Vivre à travers quelqu'un


Lorsqu'une personne proche décède, on dit bien souvent qu'elle continuera de vivre. A travers une chanson, un trait physique, une passion.

J'ai la chance d'avoir hérité des yeux de mon père. Tant par leur forme que par leur couleur. Bon, une chance, oui et non, puisque j'ai forcément le même regard que d'autres de la famille.

Papa, peut importe là où il est aujourd'hui, vivra toujours à travers mes yeux. Lorsque je croise quelqu'un qui ne m'a pas vu depuis longtemps, j'aurai quasi systématiquement droit au fameux « Qu'est-ce que tu ressembles à ton père ! » 'et se gardera pour lui/elle "Putain, qu'est-ce que t'as grossi !"). Et j'en suis très fière. Encore plus depuis ce que j'ai vécu par la suite avec ma mère. Je suis très contente d'avoir hérité de pas mal de traits physiques de mon Papa.

Mais au-delà de mes yeux, il continuera de vivre à travers Fred. Oui, vous avez bien lu. Fred. Bien qu'il ne soit pas son fils, ni son frère, ni un quelconque membre de la famille, il vit à travers lui. Pour des petites futilités mais c'est énorme pour moi.

Premier exemple : Fred et Papa sont de grands mangeurs. Ma mère peinait à rassasier Papa et parfois, j'ai du mal à en faire de même avec Fred. Puis, ils ne sont vraiment pas difficiles. Ils mangent de tout mais privilégient la viande et le salé.

Second exemple : ils ne sont pas du tout télé et modernisme. Fred, tout comme Papa, se contente de regarder les infos. Il se couche tôt mais par contre, à 6h du mat', il est déjà debout. La seule soirée où je suis quasi certaine que Fred veillera, ce sera au Nouvel An. Et là encore, c'était la même chose avec Papa.

Troisième exemple : ils adorent la nature. Ils aiment la forêt, travailler le bois, le jardin. Ce dernier, Fred l'a hérité de Papa (ma mère s'obstinait à me le donner mais je ne voulais pas que ça me retombe dessus par la suite comme ce fut le cas avec beaucoup de choses). On le bichonne ce terrain, même s'il ne ressemble absolument pas à ce qu'il était durant des années, aux mains de Papa mais je sais qu'il serait fier. Surtout, je comprends pourquoi il aimait tant si rendre.

Quatrième exemple : ils aiment les chats. Bien que Fred a mal vécu la perte d'Hercule, son chien, j'étais contente d'apprendre que Fred adore les chats. Rare qu'un homme l'assume. Papa, lui, n'était pas très rassuré avec les chiens. Une mauvaise expérience ? Je ne le saurai jamais mais ça me fait toujours sourire de voir Fred passer du temps avec Chips ou Iago. Ca me rappelle Papa avec Minouche, pour ne citer qu'elle.

Cinquième exemple : très sportifs. Papa faisait énormément de vélo, de la marche et de la natation. Fred, quant à lui, a fait des championnats de vélo de descente, a un très bon vélo de route, allait souvent au ski. Malheureusement, ses problèmes de dos ont mis un terme à tout ça (et je peine difficilement à lui faire aimer la marche).

Sixième exemple : ils sont assez solitaires. Papa parlait très peu, était très introverti. Il ne montrait rien. La pudeur le rendait très souvent silencieux. Il se réfugiait dans le sport et le jardin. Fred est quelque peu ainsi. Heureusement pour moi, il est plus bavard. Mais il ne se passe pas un jour sans qu'il aille faire son tour de vélo. Il aime se retrouver seul tout en allant voir des connaissances qui tiennent un jardin ou se retrouvent en promenade aux mêmes heures.

Septième exemple : la musique et le cinéma. Bien qu'ils aient trente ans d'écart, ils ont les mêmes goûts : Les Charlots, De Funès. Côté musique, Fred est plus tourné vers des artistes de l'époque de mon père que de la sienne (bien qu'il ait eu sa période techno, rave party).

Huitième et dernier exemple : le surnom qu'ils me donnent. Lorsque je disais une connerie et faisait rire Papa, il disait « Sacrée Gueuniche ». C'est un patois lorrain que l'on traduit par « femme qui ne prend pas soin de son apparence ». Bizarrement, j'ai toujours connu ce mot dans le sens « Chipie ». Dans les deux cas, il est très peu utilisé ou alors, essentiellement par les anciens (mais comme je ne les fréquente pas, je ne peux pas vraiment juger). Bref, il arrivait donc à Papa, parfois, de m'appeler ainsi. Et, c'est là que ce huitième exemple me touche particulièrement, c'est que sans le savoir, Fred a fini par m'appeler ainsi. Ca me fait toujours un petit quelque chose lorsqu'il m'appelle « Hey Gueuniche ! », « elle est où la Gueuniche ? ». Pas pour rien que les larmes me montent aux yeux à l'instant où j'écris ces mots… Depuis que Fred connaît la signification de ce nom à mes yeux, je le soupçonne de le dire plus souvent qu'avant. Ca me ramène aux sourires de Papa…

Peut-être que certains exemples sont un peu tirés par les cheveux. Peut-être que je vois des similitudes là où il ne devrait pas en avoir. Quoiqu'il en soit, il y a des petits gestes, des petits mots, certains traits de caractère qui font qu'indirectement, Fred me fait rappeler Papa. Et je ne peux que l'aimer d'avantage...

[02] 30 choses sur moi


01. Je ne porte plus de montre depuis que j'ai un iPhone.
02. Je suis facilement influençable. Et naïve.
03. Je ne sais pas faire tenir un bonnet sur ma tête
04. J'aime les animaux bien plus que les humains
05. Je suis heureuse en amour mais pas avec moi-même
06. J'arrive à écrire qu'avec des stylos feutre
07. Je n'ai aucune créativité et ça me désole
08. Je m'attache trop vite
09. Je ne crois pas aux rêves
10. Je n'aime pas la saleté et le bordel
11. Je me bloque souvent la mâchoire en baillant
12. J'ai le rire d'Evelyne Thomas
13. J'ai toujours un coupe-ongles sur moi
14. J'ai une trentaine de vernis que je n'utilise quasi jamais
15. Je suis à cheval sur le respect
16. Je ne jure que par les souris sans fil
17. Si je n'ai pas posté une photo de chat sur Instagram de la journée, ça va pas
18. Faire le ménage, non. Avec de la musique, OUI !
19. Je ne supporte pas le parfum des agrumes
20. Je suis une fille de l'été (qui vit au pied des Vosges)
21. Je n'ai jamais vu les Gremlins
22. Je n'ai mis qu'une fois les pieds chez une esthéticienne
23. J'ai un gros ventre rond (un comble, moi qui ne veux pas materner)
24. J'ai eu 3 dents de sagesse sans le savoir
25. Les seuls gâteaux/chocolats que je mange, c'est à l'approche de la DLC
26. Je regarde les ventes privées alors que je n'ai pas un rond
27. Je ne sais pas faire de clin d'oeil
28. Je n'ai jamais consommé de drogues
29. Le praliné m'écoeure
30. Je n'aime pas les macarons

10m²


Vivre dans un 10m², ce n'est pas facile tous les jours. Mais j'ai un toit. C'est le principal.

J'ai toujours vécu dans de grands espaces. J'ai vécu mes 8 premières années dans une très grande maison de village où le propriétaire était devenu mon Tonton (j'avais mes deux grands-pères). Un homme très important pour mes parents qui le considéraient comme le père qu'ils n'avaient pas... Lorsqu'il est tombé gravement malade, il a conseillé à mes parents de partir car cette énorme maison serait trop grosse à gérer. Mes parents ont donc acheté une maison dans la ville d'à côté.  De 120m² avec le triple en terrain. Par contre, des petites chambres. Je n'ai jamais aimé ma chambre. Durant 20/25 ans, je ne me suis jamais sentie à l'aise dedans. Et c'est fort regrettable car c'est censé être un refuge. Lorsqu'on ne se sent pas bien, que l'on veut être tranquille, recevoir des copines etc...

Puis, je suis partie vivre chez mon premier amour, à Paris. Première fois que je me retrouvais dans un appartement, au rez-de-chaussée d'un grand immeuble. Sans terrain. Sans toilettes séparées de la salle de bains. Sans étage. Sans buanderie en dehors de la cuisine. Sans salle à manger séparée du salon. Sans grenier. Bref, l'inconnu.

Durant cette année parisienne, autant j'aimais bien l'agencement de l'apart' autant je ne me suis jamais faite à son étroitesse. Je découvrais la mezzanine au-dessus du bureau. Faire sécher le linge dans le salon entre la télé et la table. Je ne cuisinais pas à cette époque (mon ex adorait cuisiner (et était maniaque (tranquille la gonz')) et aujourd'hui, je me demande la galère que j'aurais à cuisiner sans plan de travail ou bien à cheval sur la machine à laver. Bon, à vrai dire, c'est ce que je vis un peu aujourd'hui...

Et me voilà dans ce 10m² (je zappe mes années belges). Une chambre que Fred a construit lui-même à ses 16 ans. Il a grignoté une partie du garage pour avoir son indépendance. Ses parents ont fait construire une maison avec seulement deux chambres. Ils ne se sont jamais dit que plus tard, la chambre de leur deux fils allait poser problème. Au départ, l'aîné exigeait d'avoir sa chambre au sous-sol car c'est l'aîné et qu'il avait besoin d'étudier. Puis, c'est plus fun pour recevoir les potes, tu te sens adulte, chez toi. Le deal de son père fut : j'achète le matos et tu fabriques ta chambre. Pas de bol, n'étant pas bricoleur, c'est Fred qui a hérité de ces 10m². Et heureusement ! Car lorsqu'à notre rencontre j'ai appris que nous vivions chacun chez nos parents, je me suis dit que question intimité, nous étions un peu dans la merdasse.

Sa chambre est contre le garage. Il y a un mini-couloir qui mène aux escaliers. Ce mini-couloir étant devenu un débarras car on y stocke nos affaires/vêtements (surtout les miens). Ce n'est pas toujours facile, moi qui aime le rangement, que les choses soient à leur place. Mais là encore, je ne m'en plains pas. J'ai un toit.

J'ai connu des personnes qui furent en couple durant plusieurs années et dès qu'ils se mettaient en ménage, c'était la rupture. Car aller dormir chez l'un ou chez l'autre durant les vacances ou les week-ends, on ne peut pas vraiment se faire une idée de la cohabitation sur du long terme.

Avec Fred, je peux dire que vivre ensemble dans ce 10m², je n'ai aucun souci quant à notre futur "chez nous". Nous avons appris à nous connaître et à nous faire aux habitudes de l'un et l'autre. On se complète très bien. On m'a parfois demandé si cette promiscuité n'était pas difficile à gérer, ne donnerait pas des occasions de disputes. Franchement ? Non.

Bon, ce n'est pas toujours facile non plus. Lorsqu'il regarde la télé, je ne peux pas lire. Lorsqu'il est sur le PC, je ne peux pas y aller (oui, j'ai internet sur mobile mais ce n'est pas pratique). Avec le temps moche qu'on se coltine, Fred est souvent dans la chambre. Je ne peux, là non plus, pas cuisiner ou faire le ménage n'importe quand. Etc... J'ai tout de même appris à utiliser ces 10m² pour profiter au mieux de notre indépendance.

Ce 10m² est petit. Parfois compliqué. Le lit prend les 3/4 de la pièce. Nous avons une petite fenêtre où peu de lumière rentre (et avec les deux arbres à chat plantés devant, ça n'aide pas). Le sol, bien que refait il y a deux ans, aura toujours des soucis d'humidité donc il ne faut pas encombrer de meubles. Meubles qui, de toute façon, n'ont pas de place à se voir offrir. Mais une chose est sûre et pas des moindres : la question de la cohabitation compatible dans notre éventuel futur chez nous ne se pose même pas.

Des nouvelles fraîches


J'essaye de ne pas sombrer dans la facilité en republiant mes articles lors de mon break blogosphérique de l'an dernier. Non pas que l'inspiration se fasse la malle mais le peu que j'ai à raconter n'a rien de bien intéressant, au point d'être publié...

J'ai un peu mis les blogs de côté. Je préfère lire sur PC que sur le téléphone. Surtout pour commenter. Et puis, il faut dire que mon téléphone se fatigue beaucoup donc je ne peux plus me le trimbaler sans l'avoir constamment branché sur la batterie de secours. Mais ça devrait bientôt être du passé car je vais m'en reprendre un prochainement, reconditionné. Je ne suis pas cinglée. Et encore moins riche. Pour ça, je vise quelques ventes qui peinent à se faire. On notera ce couple de bobos du 16ème qui sont venus négocier le don d'un article que j'ai mis en vente, actuellement à 219€. La bonne blague quoi...

A côté de ça, mes soucis de santé sont toujours présents. Même de trop. Je me suis un peu trop enfermée dans le "je mange pour soulager les douleurs". J'ai pris 7kg en quelques semaines. Quelle horreur, franchement... Moi qui ne grignote jamais, je déguste. Et dans tous les sens du terme. J'espère que mon nouveau rendez-vous médical de demain soir me sera ENFIN bénéfique !

J'ai quand même repris un peu la photo. Parce qu'après des mois à accompagner Fred mais ne pas en faire (en même temps, nous n'avons qu'un seul objectif animalier), ça commençait à me peser. Disons plutôt que je commençais à m'en éloigner et je n'aimais pas trop la tournure que ça prenait. Je m'y suis donc un peu remise tout en connaissant les conséquences : les douleurs qui reviennent et qui peinent à repartir. Je veux bien être moins collée aux écrans, laisser les livres fermés mais pas faire une pause en photo. Je veux rester accrochée à quelque chose qui me motive, me fasse sourire.

Sinon, comme tous les ans à cette période, je déprime des journées qui refroidissent, qui raccourcissent et du jardin qui se vide. L'automne est une magnifique saison mais une fois de plus, elle est signe de chasse. Et surtout, de connards de chasseurs. Samedi dernier, on a bien cru qu'on avait perdu Iago. Vraiment... Plusieurs personnes sont sorties de chez elles pour voir ce qu'il se passait tellement ça gueulait. Car comme chaque année, ces chasseurs ne sont pas fichus de respecter des lois, des dates de calendrier qu'ils ont eux-même planifiés, des distances et surtout, surtout, ne savent pas tenir leur chien de sang. Des chiens qui, même pas sevrés, ont baigné dans le sang et la chair pour devenir des tueurs. Ces chiens qui n'ont donc reçu aucune autre éducation et qui en ont absolument rien à foutre des appels. Ces chiens qui se retrouvent dans la rue (je vis au bout d'une rue, dont l'impasse est à deux maisons de l'entée de la forêt) et qui ne font aucune différence entre un gibier et un chat. Tant qu'il y a quelque chose à mordre et avec du sang, c'est leur bonheur total. Mais bon, comme dans beaucoup de cas, il faudra une mort, humaine, pour que quelque chose se fasse. Et encore... En attendant, qu'on ne touche pas à mes chats (Iago est rentré apeuré et l'est resté durant 3 bonnes heures) car moi aussi, je peux devenir agressive que ces chiens et leurs connards de maîtres dont l'un d'eux a osé nous répondre "On s'en fout, on a des assurances". Ils vont finir par me faire découvrir le sentiment de haine..

A part ça, j'ai trouvé pour seulement 30€ les 8 dernières saisons de Grey's Anatomy. Ma série chouchoute. Vous connaissez un peu mon programme pour les longues soirées à venir. Je nourris déjà les oiseaux. Je sais, c'est trop tôt mais c'est toujours moins pire que de le faire tout au long de l'année... Mes plantes ont du mal à résister au peu de lumière qui entre dans la chambre. Un peu mon drame du moment. Gare leur état au printemps... Et depuis que je sais que ma déchetterie collecte les bouchons d'amour (l'association dont le parrain est Bigard), toute la maison s'y met. Je suis contente de me sentir un peu utile malgré notre très maigre participation. C'est toujours mieux que rien, n'est-ce pas ?

Je vous retrouve sûrement la semaine prochaine. D'ici là, prenez soin de vous !