Prisonnière

mercredi 8 décembre 2010 Ingrid | Mémorables oublis 14 Comments


Je suis prisonnière de ma vie. Ma propre vie. De mes choix, de mon avenir. Je dis adieu à mes envies et mes rêves car la vie a voulu que Papa tombe malade. Je ne peux partir en laissant ma mère et mon frère vivre seuls ce combat. Je ne m'imagine pas faire ma vie loin d'eux tout en revenant certains week-ends. J'aurai cette impression de les abandonner, d'être lâche. Je me voyais faire ma vie à Paris, comme je le voulais depuis tellement d'années. Mais aujourd'hui, je n'y crois pas. Je ne le veux plus. Je ne peux pas partir. Je suis condamnée à me trouver un boulot merdique dans une région merdique, loin de mes amis. Chez mes parents ou juste à côté. Je ne vois pas finir ma vie seule et pourtant, c'est la tournure que je lui donne depuis 2/3 ans. Je n'ai pas la tête à envisager une vie de couple et pourtant... Mais j'ai encore moins envie de faire subir cette vie à un homme étranger à tout ça. Je me refuse de vivre. Pour moi. Je me suis emprisonnée dans cette vie que l'on m'a donnée. Alors j'ai décidé de rester et de supporter les aléas de la vie. De la maladie. Je ne peux pas et ne veux pas penser à moi. Pas encore. Tant qu'il sera là, ma vie ne sera qu'optionnelle. Maman connait mes intentions et on se dispute souvent. Elle veut que je parte de la maison pour faire ma vie. Ce n'est pas le rôle d'une fille mais d'une femme de soutenir Papa. Elle a raison, je le sais très bien. Elle veut le bonheur de sa fille et moi, je refuse de la laisser seule... Alors je continuerai, on continuera, à se plier en 4 pour lui. A s'oublier pour lui. A profiter de lui. A supporter ses crises. A lui offrir le meilleur de ses dernières années de lucidité. Car la vie est ainsi. Et c'est celle que je me dessine...

14 commentaires :

  1. Et cette région merdique est loin de Paris ? Tu ne peux pas soutenir ton papa tout en restant à Paris et en allant le voir le week-end ? Et lui ? Qu'en dit-il ? (s'il peut encore parler...)

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  2. Ne crois tu pas que c'est encore plus dur pour ta mère de te voir te sacrifier de la sorte ? Le rôle d'une mère est de voir un jour ses enfants voler de leurs propres ailes, de se réaliser... Je crois que c'est une punition que tu lui infliges en restant là. Crois moi ma jolie, tu fais le mauvais choix. Si tu ne rentrais que tous les week-ends, tu leur donnerais moins en quantité, mais dix fois plus en qualité de présence, et n'est-ce pas le plus important ?
    Je t'embrasse

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  3. je suis d'accord avec maxine, à 100%. ça lui ferait une bonne bouffée d'air frais de savoir que tu vas bien et que tu es heureuse. en tout cas, c'était le cas pour ma mère tout le temps qu'elle s'est occupé de mon père.
    puisque tu sais qu'elle a raison, puisque tu sais ce que tu dois faire, qu'est-ce qui t'arrête? de quoi as-tu peur? ou peut-être finalement que cette situation te convient...

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  4. avant de penser aux autres, à ce qu'ils pensent etc, faudrait d'abord penser à toi. Amélie Poulain s'est trouvé un bon gars, mais ça reste un film !
    ton père est relativement jeune, ce qui veut dire qu'il a encore pas mal d'années devant lui, alors quoi ? tu vas commencer à vivre ta vie à 50 ans ?
    c'est drole comme ce billet est en contradiction avec celui sur la vingtaine qui s'en va ...

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  5. Maxine et Annick ont raison.
    Puis de toute façon, que tu le veuilles où non, c'est dans l'ordre des choses, les parents partent avant leurs enfants, et ton père a encore quelques années devant lui, alors vis! Puis ta mère est la pour ton père, qu'est-ce que ça change que tu sois la aussi ?

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  6. Laissez la vie vous envahir, vous remplir !!!!! Je vous envoie tout plein de courage,
    gros bisous!!!

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  7. Salut...quoiqu'il en soit, il faut suivre ton coeur, ton instinct, peu importe la logique d'une vie programmée, le boulot c'est bien, mais cela ne comble pas une vie, ça la finance uniquement...la famille on en a qu'une, et c'est quand elle n'est plus là, qu'on prend conscience de son importance..Bon courage à toi...!

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  8. je pense aussi que tu dois partir, pour lui et pour ta mère. Tu leur ferais un cadeau empoisonné en restant, et ta vie ne t'attendra pas. Et, en cas d'urgence, il est toujours temps de revenir précipitemment pour un jour ou pour plus. Courage .

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  9. Partir vivre ta vie, ne veut pas dire fuir. Cela les rendrait tous heureux de te voir heureuse. Et puis, ne tourne pas le dos à un homme qui t'aime. S'il t'aime, il te soutiendras, que ton père soit malade ou non, tu ne peux pas choisir pour lui.

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  10. Ça ne sert à rien de se sacrifier pour les autres. Et vivre ta vie lui fera sûrement plus plaisir que de rester là à rien faire : au contraire, tu pourras lui montrer tes réussites et il en sera fier.

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  11. Ma mère vient de tomber malade et je compte l'épauler du mieux que je peux, mais je ne compte pas pour autant m'oublier dans l'histoire ;)
    Je te dirais bien d'en faire de même mais je ne te connais pas personnellement pour cela...Il n'y a que le mot "courage" qui me vienne à l'esprit.

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  12. je suis aussi d'accord avec Maxine et annick !

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  13. J'allais te dire ce que je ressens, puis j'ai lu Maxine, et annick, et les autres.
    Je les rejoins à 200%, pour avoir eu un papa malade aussi.

    Il faut aussi penser à après... que te restera t'il le jour malheureux où ton papa devra partir?
    Ne te sacrifie pas pour la maladie qui prend déjà tellement, vis ta vie, et plus elle sera riche et remplie, plus tes parents seront fiers de toi.
    Fais le pour lui, aussi.

    Ta présence au quotidien n'est peut être pas si indispensable que ça, mais les heures que tu pourras passer à lui raconter ta vie, tes décisions, tes craintes, elles, le sont. Offre à ton papa un avenir: le tien.

    Bises.

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  14. Ce n'est pas la situation de ton père qui te rend prisonnière... Tu as le droit de faire ta vie malgré tout. Et Paris n'est pas si loin de la Lorraine, alors tu seras "proche" de ton père si tu t'en vas pour la capitale.
    Vis ce que tu as à vivre pour ne pas avoir de regrets, personne ne t'en voudra pour cela !
    Bon courage à toi.

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