Je ne veux (toujours) pas d'enfant

lundi 25 février 2013 Ingrid | Mémorables oublis 8 Comments

Comme prévu, après la lecture et le compte-rendu de ce livre, place maintenant aux enfants : "Pas d'enfants, ça se défend !" de Nathalie Six.

Un livre qui, contrairement au précédent, fut plus agréable à lire. Moins de notes, de droits, d'Histoire etc...

Et là encore, ça confirme ma position, à savoir celle de ne pas materner. Forcément, je vais surtout donner les points positifs à ne pas en vouloir, puisque c'est tout de même la raison de ce livre. Et il y en a beaucoup (même quelques uns auxquels je n'avais jamais vraiment pensé).

01. Une femme qui ne veut pas materner, est perçue comme une personne anormale. De même qu'un homme se verra attribuer l'étiquette d'homosexuel ou de gamin qui refuse de rentrer dans le monde des adultes.

02. Du coup, ces hommes et ces femmes qui refusent de devenir parents, se verront subir une pression de toute sorte : familiale, amicale, professionnelle. Bref, sociale. Dans ce cas, on va chercher à les influencer et donc, les pousser, en quelque sorte, à faire un enfant.

03. Les pousser à faire un enfant afin qu'on rentre dans la norme, que l'on montre notre hétérosexualité, que la femme profite du don que la vie lui a donné etc...

04. Influencer les gens à faire un enfant, c'est parfois l'image qui passe avant l'envie.

05. Les adultes sans enfant font peur. Pour preuve, les magazines féminins n'en parlent quasiment pas. Il est toujours plus beau, normal et vendable de mettre sur papier glacé, des couples avec enfants (et chien).

06. Les hommes qui refusent de devenir père sont également célibataire (pas dans tous les cas, bien entendu). Et il y a plusieurs raisons : l'ultimatum lancé par leur compagne/femme ou bien que cette dernière stoppe la pilule dans son dos. L'homme a peur de se retrouver piégé dans un rôle qu'il ne souhaitait pas.

07. Il a été montré que les infidélités étaient plus nombreuses durant la grossesse. Les hommes qui se lassent de cette longue période, les sauts d'humeur de leur femme, la déformation de leur corps etc...

08. Beaucoup de femmes font l'erreur de mettre de côté leur rôle de femme au profit de celui de mère. Ce qui vaut un éloignement du couple et parfois même, la rupture/divorce.

09. Homme comme femme ont peur d'être négligé au profit de l'enfant.

10. La peur de l'accouchement, de l'handicap, des maladies (liées à la grossesse ou au nourrisson), de la prise de poids, de la déformation du corps et de l'incapacité à s'occuper d'un bébé, est une raison pour une femme de ne pas devenir mère.

11. Devoir assumer un enfant toute sa vie, ou tout du moins jusqu'à sa majorité, ce n'est pas rien. On part pour 18 ans minimum.

12. Et si cet enfant, fait par amour et désir, devenait source à problèmes ? (délinquance, irrespect)

13. Ne pas vouloir reproduire le même schéma : un héritage familial peu valorisant, transmettre ses défauts, ses craintes, son mal-être.

14. Certaines femmes ne sont pas devenues mères pour la simple et bonne raison qu'elles n'ont pas trouvé l'homme mais également, le père idéal.

15. La vie devient de plus en plus difficile et chère. Quel avenir peut-on offrir à nos progénitures alors que nous-mêmes galérons ?

16. Ceux qui refusent de materner, sont en principe, contre l'adoption.

17. Un enfant coûte plus de 100 000€ jusqu'à sa majorité, à un couple aux revenus moyens. Le prix d'une maison, de voyages, de loisirs que des anti-parents préfèrent avoir au profit d'un chérubin.

18. Il faut cesser de croire que des couples sans enfants sont malheureux et inintéressants. Ils sont tout aussi épanouis et parfois même plus, dans des domaines autres que la maternité. La société commence seulement à ne plus les voir comme une tare ou un manque

19. Et ce livre a conclu par : Ne pas se mentir, résister au diktat et être heureux.

N'est-ce pas le plus important avant tout ? Pourquoi serai-je condamnée à être malheureuse, triste et inintéressante sous prétexte que je ne veux pas d'enfant ? Pourquoi devrais-je rentrer dans la norme alors que bon, je suis déjà normale, même sans enfant ? Pourquoi suivre un chemin qui n'est pas le mien ? Pourquoi devrais-je materner sous prétexte que la vie m'en donne l'occasion ? Pourquoi mon couple devrait-il être "exclu" de la société sous prétexte que nous rentrons pas dans des cases que cette même société nous inflige ? Et tant d'autres questions...

Ce livre fut très intéressant. J'ai été d'accord sur pratiquement tous les points. Les autres, soit ils ne me concernent pas soit je ne les avais pas envisagés jusqu'à la lecture.

Et pour finir : un petit pied de nez à ceux et celles qui m'ont souvent dit "Avec le temps, tu changeras d'avis. Tu verras d'ici une dizaine d'années". Je leur répondrai "Lisez ce livre et vous verrez que beaucoup ont eu cette non-envie dès l'adolescence et passées la cinquantaine, sont heureuses et sans regret. Alors, pourquoi pas moi ? Je respecte le choix de ceux et celles qui veulent devenir parent. Je ne cherche jamais à les dissuader. Alors faites-en de même avec moi et tous les "childfree"

8 commentaires :

  1. L'envie d'avoir un enfant, vient plutôt quand on a une vie bien stable et quand on est heureux... enfin pour le moment, j'ai moins l'envie et pourtant les années passent... qui vivra verra... Puis tu t'en fou des autres, tu vis pour toi ;-)

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  2. Ça doit être d'autant plus difficile de défendre ton point de vue que tu es en couple. J'imagine assez bien la pression familiale...

    Maintenant que je n'ai plus d'utérus, on me dit que je peux toujours adopter ! Je n'aurai jamais la paix...

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  3. C'est incroyable, pourquoi les gens passent leur temps à juger ?? y a t il une matière "jugement" dans notre cursus scolaire ou est ce parce que les gens se font chier (ou sont débiles - à ne pas exclure-), ils s'autorisent remarques, conseils et - encore mieux- savent comment on va évoluer !!
    Moi je ne voulais pas d'enfant. or j'étais en couple depuis 7 ans, tous nos potes en avaient, tout le monde me demandait, tout le temps. Alors j'ai dit OK même à mon mari. Alors que je n'en voulais pas. Bilan : j'ai arrêté de manger pour ne plus avoir mes règles et ne pas pouvoir tomber enceinte (c'est plus facile socialement de dire : je n'arrive pas à tomber enceinte que "je ne veux pas en avoir"). J'ai divorcé après 2 ans de traitements. Et je n'ai toujours pas d'enfants. Un jour peut être mais à l'époque, ce n'était pas le moment.

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  4. Nom d'un chien, que cet article fait du bien!

    24 ans et toujours pas envie d'enfants, à vrai dire, avec l'homme on a tellement envie de vivre bien, de profiter et de s'assurer un avenir correct qu'on envisage vrmt pas de faire un mini-nous. Et comme toi, j'entends souvent "ça te passera, tu verras, tu auras le déclic"... Alors oui, peut être que. Mais je ne l'ai toujours pas depuis qqannées et je ne me vois absolument pas avec un môme d'ici qqannées non plus...

    Être heureux... Avant tout ! :-)

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  5. Tu as bien raison... Les diktats de la société peuvent être très puissants, le regard des autres aussi. En assumant le fait que tu ne veux pas d'enfant, tu fais des "jalouses" tu sais... Toutes celles qui n'osent pas se l'avouer et qui ont "cédé" à la pression... Et qui forcément ne se sentent pas en phase...
    J'ai 40 ans et je n'ai pas d'enfant. J'ai vécu 7 années de traitements pour en avoir avec mon Homme. Je croyais que c'était ce que je voulais... Je n'ai pas voulu adopter quand nous sommes arrivés à la fin des traitements. Mais au final, je me rends compte que je suis bien heureuse de ne pas en avoir, je ne suis pas faite pour être mère... J veux m'épanouir en tant que Moi et c'est tout !
    Alors reste sur ta position, et si ton homme est en phase avec toi (parce que oui un couple c'est 2 personnes..,), alors les autres fichez-vous en !
    ^_^

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    1. Je suis contente de tomber sur ce post et sur le titre de ce livre que je connaissais pas (d'ailleurs je viens de l'acheter). C'est vraiment un tabou le fait de ne pas vouloir d'enfants en France. Dans certains pays anglo-saxons et en Allemagne, quasiment un quart des femmes arrivent à 45 ans sans enfants. Sont-elles plus malheureuses pour autant? Si les enfants, ce n'était vraiment "que du bonheur", comment se fait-il qu'il y ait tant de dépression en France?
      J'ai 35 ans, en couple depuis 5 ans avec un homme qui ne souhaite pas avoir d'enfants non plus. Notre raison principale, c'est que nous ne souhaitons pas donner naissance à un être dans ce monde qui nous semble très difficile à l'heure actuelle (pollution, problèmes environnementaux, violence, menace nucléaire, surpopulation, chômage, etc, etc.). Est-ce que c'est égoïste, comme le prétendent certains qui ont des enfants? Je ne pense pas; je trouve cela au contraire beaucoup plus sage... mais c'est difficile de garder ce cap face à la pression sociale, surtout quand on est fille unique! Heureusement que j'ai encore quelques amies proches autour de moi qui n'ont pas d'enfants (sans en souffrir) avec qui je peux rester sur la même longueur d'onde.

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  6. Bon sang que cet article fait du bien. Je dois également écrire un article à ce sujet mais manque de temps,d'envie d'écrire et pourtant c'est un sujet qui me parle.
    Beaucoup de couples se sont retrouvés à faire des enfants à cause de l'entourage, du faire comme tout le monde et au final, ils se retrouvent complètement dépassés par les évènements. Il y a quelques mois, une personne en âge d'être grand-mère m'a demandé si j'avais des enfants. Je lui ai repondu non et que je n'en voulais pas. Elle m'a répondu que j'avais bien raison et pourtant elle avait un fils. Je crois que ça veut tout dire.

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  7. Je pars du principe qu'avoir un enfant est le choix de chacun, et je ne comprends pas celles et ceux qui peuvent mettre la pression pour cela. J'ai voulu un enfant, je suis aujourd'hui maman et heureuse. C'est bien. Et au nom de quoi une femme/un couple sans en enfants ne pourrait-il pas être heureux de la même manière ?!
    Et puis peut être que tu changeras d'avis, oui. Ou pas. On s'en moque l'essentiel est que ta vie te convienne telle qu'elle est !

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