Le coeur a ses raisons...

lundi 14 novembre 2011 Ingrid | Mémorables oublis 3 Comments


Je suis un peu du genre gueularde. C'est un trait de ma personnalité qu'on a facile à reconnaître. Mais pas celle qui gueule pour un rien, à faire des caprices de gosse. Non. Je râle mais c'est très souvent justifié. Faut dire que je me suis tellement tue par le passé que maintenant, je rattrape le temps perdu en m'exprimant. Que ce soit en bien comme en mal.

Gueularde mais pas fière pour autant. Je reviens m'excuser si ma colère a été plus forte que la raison. Et je reconnais, lorsque c'est le cas, mes erreurs. Je ne suis pas de celle qui va camper sur ses positions, tirer un trait sur une relation, sous prétexte que je suis trop fière pour venir m'excuser.

Parfois aussi, voire même très souvent (suivant les personnes), je me tais. J'en mets sous mes pieds, comme on dit. Pour ne pas envenimer, pour ne pas faire durer le conflit. Mais dernièrement, je ne l'ai pas entendu de cette oreille. J'ai eu envie, pour une fois, de tenir tête. De montrer que non, je n'ai pas à toujours dire Amen pour faire plaisir à l'autre, lui donner raison.

Alors quand j'en ai parlé à 2/3 personnes, on m'a répondue que j'étais bornée, que je devais zapper cette broutille. Pourquoi serais-je toujours à moi de pardonner, me faire passer pour la fautive alors que dans ce contexte, je n'avais rien fait/dit de mal ?

J'ai tenu bon. Durant presque 6 semaines. J'attendais des excuses. Justifiées. Méritées. Mais elle, aussi bornée que moi, ne bougeait pas d'un pouce. De mon côté, je lui en voulais un peu plus chaque jour de ne pas venir à moi. Pour qu'on parle, qu'on s'explique, qu'on oublie. Elle espérait que j'oublie justement. Et que je revienne comme si de rien n'était. Parce qu'elle a finit par s'habituer à cette attitude que j'avais adopté avec elle (et toutes autres personnes) depuis des années.

Je me suis surprise à ne pas flancher même si dans mon for intérieur, je pestais "Mais c'est qu'elle viendra pas me parler !". Et je l'imaginais de son côté se dire "Quand elle aura finit de faire la gueule, elle fera le cul".

Durant ces quelques semaines, elle m'a manquée. Un peu. Beaucoup. Puis des fois, je le vivais bien. Mais tout de même, ça devenait pesant. Ça mettait mal à l'aise mon entourage. Pourtant, je campais sur mes positions. D'autant plus qu'on me donnait raison. Mais une fois de plus, c'était encore et toujours à moi d'aller vers l'autre.

Au final, c'est ce que j'ai fait. J'ai baissé les armes. Déclaré forfait. Elle a gagné. Encore plus butée que moi. Je n'en doutais pas. On ne s'est pas expliquées. Un bisou pour effacer et reprendre là où on en était il y a 6 semaines.

On m'a dit que je n'en avais qu'une. Cette phrase peut très bien lui être dite à elle également. Elle n'a que moi. Mais j'ai découvert que la fierté et la pudeur étaient plus fortes chez elle que chez moi. Je sais qu'elle m'aime. Je sais que la meilleure amie que je suis à ses yeux, lui a beaucoup manqué durant ces 6 semaines. Mais je sais surtout qu'elle ne montrera rien de tout ça. Je le sais. Je la connais par coeur. Et bizarrement, ces petites engueulades que l'on a, merci, rarement, nous renforcent encore plus.

Ce lien mère-fille...

3 commentaires :

  1. Ayant perdu un proche récemment et pour la première fois, je me dis que les engueulades ça peut être bon mais il ne faut pas que ça dure, au risque de perdre de précieux instants.

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  2. Toujours un plaisir de revenir faire un tour ici ! ;)

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  3. ca c'est bien vrai, on en a qu'une... même si c'est pas toujours évident.

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