jouer au jeu intégré à la Sega System
- C'est avoir son ardoise, sa petite éponge et ses craies
- C'est avoir son répertoire téléphonique enfermé dans une boite et devoir connaître par coeur les numéros de téléphones importants
- C'est tomber dans la folie boys band
- C'est prendre conscience bien des années plus tard que le fluo porté en tenue de sport, legging, bandeau, c'était vraiment la honte
- C'est jouer à Polly pocket
- C'est avoir son premier animal virtuel : Tamagotchi
- C'est porter la salopette rouge
- C'est nous amuser en lançant des mains collantes sur les vitres (ou des visages)
- C'est porter des sacs banane ou son porte-monnaie au poignet
- C'est posséder son petit Poney
- C'est jouer à la poupée qui a les cheveux qui poussent lorsque tu actionnes son bras
- C'est s'endormir avec Luxi ou bien avec Kiki
- C'est ne jamais avoir réussi à utiliser le télécran
- C'est avoir une carte téléphonique toujours sur soi
- C'est avoir 35 ans demain...

Ce n'est pas dans l'ordre chronologique (faut pas déconner) et bien entendu, tout ceci n'a pas eu lieu durant l'année 82. C'est un petit florilège de ce que j'ai connu durant l'enfance et l'adolescence. Je me suis arrêtée là car j'y serais encore sinon (il y en a encore tellement à dire !).

Suis-je la seule à être quelque peu nostalgique de cette époque ?

PS : Je rêve d'avoir de nouveau un Popple. Celui des années 80 ♥

Blog VS Instagram


Avant de me décider à revenir sur la blogosphère, j'ai beaucoup pesé les pour et les contre. Et Instagram en fait partie. Il est vrai que depuis que cette application existe, beaucoup de blogueuses ont déserté leur blog en faveur d'Instagram. Constat que je me suis fait en revenant sur Hellocoton. Pas mal de filles ont abandonné leur blog mais sont très actives sur Instagram. Il faut dire que ce dernier est fort pratique. Tu postes une photo, t'y mets quelques mots. Tu reçois des likes, des commentaires. Rapide et efficace. Tout aussi bien, voire mieux, qu'un blog. Je me suis donc demandée, moi qui suis active sur Instagram, si ça valait le coup que je revienne avec mon blog.

Peu de temps après mon départ d'ici, j'ai créé un compte Instagram privé. J'avais besoin d'extérioriser, de parler, de me savoir lue, parfois comprise/soutenue. Mais quelques semaines après, je reprenais mon blog, toujours en privé, car Instagram a beau être devenu un lieu de partage, je ne me suis jamais sentie à l'aise. Je n'arrive pas à associer le blog et l'application. Ce sont deux plateformes totalement différentes à mes yeux. En tout cas, c'est l'utilisation que j'en fais.

Cela fait une quinzaine d'années que j'entretiens un blog. Une sorte de journal pas si intime que ça. C'est mon petit coin à moi, une sorte de livre numérique. Des pages qu'on tourne, des chapitres à lire. Je considère vraiment le blog comme mon espace à moi, même si je le partage avec vous.

Quant à Instagram, il est à mes yeux ce qu'il était à sa création : la publication de mon quotidien en photo. De tout, de rien, du chat, du jardin, des bêtes, de moi. Mais je n'écris jamais un pavé. Je n'arrive pas à m'exprimer, à me confier comme je sais le faire sur le blog. Je trouve Instagram beaucoup moins personnel. Et ça ne s'est pas arrangé depuis qu'il a été racheté par Facebook et que les marques utilisent de plus en plus l'application. Instagram est trop influent, commercial à mes yeux. Tandis que le blog reste personnel, bien qu'il soit public. Il n'y a que moi qui décide de son utilisation, de son contenu.

J'ai donc pris le risque de rouvrir mon blog. J'ai conscience qu'il est moins visité qu'avant, que j'ai perdu des fidèles qui préfèrent rester sur Instagram. Mais j'ai besoin d'écrire. C'est sur un blog que je me sens le mieux. Ceci dit, je ne délaisse pas Instagram pour autant. D'un côté, mon quotidien par écrit et de l'autre, en photo. J'y trouve mon compte. Et dans les deux cas, j'espère que vous êtes au rendez-vous.

Ces donneurs de leçon


Je ne sais pas si c'est une nouvelle tendance mais ces derniers temps, je trouve que juger/critiquer tout et n'importe quoi avec une certaine violence, c'est devenu un sport national où de plus en plus de monde excelle. Certes, ça a toujours existé mais qu'est-ce que ça peut être gonflant de se faire attaquer. On ne peut même plus écrire, parler, exposer un choix, un avis sans se faire gueuler dessus. Où sont donc passés la libre pensée, le partage, la discussion réfléchie et intelligente ? Je cherche tout ça. Comme la politesse, ça se perd, beaucoup !

Prenons pour exemple une très célèbre blogueuse qui a posté une vidéo sur la consommation de lait de vache. A aucun moment dans sa vidéo, elle a jugé ou tenté de nous faire changer notre consommation. Elle a simplement exposé les faits, expliquer pourquoi elle avait arrêté sa consommation de lait de vache et par quoi elle l'a remplacé... La pauvre, en commentaire, elle s'est fait massacrer. Que ce soit par des vegan, de simples amoureux des animaux, des agriculteurs. Personnellement, c'est cet acharnement en commentaires qui m'interdit de vous publier un bilan sur la disparition de la viande dans mon assiette depuis 2 ans. Je n'ai pas les épaules pour supporter ce déferlement de violence.

Ceci dit, je remercie intérieurement cette blogueuse qui a su, dans une autre vidéo, me faire déculpabiliser de ne pas être parfaite dans ce que je mange et que ça ne fait pas pour autant de moi, une mauvaise personne.

En parlant de cette agricultrice de vache laitière qui s'est plainte dans les commentaires de ses conditions de travail, cela me fait penser à une anecdote vécu l'été dernier. Je me suis retrouvée nez à nez avec une vache sur un chemin de campagne, entrain de beugler. Elle a accéléré le pas pour venir à moi. Certes, des vaches, j'en vois souvent, je les caresse, je n'en ai pas peur mais c'est la première fois qu'une clôture ne nous sépare pas et en comportement de vache, je n'y connais rien. Je me doute bien qu'elle n'allait pas m'attaquer mais c'est tout de même un animal imposant. Bref, pas très rassurée, je l'ai contourné puis j'ai continué mon chemin lorsque j'étais sûre qu'elle ne me suivait plus. J'ai décidé de me rendre à la ferme en contre-bas pour prévenir les propriétaires. J'ai interpellé un tracteur qui sortait d'un champ et je lui ai fait savoir qu'une vache s'était enfuie. Il m'a dit qu'elle n'était pas à lui et que ça arrivait souvent (en gros, il ne comptait rien faire). Après s'être dit au revoir, il me dit "Vous avez qu'à la mettre dans votre congélateur". Qu'est-ce que je n'ai pas fait là en lui répondant que je ne mangeais plus de viande. L'homme a de suite effacé son sourire et son ton a changé. Il m'a lancé froidement : "C'est à cause de vous que l'agriculture va mal".

Je n'ai pas relevé. Je n'étais pas venue pour discuter. L'attaque était facile. J'ai conscience que le métier d'agriculteur, de nos jours, il faut un sacré courage pour tenir et continuer à aimer ce métier. J'admire vraiment ces gens. Mais si j'ai décidé d'arrêter ma consommation de viande, ce n'est absolument pas dans le but de les faire chier. Ma raison est toute autre : j'aime les animaux. Qu'il soit de ferme, sauvages, de compagnie. Peu importe pour quoi ils sont destinés, j'aime les animaux. Et je me suis demandée : mais pourquoi est-ce que je mange de la viande alors que je n'en réclame pas plus que ça ? Une habitude que j'ai depuis l'enfance : de la viande dans mon assiette au quotidien.

Bref...

Peu importe nos choix de nos jours, on est critiqué. Critiqué d'une manière que je trouve de plus en plus violente.

Je fais également référence à une autre blogueuse qui a pris un chaton qui est tombé malade quelques jours après. Elle s'en est pris plein la gueule. Petit florilège : T'as pas assez de deux chats ? T'as pris un chat non sevré, t'as pas honte ? T'as pas trouvé mieux pour te récupérer plus d'abonnés sur Instagram ? Et les associations et la SPA, ça pue ? Tu ne pouvais pas faire une bonne action en prenant un chat adulte ?

Comment peut-on être aussi méchant ? Quand je vous ai annoncé la venue de Chips, je ne mens pas : 100% des commentaires étaient positifs. En même temps, qui êtes-vous pour juger notre choix d'adoption d'un second chat, qui plus est chaton, ne venant pas d'une association/SPA ? Je n'arrive pas à comprendre comment l'on peut attaquer là où il n'y a pas lieu d'être. Cette blogueuse voulait un chaton pour faciliter la cohabitation (comme moi avec Iago). Elle ne l'a pas eu sevré car les propriétaires lui ont menti sur son âge (pour Chips, je savais mais si ce n'était pas moi qui le prenais, c'était la prochaine personne). Son chaton est tombé malade mais n'a aucun lien avec son manque de sevrage. Association ou pas, elle comme moi, nous avons quand même fait une bonne action. Et puis merde, qu'est-ce que ça peut leur faire à ces gens ? A partir du moment où l'adoption est réfléchie, elle est forcément assumée. Les gens ne peuvent-ils donc pas se contenter d'un "Bienvenue à ton chaton, plein de bonheur, en espérant que la cohabitation se passera bien et bon rétablissement à lui" ? Faut croire que ça leur déboîterait la mâchoire (ou fracturerait les doigts).

Toujours cette même blogueuse qui a reçu des critiques quant à une photo qu'elle poste de son chaton assis sur des livres. Cette Céline a vivement critiqué le placement de produit et que le chaton était utilisé comme jouet. Mon Dieu, appelez la SPA ! Signalez un acte de maltraitance, vite ! N'importe quoi, franchement...

Tout comme cette blogueuse qui se plaint de petites futilités : écran d'iPhone brisé, soleil absent lors d'un shooting photo, livraison d'électroménager très en retard. J'ai lu son article. Elle a clairement dit que c'était des petits contraintes qui font que ce soir-là, elle n'avait pas la pêche (en même temps, y a de quoi. Quand ça ne veut pas bah ça ne veut pas). A aucun moment, elle a demandé à ses lecteurs de la plaindre, lui venir en aide, etc... Elle s'est dit humaine avec des hauts et bas et ce jour-là, elle souhaitait simplement raconter sa journée sans (et ça arrive à tout le monde !). Malgré tout, elle s'est encore pris des fions. C'est vrai, de quoi elle se plaint ? Elle bosse pour de grandes marques puis y a des gens qui se battent contre un cancer... Là encore, on mélange tout. J'ai même parfois subi des réflexions. Parce que je ne travaille pas, je n'ai pas le droit d'être fatiguée. C'est la meilleure... Parce que j'ai mal à la hanche, je n'ai pas à me plaindre, je peux encore marcher. Ou bien je ne suis pas grosse, pense aux obèses etc...

Quoi que tu es, fais, ressens, ce ne sera jamais bien, tu seras toujours critiqué. Que c'est triste ! Alors oui, on tient un blog, peu importe sa ligne éditoriale, et on prend le risque de recevoir des commentaires négatifs. Là n'est pas le problème. Mais il y a une manière de les recevoir et un certain degré pour les accepter. Pourquoi juger à tout bout de champ ? Quoiqu'on dise ou fasse, ce ne sera jamais bien.

Tout comme cette modèle photo qui s'est lancée sur Youtube et qui reçoit des commentaires très négatifs parce qu'elle a le malheur d'être complexée par une partie de son corps et qu'elle a des partenariats avec des marques de cosmétiques. Jalousie ? Je pense que c'est une grande partie la cause. Parce que tu es jolie et pose pour des photographes, tu dois te trouver parfaite dans le miroir et dans ton corps, ta tête. Si seulement ça pouvait marcher ainsi... Mais non, personne n'est parfait et ce n'est pas parce que ton corps est ton outil de travail, que tu es très souvent complimentée dans la rue ou sous tes photos que tu ne dois pas avoir des complexes. Quant aux produits cosmeto, elle ne va pas refuser pour vous faire plaisir. Elle a même été critiquée parce qu'elle soignait sa chevelure avec une marque que l'on trouve dans nos hypermarchés. Et vas-y que je te fasse la morale sur les tests sur les animaux, la composition absolument pas saine, le prix de chaque produit qui fluctue une enseigne qui vaut des milliards etc... Elle approche de la trentaine, c'est donc une grande personne qui a bien conscience de tout ça. Et elle fait ce qu'elle veut. Certes, on peut lui conseiller. Sauf que, malheureusement, ces commentaires minoritaires sont surtout des leçons de moral, des jugements plus qu'autre chose. Et je trouve ça bien regrettable...

Pour en revenir à mon changement d'alimentation, je n'ose même pas en parler, bien que ce soit mon blog et que j'y écris ce que je veux, parce que j'en arrive à un stade où j'ai peur de me faire lyncher par une minorité (fort heureusement !) de personnes qui ne seront jamais contentes de ton acte. Oui j'ai arrêté la viande. Oui, j'en ai consommé de nouveau l'an dernier. Oui, je continue de boire du lait de vache. A me maquiller/laver avec des produits testés sur les animaux et je porte des vêtements fabriqués par des enfants. Et j'ai fait le choix d'adopter un second chat non sevré via un site d'annonces alors que je ne travaille pas et ne perçois aucune aide de l'Etat, en vivant chez les parents de mon homme qui bosse comme intérimaire avec des contrats à la semaine. Je ne suis donc pas parfaite mais j'essaye à ma petite échelle d'améliorer mon quotidien. Je pense sincèrement que je pourrais en faire plus dans mon assiette et les cosmétiques mais je ne m'en sens pas capable aujourd'hui. Je fais par étape, à mon rythme et ma foi, j'en tire une petite fierté à chaque fois.

Donc sachez, minorité de donneurs de leçons, que je vous emmerde du plus profond de mon coeur.