Famille, je te déteste

jeudi 24 septembre 2009 Ingrid | Mémorables oublis 5 Comments

Papa est rentré hier soir de sa rando en Corse. Son ami (qui est en fait un compagnon de VTT de son âge et qui comprend sa maladie et nous rend bien service) n'ayant pas pu y aller, nous avons demandé à l'un du groupe de s'occuper de Papa. Par exemple, lui faire rappeler de prendre ses médicaments, l'aider à ranger son sac à dos, vérifier qu'il n'oublie rien... Mais ce matin, au petit déjeuner, Papa nous a raconté que cette personne chargée de lui, Patrick, a pété un câble et a demandé à ce que quelqu'un d'autre s'occupe de lui car il n'en pouvait plus de tout lui répéter. En même temps, c'est pas Papa qui saurait monter une tente en temps normal donc dans sa situation actuelle, c'est encore pire... Je comprend qu'il faut une grande patience mais les gens oublient très vite que Papa est malade et que ni lui ni personne d'autre y sont pour quelque chose. Du coup, c'est Vincent qui a pris le relais. Eh oui, ce n'est pas le frère de Papa, Denis, qui l'aurait aidé. Celui-là est heureux de son malheur. Il attend impatiemment le jour où il va enfin pouvoir reprendre sa place favorite dans le club de VTT. Oui car à 41 ans, il ne supporte pas que mon père, âgé de bientôt 56 ans, soit meilleur que lui et apprécié de tous dans tous les domaines... Normalement, on devrait être fière de son frère aîné, en faire son modèle. Ici, il est plus vu comme un rival, une ombre. Il ne s'en occupe pas, il s'en fout. A lui de se démerder... Qui a dit que la famille se soudait dans les moments difficiles ? Ca ne marche pas comme ça apparemment. La famille paternelle s'éloigne encore plus, nous descend encore plus. Aucun membre de cette famille, que ce soit soeur, frère voire même la mère (!) compatit à sa maladie. Il est pris pour un con et plus ça empira plus il sera traité comme une merde. Pour eux, Papa est devenu un débile mental de 4 ans, à qui faut tout apprendre et expliquer. Un boulet en quelque sorte. C'est bizarre car en ville, ils racontent partout "Oh le pauvre Michel", tout ça pour être plaint par les autres. Et Maman ? On la plaint elle ? NON. Ils oublient qu'Alzheimer, c'est perdre la mémoire, les souvenirs. Il n'est pas con ! Il faut que ce soit des étrangers qui s'occupent de lui. Je trouve ça grave. En même temps, tant mieux car je n'ai pas la famille dans les pattes. En attendant, Maman et moi, nous ne pouvons compter que sur nous-même ainsi qu'un peu sur l'ami à Papa pour vivre cette aventure des plus dures. Mais je sais qu'un jour, la roue tournera en notre faveur. A l'instant-même où je vous écris, Vincent est au téléphone avec Maman. Il prend des nouvelles de Papa qui est tombé malade il y a 3 jours : douleurs intestinales, musculaires. C'est très gentil mais ça augmente encore plus notre amertume de voir qu'une fois de plus, c'est un étranger qui pense à nous.

5 commentaires :

  1. C'est dur tout ça. Je te souhaite beaucoup de courage là-dedans...

    RépondreSupprimer
  2. J'ai parcouru ton blog et franchement, je repasserais avant d'avoir l'Alzheimer^^

    RépondreSupprimer
  3. Merci Mlle Sam

    Jérémy, au plaisir de te revoir alors ! J'en dis de même pour ton blog ;)

    RépondreSupprimer
  4. Un ptit coucou
    Bravo pour ton courage d'endurer ça si jeune et de soutenir ta mère
    Comme tu le dis la roue tournera en ta faveur, et surtout être présente et active aux moments difficiles fait de toi une femme forte et solide. Bref t'es une fille bien Ingrid et les autres tu les em... :)
    Bises
    angele

    RépondreSupprimer
  5. Merci beaucoup ! Forte et solide, y a du boulot. J'ai encore beaucoup trop de faiblesses mais j'y travaille. J'espère que cette épreuve va m'endurcir et non me fragiliser plus ;)

    RépondreSupprimer