Tenir un jardin : Le bilan

jeudi 17 octobre 2013 Ingrid | Mémorables oublis 0 Comments


Lorsque Fred a racheté le terrain de Papa, il n'était pas question de faire un jardin. Pas envie de se lancer là-dedans. D'autant plus qu'il faut le temps (et un chez soi, enfin, surtout une cuisine). Mais nous nous sommes laissés tenter par un petit 10m².

Les avantages :
- ça nous pousse à venir tous les jours, surtout par temps chaud et sec
- ça nous rapproche de la nature et de la tranquillité
- les économies ! C'est simple, avec tout ce qu'on a planté, nous en avons eu pour... 3€ ! Hormis la rhubarbe et les fraisiers qui étaient déjà là, nous avons récolté des graines de concombres et de poivrons. Le reste nous a été gracieusement offerts (pieds de tomates, poireaux, salades, courgettes).
- nous sommes plus sensibles aux problèmes écologiques. Aucun pesticide dans notre jardin et le compost est déjà bien rempli.
- découvrir l'évolution des légumes, comprendre pourquoi ils poussent mal, lentement ou pourrissent.
- L'hôtel à insectes n'est pas anodin au bon fonctionnement d'un jardin.

Les inconvénients :
- les courtilières. Nous en sommes infestés. Étant une espèce protégée, nous devons nous tourner vers les astuces de jardiniers mais rien à faire. Nous avons eu des dégâts, ce qui nous a poussé à semer plus que ce que nous souhaitions.
- et lorsque ce ne sont pas les courtilières, ce sont les orvets. Je n'en fais pas une phobie mais je m'en passerai bien. Surtout lorsque tu passes à côté et que tu le remarques près de ton pied. Ou lorsque tu veux cueillir des fraises et que ça te passe entre les mains. J'veux bien que ce soit l'ami des jardins mais qu'il fasse sa vie loin de moi.
- les mauvaises herbes sont un véritable calvaire. Si tu ne t'en occupes pas durant 3/4 jours, tu pleures. De plus, on ne peut pas dire que l'on va bâcher puisque ça serait attirer les courtilières (ces *bip* de bestioles squattent les endroits humides pour se protéger de la chaleur).
- même lorsqu'il pleut, il faut venir arroser la serre (les tomates entre autre)
- le voisin ! Fred et moi y voyons un paradis et au final, on se coltine la gazette du village. Cet homme, gentil soit-il, est très bavard et curieux. Nous pensons qu'il continue le jardin pour garder une vie sociale (car il y passe des journées entières mais son jardin est un vrai massacre visuel). Il est lourd, nous répète souvent les mêmes choses et nous tient surtout la jambe. On a beau le zapper, il nous suivra le long de la clôture. Et malheureusement, on ne peut pas lui faire comprendre qu'on veut être tranquille, que l'on vient au jardin pour nous ressourcer, que nous ne sommes pas et ne voulons pas être amis etc... Il est quelque peu susceptible. Et il est connu qu'il faut être bien avec son voisin (sauf quand il nous prend en photo sans notre autorisation).

En conclusion :
Nous sommes contents de notre premier jardin. Nous avons eu de bonnes récoltes même si ce fut sur le tard.

Pour les courtilières, nous avons trouvé la solution de mettre les légumes en pot, planté dans le sol. C'est ainsi que nous n'avons eu aucune attaque dans les pieds de poivrons et piments.

Au départ, nous devions cultiver que des radis et des concombres. Au final, on s'est retrouvés avec 9 sortes de légumes (je ne compte pas les fruits comme les fraises et la rhubarbe ainsi que les groseilliers et le framboisier).

Nous avons eu droit à pas mal d'astuces de jardiniers. Y a pas à dire mais rien ne vaut les techniques à l'ancienne !

Nous n'avons rien acheté hormis les graines de piments et de radis. Ce qui nous a valu un jardin varié pour moins de 5€ ! L'année prochaine, rien que pour ça, on s'y remettra sans hésitation.

En dehors du prix, il y a aussi le contact avec la nature. Cette fierté de voir qu'avec un peu de terre, du soleil et de l'eau, nous avons réussi à faire pousser des choses. C'est con mais tu ne rates pas l'occasion de préciser que "ça vient du jardin".

Avoir un jardin, c'est te (re)donner l'envie de cuisiner. Et je t'assure que c'est assez frustrant lorsque tu n'as pas de chez toi et donc, ta propre cuisine. Heureusement, Maman a un assez gros congélateur, essentiellement rempli de précédentes récoltes, pour y stocker les nôtres. Chose que l'on fera l'année prochaine. En attendant, je me contente de son mini-four qui me permet de retrouver le plaisir de la bonne cuisine et du fait maison.

Étant amatrice d'infusions et de plantes médicinales, je ne pouvais pas me contenter d'un potager. Je me suis donc fait une culture de thym et de menthe en pot. Là encore, par donation. J'ai déjà récolté les branches et les feuilles pour de futures infusions lors de l'hiver.

Pour l'année prochaine, nous testerons le fraisier et le radis grimpants. Une façon de limiter les dégâts causés par les courtilières (et avoir moins de travail à arracher les mauvaises herbes). Nous ajouterons également 3 pieds d'aubergines et des lignes d'oignons et de poireaux.

Vous remarquerez que nous semons rien qui réclame de l'entretien et du temps. Genre les patates et les haricots. Je veux bien me lancer dans un jardin mais je ne souhaite pas que ça devienne une obligation. De plus, je suis limitée dans mon amour pour les vers de terre, je déteste mettre les mains dans la terre et Fred a des soucis de dos qui font que le jardin, c'est à petite dose.

A côté du jardin, nous investirons dans des parterres de fleurs. Car c'est plus joli et puis, ça attire les insectes et les papillons. Mon mini-hôtel à abeilles fut un vrai succès pour sa première année. Les 3/4 des trous ont été bouchés. Je vais d'ailleurs voir pour construire un abri à coccinelles et à papillons. Ca ne coûte rien mais ça apporte beaucoup à la nature.

Bref, j'aurai aimé découvrir les joies du jardin bien avant cette année. Une passion qui prenait énormément de temps libre à Papa mais il n'a jamais su me la faire partager. Je suis contente et fière que le jardin de Papa perdure. C'est con pour certains car ce n'est qu'un bout de terrain mais c'était une partie de sa vie et en quelque sorte, nous reprenons le flambeau comme pour continuer à faire vivre ce que Papa a été et a fait durant plus de 20 ans... sur ce petit bout de terrain...

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