La puissance des mots

jeudi 2 février 2012 Ingrid | Mémorables oublis 11 Comments


Je n'aime pas parler de la maladie de mon père. Et pourtant, j'en ai besoin. Pas pour récolter de la pitié. Je ne cherche pas à ce qu'on me plaigne. A ce que la blogosphère sache que "Ingrid de Mémorables oublis a un jeune père Alzheimerien". C'est assez contradictoire car j'en parle publiquement.

Lorsque j'ai ouvert Mémorables Oublis, l'idée de parler principalement d'Alzheimer m'avait effleuré l'esprit. Comme cette caissière qui racontait ses (més)aventures quotidiennes pour ensuite finir dans les magazines et dans un livre. Mais je ne voulais pas espérer à une éventuelle notoriété en utilisant la maladie de mon père.

Bref.

Lorsque j'aborde le sujet, vous êtes quelques uns à dire dans vos commentaires, que vos écrits ne changeront rien, que c'est une pensée bien maigre, un commentaire banal et j'en passe.

Détrompez-vous !

Lorsqu'un billet sur mon père est publié, systématiquement, je sais que vos retours vont me faire beaucoup de bien. On ne s'est jamais rencontrés, jamais appelés ni mailés et on ne sait rien de nos vies. Certes. Mais ça ne veut pas dire que vos commentaires sont sans intérêt.

Ca me touche. J'ai parfois la larme qui monte à l'oeil lorsque je lis vos commentaires. D'ailleurs, ne dit-on pas que la puissance des mots est plus forte que les gestes ? Eh bien, dans ce contexte, ça fonctionne également.

Je ne vous connais pas personnellement. Nous sommes liées par cet énorme monde qu'est la blogosphère. Je ne vous connais pas. Mais ce n'est pas pour autant que vos pensées me laissent indifférente.

Ca fait du bien. Ca me fait du bien. Et ça peut en faire sourire beaucoup mais je me sens entourée. Par le biais d'internet. Vous serez sûrement choqués d'apprendre que j'ai bien plus de mots de soutien de vous que de personnes de la vie réelle. Et encore moins des personnes qui sont censées être proches.

Alors s'il vous plait. La prochaine fois que j'aurai à parler de mon père, ne dites plus dans vos commentaires que vos mots sont inutiles. Que vos pensées sont maigres. Que votre aide ne sert à rien. Je ne cherche pas non plus à récolter un maximum de commentaires. Non. Mais ceux et celles qui ont la gentillesse de m'en laisser, ne le faites plus en vous disant que c'est un commentaire futile parmi tant d'autres. Je fais très bien la différence entre un commentaire de soutien, une pensée sincère et un commentaire sur le dernier achat capillaire de chez Lush.

Alors je vous dis un grand merci pour vos petits mots de la veille.

11 commentaires :

  1. Malgré le fait que je n'ai jamais publié de commentaires à tes articles sur ton papa, sache que je suis de tout coeur avec toi et que je te souhaite beaucoup de courage.
    Le rôle du proche d'un malade est extrêmement difficile car il faut savoir rester fort et courageux quelque soit le moment et mêmes dans les plus douloureux, même lorsque les larmes veulent sortir il faut rester fort pour eux.
    Je te parle en connaissance de cause puisque ma vie s'est écroulée le jour de l'annonce du cancer de la personne la plus proche de moi. Aujourd'hui, il récidive et quand on a même pas 25 ans, que l'on s'attends à faire des projets de sa vie, tout d'un coup l'avenir devient incertain et tellement dur à appréhender. On a peur...
    Je n'ai jamais parlé ouvertement des choses sur mon blog mais en restant plutôt vague et comme tu le dis je reçois beaucoup plus de soutien de personnes que je ne connais que virtuellement ou très peu plutôt que de certains proches.
    A côté de ce courage il faut beaucoup de ténacité pour apprendre à tout gérer, à s'occuper de la personne et comme je t'ai dis plus haut, je t'envoie plein de courage! Reste forte, il en a besoin!

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  2. Bonjour, un commentaire qui n'est pas inutile, une pensée pour toi, si celle-ci peut t'aider à "avancer", alors elle ne sera pas vaine...en tout cas pour ta personne.

    En espérant que tu sortes un peu de ton esprit le mauvais et "switcher" vers le "bon" ;)

    à bientôt.

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  3. Une fois encore, je suis très touchée par ton billet. Dans tes écrits, je sens bien que tu ne cherches pas la pitié mais que c'est un bien un moyen d'évacuer ce surplus d'émotions qui te ronge. De mon côté, je ne peux rester insensible et c'est donc tout naturellement que je te laisse des petits com'. Beaucoup voudraient nous faire croire que le monde de la blogo n'est qu'un monde virtuel (j’étais la première à le croire) mais au fil du temps on se rend compte effectivement à quel point ces personnes sont présentes dans nos vies et pas seulement pour le superficiel. Je me souviens notamment du nombre de messages reçus pour mon mariage ou mon déménagement, et on ne peut rester insensible devant tant de gentillesse. Je me sens parfois plus proche de certaines blogueuses que de certains membres de mon entourage.
    Bref tout ça pour dire que c'est tout naturel de te soutenir et sache que l'on est là, par la pensée, mais on est là! Et si ça te fait du bien, alors ce n'est que du bonheur! ;)

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  4. C'est l'une de mes raisons de mon retour sur la blogo, ces mots qui touchent toujours un peu, que ce soit pour partager nos joies ou nos peines. Alors je trouve ça chouette si ils arrivent à te remonter un peu le moral à toi aussi :)

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  5. Comme je te comprends, même si je n'ai découvert ton blog qu'hier... Mon père à moi se bat contre un cancer depuis 18 mois, et ça ne se présente pas bien. Il y a eu, je crains qu'il y ait encore, des moments atroces. Souvent, j'en ai parlé sur mon blog (qui le reste du temps cause plutôt de lecture, de bouffe, de chaussures et de vernis à ongles), et chaque fois, les gens qui m'ont laissé des commentaires se sont presque excusés de le faire. Alors que ça me faisait tant de de sentir ce petit cocon de bienveillance qu'ils tissaient à distance autour de moi. Des mots banals, c'est toujours bien mieux que pas de mots du tout. Savoir que les gens pensent à vous et qu'ils espèrent pour vous, ça n'opère pas de changement miraculeux, mais ça fait du bien au moral et c'est déjà beaucoup. Je vous souhaite plein de courage, à ta famille et à toi, pour accepter l'inacceptable et vivre avec.

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  6. Mon père est gravement malade. Tes mots me touchent...

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  7. Je crois n'avoir jamais commenté quand tu publies sur ton papa... Parce que justement, j'avais peur de dire des banalités...

    Sache malgré tout que chacun de ces billets me touche.

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  8. Ce que tu dis dans ce billet, c'est un peu mon ressenti par rapport à mon histoire. Pour moi, écrire de me soulage, me libère d'un gros poids, et je pense que ça m'aide à avancer un peu plus dans le deuil.
    Faire partager nos ressentis, nos craintes, nos peur, etc, n'est que bénéfique, ça aide les personne extérieur à mieux "comprendre" les choses.

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  9. Ingrid,
    Tes mots me touchent, d'autant plus que j'aurais pu les écrire moi-même. Sur le oh combien ce soutien virtuel est inestimable, d'autant plus fort qu'il est gratuit et n'attend rien en retour.
    Tout le réconfort que tu pourras prendre ici est une force.

    Je suis dans une grande détresse, mais je sais qu'elle finira un jour, elle passera. Je sais aussi que tu as été l'une des premières à m'apporter, par tes mots, l'aide qui m'est nécessaire aujourd'hui. Et je sais aussi que te lire m'aide à relativiser : ce qui m'arrive n'est pas terrible, certes, mais quand je lis ta force et ta détermination à aider ton papa, à lui faciliter la vie alors que les vôtres sont lentement ravagées, je regonfle mon coeur et je me dis que je n'ai pas à pleurer. Sans aucune pitié. Juste en remettant l'ordre des choses en place.

    L'entourage minimise souvent nos appels au secours, nos douleurs, sûrement parce que c'est plus facile à gérer. Mais ici les mots ne peuvent pas mentir.

    Je t'admire.

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  10. C'est beau cette échange que tu as avec tes lectrices, touchés par leurs mots, chaleureux et réconfortant et elle touchée que tu le sois par leurs mots. Les mots sont très importants, ils sont l'expression de nos émotions, notre ressentit et le moyen principale que l'on a pour s'exprimer et se faire comprendre.

    En tout cas je te souhaite bon courage pour tout ce que tu vis et aussi pour ton père.

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  11. Bon courage à vous et à ton papa...pour côtoyer au quotidien cette maladie, je sais combien c'est difficile et en tant que proche c'est un combat quotidien...le partager est un magnifique témoignage...bravo à toi ! bon courage et le meilleur ;)

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