Aujourd'hui, c'est paupiette !

mardi 5 mars 2013 Ingrid | Mémorables oublis 2 Comments

Pour celles qui n'ont pas suivi mes dernières brèves, je fais référence au rouge-gorge.

Pour cette première année, j'ai pris mon rôle de donneuse de manger aux pioupiou, au sérieux. J'ai passé des heures sur des dizaines de sites qui expliquent quand, comment et avec quoi, nourrir les oiseaux de nos jardins. C'est ainsi que j'ai pu prendre conscience de l'importance que nous, humains, pouvions représenter aux yeux de ces petites boules de plumes, en période hivernale.

Je dois bien l'avouer qu'au début, mon intérêt était avant tout photographique. Je souhaitais prendre de jolies photos des mésanges (et autres). Un très bon moyen pour perfectionner les techniques. Et pour ça, je devais les attirer avec de la nourriture.

Je ne vais pas vous reparler du mangeoire que l'on a installé devant la fenêtre de la chambre de Fred. Mais plus du comportement et des habitudes des oiseaux, que j'ai pu observer durant ces 2 derniers mois.

Faut savoir que moi et les oiseaux, ça fait deux. J'y connais rien. C'est joli, c'est chantant, parfois des cadeaux cadavériques de mes chats, mais ça s'arrête là. Mes connaissances pioupioutesques se limitaient à la pie (que je trouve jolie), au merle (et son bec jaune), à l'hirondelle (qui se fait rare) et à la mésange.

Cette dernière est très répandue dans notre pays (grise, bleue et charbonnière). Peu peureuse et très acrobate. C'est d'elle que j'attendais de jolies photos. Je lui ai donc aménagé des boules de graisse et une gamelle de mélange de graines. J'ai vite compris que le mélange, elle le faisait surtout elle-même ! La mésange raffole des graines de tournesol et zappait le reste (lorsqu'elle ne le jetait pas). OK, pas de problème, je m'exécute. J'ai donc acheté des sacs de graines de tournesol de 2,5 kg (à 3€ pièce). Mais quand je dis que la mésange raffole, je ne m'attendais pas à ce qu'elles débarquent par dizaine et me finissent le sac en 4 jours ! A ce train-là, elles risquaient de me coûter cher. J'ai donc décidé de moins leur en donner et de plus les focaliser sur les boules de graisse.

Elles étaient toujours aussi nombreuses jusqu'au jour où, à travers les branches d'un arbuste, je découvre un rouge-gorge. J'étais surprise de le voir là. Pour moi, un rouge-gorge vit en forêt et bien que mes beaux-parents y vivent à 50m, je n'imaginais pas voir un jour débarquer un rouge-gorge. Sauf que ma paupiette (on est intimes maintenant) boudait les boules de graisse et ne cherchait pas à picorer les graines de tournesol. J'ai donc entrepris une recherche sur Internet pour apprendre que le rouge-gorge n'est pas acrobate comme la mésange et n'a pas le bec adapté pour se régaler de la graine du tournesol. Je lui ai donc préparé une gamelle de mélange de graines et il n'a pas tardé à y élire domicile. Paupiette est du genre à s'approprier la mangeoire et grimper carrément dans la gamelle. Contente de voir qu'au fil des jours, Paupiette était au rendez-vous.

Puis un jour, Fred m'appelle pour venir en vitesse à la fenêtre. Un énorme oiseau. Un bon 20 cm de long aux couleurs vives (rouge, noir, blanc) qui s’agrippe au piquet de la mangeoire pour ensuite s'attaquer assez énergiquement à une boule de graisse. Google m'apprendra que c'est un pic épeiche. Très bel oiseau mais qui a tendance à faire fuir les petits oiseaux et à détruire leur nid (parfois manger les oeufs). C'est la vie malheureusement et je ne peux aller contre la nature. Encore moins interdire l'accès à la nourriture.

Pour finir, j'ai fait la connaissance avec des bergeronnettes. Fred habitant près de la rivière, il en voit très souvent lors de ses sorties kayak. J'ai trouvé cet oiseau magnifique. Une petite boule de poils avec une très longue queue noire et blanche. Au début, il n'y avait qu'un couple pour finir les voir débarquer par nombre de 12/15. Parfois, elles peuvent être 8 sur une seule boule ! Voulant en connaitre un peu plus sur cette race, j'ai mené ma petite enquête pour découvrir qu'en réalité, ce ne sont pas des bergeronnettes mais tout simplement des mésanges à longue queue (reconnaissables avec leur corps en boule et leur bec minuscule). Ces oiseaux sont un spectacle à eux tous seuls.

C'est bien beau de parler oiseaux et nourriture mais la photo dans tout ça ? Pas facile d'en prendre lorsqu'on est en contre-bas. La mangeoire est entre les deux étages. Soit je suis trop basse, soit je suis trop haute. Sans compter que je suis gênée par la vitre (quand il n'y a pas de buée) ou l'installation en fer forgé. J'arrive tout de même à faire de jolis clichés (je n'attends jamais très longtemps pour que des oiseaux débarquent). Mais c'est surtout avec l'autre mangeoire (celle-ci) que je peux m'initier à la photo en vol. Ayant tendance à prendre un peu la pluie, je l'ai fixé sous le chalet. Là encore, le mélange de graines a fait place aux graines de tournesol. Je devrais faire une vidéo pour que vous voyez le spectacle que les mésanges nous offrent. Elles sont des dizaines à squatter le noisetier et elles plongent une par une (parfois à plusieurs) dans la boîte de conserve. Le toc toc de la boîte contre le chalet montre que ce manège est très rapide. C'est simple : je remplis la boîte à ras bord le matin. Au coucher du soleil, elle est vide (et pas une graine traîne au sol !). C'est donc cachée derrière la citerne d'eau que je peux les photographier sans qu'elles craignent ma présence. J'ai pu faire de jolies prises au vol, qui comptent sur les doigts d'une main sur les centaines photos de faites !

En résumé :
- J'ai acheté un livre pour maîtriser le Canon 500D
- A défaut d'un objectif animalier, j'ai reçu dernièrement un déclencheur à distance. Certes, je n'aurai plus ce plaisir de voir les oiseaux d'aussi près mais en compensation, j'aurais de bien plus belles photos. Faut dire que je n'ai aucune patience, je n'arrive pas à rester paralysée durant plusieurs minutes. M'enfin, je suis tout de même aidée par la cabane de Monsieur où je peux la squatter sans être repérée, au soleil avec un bon bouquin. D'ailleurs, j'ai testé la télécommande cet après-midi et j'ai eu la jolie surprise de voir une sittelle (ici). Quant au couple de geais qui habite de l'autre côté de la route, il n'est vraiment pas facile à capturer (en photo, on est d'accord).
- La nourriture, depuis fin novembre n'a coûté que 25€ (6 sacs de graines de tournesol et un gros sceau de boules de graisse). Vous pouvez bien entendu faire vos propres boules de graisse mais franchement, vu le prix, je préfère acheter que de m'embêter.
- Les mangeoires ne m'ont rien coûté. La boite de conserve (je la trouve plus jolie que la bouteille en plastique), tout le monde peut la fabriquer, sans forcément la peindre. Et sachez qu'en ville, il y a des oiseaux (autre que des pigeons). Vous pouvez donc parfaitement les nourrir sur le rebord de votre fenêtre ou sur votre balcon, même au 15ème étage.
- J'ai abandonné l'idée d'approcher une mésange (toujours ce manque de patience) mais je suis contente d'avoir gagné la confiance de ma p'tite paupiette qui vient, certes rarement, sur le rebord de fenêtre pour manger quelques graines (oui, j'ai poussé le vice jusque là).

L'hiver va me manquer uniquement pour ça. Mais je suis ravie de la venue du printemps. A défaut de les voir s'accaparer la nourriture, je les entends chanter à longueur de journée. Et ça, c'est que du bonheur pour le moral (c'est gratuit et illimité).

Mais jusqu'au prochain hiver, grâce au déclencheur, j'aurai des occasions de faire d'autres photos d'oiseaux. Quant au reste, vous pouvez toujours me suivre sur Instagram ou/et Flickr ;)

2 commentaires :

  1. Les photos sont très jolies. :)

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  2. Tes photos sont très belles! Heureusement qu'il y a des bonnes âmes comme toi pour s'occuper des p'tits oiseaux :)

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