Attacher sa ceinture

mercredi 7 décembre 2011 Ingrid | Mémorables oublis 4 Comments


Cette année aura été marquée par une évolution dans la maladie de mon père. Juste assez pour que ça me chamboule. Dans mon coeur, dans mes pensées et même dans mes rêves.

Dernièrement, mes parents et moi sommes allés en courses. J'ai dû attacher la ceinture de mon père car il était perdu (je pense que c'est du fait qu'il soit sur le siège passager, ça l'a perturbé). Et lors du passage en caisse, il avait cette habitude de sortir par l'entrée pour nous retrouver dans la galerie marchande. Là encore, il était perdu. Il hésitait à franchir le portail de sécurité. Comme s'il se disait "Je dois obligatoirement acheter quelque chose pour sortir du magasin".

Papa est toujours lucide. Il nous reconnait. Il n'est pas enfermé dans le mutisme que nous lui avions connu l'année passée. On critique les médicaments mais ils sont parfois efficaces. Un bien pour un mal dans certains cas. Mais aujourd'hui, on découvre des petites choses futiles aux yeux de certains qui ne le sont pas pour nous.

Il se perd dans ses couverts, dans ses habits, dans les pièces de la maison. Il balbutie parfois.

C'est difficile de se dire que son père/mari va sur ses 58 ans mais commence à acquérir l'attitude d'un enfant. C'est difficile de se dire que ça va empirer dans les mois voire années à venir. Que mon rôle de fille sera inversé avec celui du père.

La transition n'est pas pour maintenant. Elle se fait petit à petit. Lentement. Dieu merci. Mais il suffit qu'on arrive à un stade où tout s'accélère...

Ca fait mal. Ca me fait mal. Je continue à dire qu'il ne méritait vraiment pas ça. Et nous non plus. Alors pardonnez-moi de devenir de plus en plus hargneuse durant ces moments de fêtes. Pardonnez-moi de cracher sur la nouvelle année car les prochaines seront de moins en moins belles. Et en sursis.

4 commentaires :

  1. Courage, je pense bien fort à toi et à ta famille...

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  2. C'est vrai que c'est horrible comme maladie, et c'est bien souvent les proches qui en souffrent le plus...
    Bon courage Ingrid

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  3. Bonjour, je te comprends tout à fait, mon meilleur ami traverse cette même épreuve. Sa mère, a seulement 55 ans est atteinte d'Alzheimer, elle ne reconnait plus personne et c'est vraiment bouleversant... Je t'envoie beaucoup d'ondes positives, non pas pour avoir le sourire, juste pour avoir un peu plus de force pour supporter cette terrible épreuve. Bisous doux...

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  4. Dieu que ça doit être dur... :-( Courage ma belle.

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