Se mettre au vert

mardi 23 juillet 2013 Ingrid | Mémorables oublis 4 Comments



Lorsque ce n'est pas Juliette qui m'inspire pour vous parler de mes dents pas tout à fait blanches, c'est B-Wak, celle qui veut être bonne, qui me donne envie de vous parler d'un petit plaisir que j'ai vu naître, comme elle, cette année...

Lorsque Fred a acquit son terrain, il n'était pas question de faire un jardin. Nous voulions seulement un petit coin de verdure ainsi que quelques arbres et arbustes afin de donner un peu de charme à nos 310m². Mais entourés de jardins tenus par des anciens, nous avons fini par nous demander : Pourquoi on ne se garderait pas un petit carré pour cultiver deux, trois choses ?

Bon, j'avoue que c'était plus une idée de Fred car moi, je n'étais pas super emballée... Pourtant, je ne suis pas une fille de la ville. J'y ai cru durant des années, surtout après mon année passée à Paris. J'ai toujours pensé que j'étais une citadine, faite pour sortir, bouger, rencontrer du monde, ne jamais m'ennuyer. En même temps, quitter une ville de 4500 habitants pour la capitale, ça a de quoi changer une vie !

Papa n'aura jamais réussi à me convertir à ses passions : le jardin et la nature. C'était quelqu'un qui y passait tout son temps libre mais solitaire dans l'âme, il ne m'a jamais donné envie de m'y intéresser. Jusqu'à ce que je rencontre Fred. C'est lui qui m'a fait découvrir la beauté de ce que la nature peut nous offrir à portée de mains. Qui m'a appris des choses sur elle. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien que je me suis mise à la photographie d'oiseaux (grands mots, faut le reconnaître) l'hiver dernier. Fred m'a appris à écouter la nature, l'observer. Et l'aimer.

Mais de là à faire un jardin, faut pas déconner...

Sauf que.

Fred a su me faire changer d'avis : "On raffole de concombres, autant en mettre en bas du terrain, arroser un peu de temps en temps et le tout pour 0€. En plus, t'adores les radis, suffit d'acheter un sachet de semences à 2 euros et t'en auras un paquet durant tout l'été".

Il m'a convaincu. Mais à moitié. Car bon, non pas que je sois une feignasse mais mettre les mains dans la terre, côtoyer vers de terre et limaces, ce n'est franchement pas réjouissant tout de même. Je me suis lancée dans de nombreuses recherches car même si nous avons des anciens qui cultivent leur jardin depuis des décennies, nous voulions le faire en globalité, par nous-même : sans produits chimiques. Lorsqu'on le leur a dit, ils nous ont vite dissuadé et proposé de nous filer quelques graines empoisonnées (faut croire qu'on leur faisait pitié en pensant qu'un jardin 100% bio, ça existe). Mais il était hors de question de tomber dans la facilité. Pourquoi vouloir faire un jardin si c'est pour y mettre des produits nocifs ? Autant ne rien faire et acheter les fruits et légumes dans les supermarchés.

Je me suis donc documentée. Connaitre les dates de plantation, comment faire les semences, le dosage d'arrosage etc... En piochant ici et là des astuces de grand-mère (rien de tel ! (ceci dit, en passant, la menthe ne fait absolument pas fuir les fourmis)). J'ai appris qu'il fallait marier tel et tel légume, que le café éloigne pas mal de bestioles, que les planches ne servent pas uniquement de passage entre les lignes de plantations etc...



Mais concernant les courtilières, j'avoue que j'ai tout essayé mais c'est un coin tellement infesté que le peu d'astuces (naturelles) que nous avons testé ne sont pas assez efficaces... Et ces saloperies de bestioles ont failli avoir raison de nous. De notre jardin. On a eu beaucoup de pertes (des pieds de tomates, de courgettes, de radis, de salade, de concombre (bref, de tout)) avant même que ça commence.



Et puis, un jour, j'ai vu mes radis pousser. J'étais contente. Lorsque j'ai commencé à les cueillir, j'étais presque fière. Oui, il m'en fallait vraiment peu ! Mais voilà, j'étais contente de dire "Ca vient du jardin". Ca fait classe quand même... Ils sont certes moins beaux et moins gros mais m'en fous : ce sont mes radis.

Et je ne vous raconte pas pour le saule pleureur que je bichonne quotidiennement. Je suis contente à chaque centimètre qu'il gagne. En 3 semaines, il a presque pris 35 cm. Sans oublier la seule bouture sur les six du noisetier tortueux que j'arrive, pour le moment, à tenir en vie. Quant au concombre, retard sur le calendrier à cause du printemps que l'on a pas eu mais ce n'est pas grave, nous en aurons prochainement. Ainsi que des tomates, des courgettes, des poivrons et des piments.





Car oui, on a diversifié. Et même si ça demande pas mal de temps (le terrain est à 1 km de la maison, sur les hauteurs et nous n'avons pas encore de citerne donc chaque jour, c'est passage à la fontaine du village avec notre quinzaine de bouteilles en plastique), on prend plaisir à cultiver. Ca ne coûte rien et nous avons de très jolis légumes ainsi que des fruits (je ne vous parle pas de l'overdose de fraises sucrées et juteuses que Fred et moi nous sommes faite plusieurs fois). On a envisagé de planter des pommes de terre mais on a assez à faire avec les courtilières pour devoir supporter en plus les doryphores (et ça demande beaucoup de travail pour finalement pas gagner grand chose).



Certes, je ne me considère pas comme une fille de la campagne. La ville (une vraie grande ville, on s'entend) me manque parfois. J'aime la tranquillité et la solitude mais à petites doses. Mais je reconnais que j'ai beaucoup de chances d'avoir un petit coin de verdure qui a su me transformer (ça aussi c'est un bien grand mot).

Quoiqu'il en soit, l'année prochaine, on refera un jardin. Pas plus grand et peut-être avec les mêmes légumes. A défaut d'exterminer les courtilières, on plantera des fleurs entre les lignes qui sont connues pour être répulsives (si au pire ça ne fonctionne pas, ça fera toujours joli). Sans oublier que Fred a acquit le terrain voisin au sien ce qui double la superficie actuelle. En novembre prochain, on aura du pain sur la planche avec la bouture de pas mal d'arbustes qu'on a pu dégoter ici et là. Et nous avons des idées de décoration à mettre en place.

Bref, on s'occupe avec plaisir et pour dix fois rien. J'ai dit adieu à la manucure et bonjour à la terre entre les ongles. Je commence à me familiariser avec les vers de terre. Je suis toute contente de trouver un grillon sous une planche et que le café réduise un peu la construction de galeries des courtilières. Que Maman récupère des seaux de groseilles et un gros sac de bâtons de rhubarbe pour confectionner tartes et confitures etc...

Mon seul regret, à défaut d'avoir ma propre cuisine pour parfaire tout ça, c'est que Papa n'ait pas su me faire partager sa passion du jardin. Ca nous aurait tellement rapproché...

4 commentaires :

  1. Si j'avais su en lisant ton article que je serai tombée sur des photos d'insectes... Brrr, j'en ai encore froid dans le dos !

    J'aime ton article (mais pas les insectes!) par contre, j'admire, parce que cultiver, très peu pour moi...

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    1. Seconde parisienne qui n'aime pas les insectes (même en photo). Espèce de citadines va :p

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  2. c'est le genre de roman que j'aime!! je me reconnais tellement dans ce que tu écris!
    j'y croyais vraiment à moitié à ces histoires de potager, jusqu'à ce que je dévore mes premiers radis... après on se fait 'engrainer', et on fait des bisous à toutes les plantes qui poussent et on devient folle!!

    filles des villes, filles des champs...

    bisous xx

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    1. Grâce à toi, je sais que je ne suis plus la seule à m'extasier devant un radis et prendre en photo l'évolution de mes légumes ^^

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