Aujourd'hui, parlons saloperie de bestiole

vendredi 23 mai 2014 Ingrid | Mémorables oublis 6 Comments


Si ça c'est pas du titre accrocheur ^^

Non parce que j'ai beau m'informer, je ne lui trouve aucun point positif à celle-là.

Bien qu'on ait un grand terrain qui donne sur une vue panoramique des montagnes vosgiennes, avec une terre magnifique pour cultiver, un silence des plus reposants, une chouette cabane, des voisins pas chiants (sauf un), des invasions de limaces vite tuées, des dizaines de fourmilières facilement délogeables, il y a qu'une seule chose qui pourrit cette perfection : la courtilière.



Papa s'en est toujours plaint. Une sorte de gros criquet brun au ventre jaune. A l'époque de mon j'm'en foutisme complet du jardin, je ne voyais pas, à première vue, ce qu'on pouvait tant lui reprocher. Depuis bientôt deux ans, j'en fais l'amère découverte : la courtilière fait énormément de dégâts dans les jardins.

Ceux qui pestent contre les limaces et les fourmis, j'ai envie de leur dire qu'ils ne connaissent pas leur bonheur. Les limaces vont dévorer les feuilles des plants. Les fourmis, si elles élisent domicile au pied d'un plant peuvent finir par leur tuer (dernièrement notre liquidambar). Ca prend du temps avant qu'elles ne tuent le plant. Des heures ou plutôt, des jours ! Tandis que la courtilière, avec elle, ça ne dure qu'une seconde.

La courtilière est pourvu de pinces tellement puissantes qu'il ne faut pas la prendre à mains nues. Elle sectionne tout sur son passage car elle a la flemme de contourner l'obstacle. Oui parce que ce n'est même pas pour se nourrir, c'est ça qui est encore plus rageant ! C'est ainsi qu'en une nuit, elle peut tuer pas loin d'une dizaine de plants. L'année dernière, nous avons perdu 7 pieds de tomates, un de courgette et quelques uns de fraises, salades et concombres.

Il est très déprimant de faire un jardin dans ces conditions. Ce n'est pas une question de perte mais de saccages. Oui, on peut faire plus de semis que ce que l'on souhaite au départ mais l'idéal serait de ne pas arriver le matin et découvrir les pertes.

La courtilière vit sous terre. Mais pas n'importe où. Elle aime se réfugier dans les endroits humides lorsqu'il fait bien chaud. Genre, elle aime aller là où l'on vient d'arroser. Et forcément, qui dit arroser dit racine dit venue de la courtilière et pas de pitié : elle coupe !

Pourquoi ne pas mettre de tue-courtilière ? Ah ah la bonne blague ! Car tout simplement parce qu'elle est protégée. Eh oui, cette bestiole qui fait des ravages dans les potagers est une espère protégée. Bon, je n'ai pas trop fouillé sur le net mais paraîtrait que c'est à cause des grillons tout petits, tout meugnons. Car le poison qui était donné à l'époque aux courtilières, était également ingurgité par les grillons. Alors plutôt que de fabriquer un produit qui intéresserait uniquement les courtilières, on a préféré la protéger. Ainsi, le grillon est sauvé. Belle connerie...

J'en ai fait des recherches pour trouver une solution afin de lutter contre les courtilières. Je vous les liste, soutien oblige entre victimes (même si je suis la seule jusqu'à présent parmis ma blogroll et mes lecteurs) :

- Verser de l'huile alimentaire premier prix (parce que faut pas déconner non plus) dans l'entrée principale de la galerie. La courtilière va en être imbibée et son premier réflexe va être d'en sortir. Pas de bol pour elle : soit on l'attend avec une pelle soit elle va mourir doucement.
- Y mettre de la marc de café car les courtilières ont l'odorat sensible (pov' peutchiotes). Bon, ça ne marche pas des masses. Disons qu'elles vont aller ailleurs, tout simplement. Ceci dit, à l'automne, nous investirons tout de même dans des fleurs fritillaires (leur bulbe est nauséabond pour les courtilières, ainsi que les taupes et les mulots). Si ça ne fonctionne pas, ça fera toujours des petits coins fleuris dans le potager.
- Mettre des planches entre les allées de légumes. Elles seront attirées par l'humidité et s'y logeront. Suffit ensuite de soulever la planche et des les choper. L'année dernière, on en a mis plein ! Alors oui, des galeries, on en a eu. Mais des courtilières, j'en n'ai pas le souvenir. C'est ici qu'est utilisé le poison. Des graines à mettre sous la planche. Aussitôt avalées que le système nerveux est attaqué. Oui, c'est moche. Mais crotte hein
- Avant les premières gelées, retourner le jardin avec du fumier frais. Technique souvent faite qui ne s'est jamais révélée efficace, dixit certains anciens.
- La plus radicale mais la quasi impossible : creuser entièrement son potager. L'entourer de bordures en béton et remettre toute la terre préalablement tamisée. Euh... Ouais.
- La technique de la boîte de conserve enterrée. Là encore, on l'a fait. Soit disant qu'elles y tombent et se noient. Courtilière 50 000 - 0 Nous.

Sauf que pour cette dernière méthode, on nous avait mal renseigné. Le mois dernier, un voisin m'a gentiment expliqué étape par étape. Et preuve en est que depuis le début de la semaine, ça fonctionne !

Car avant le début de la semaine, nous avons comptabilisé 6 pieds de betteraves et une vingtaine d'oignons d'attaqués (et encore, on aurait pu avoir plus de dégâts mais cette année, nous avons enterré des pots de fleurs en plastiques pour protéger nos tomates, aubergines, poivrons et courgettes). C'est tout de même un comble de jardiner en pot dans un jardin...

Au bord des larmes, j'ai mis en place la technique du bocal. Pour se faire, il ne suffit pas de faire un trou et d'enfoncer le bocal avec un peu d'eau dans le fond. Non non, c'est encore plus subtil que ça ! Car ce qu'on ne nous a pas dit l'année dernière, c'est qu'il fallait enfoncer le bocal de 2/3cm sous le niveau de la terre et arroser autour mais surtout, y mettre une planche dessus afin de conserver l'humidité. Ainsi, la courtilière va être attirée et elle est tellement conne qu'elle va tomber dedans et impossible d'en sortir.





J'ai écris cet article hier et depuis lundi, 4 courtilières sont tombées dans le piège. Nous sommes cruels mais ravis (oui, j'ai toujours du mal à tuer des insectes). Nous n'avons pas arrosé nos plants durant 4 jours afin que la courtilière se focalise sur les pièges.

Et pour finir, un peu d'informations sur la bête :

- Elle peut atteindre 10cm (on en a déjà chopé ainsi)
- Ses pinces peuvent vous sectionner un doigt (une grande tante à Fred en a gardé le souvenir)
- Elle possède des ailes (je n'en ai jamais vu voler) (puis se la prendre dans la tronche, ça doit chatouiller)
- Elle peut pondre jusqu'à 300 oeufs
- Elle sectionne tout sur son passage mais lorsque la racine est trop grosse, elle contourne
- Elle est omnivore
- Mangé grillée, elle est délicieuse (non, je ne me lance pas dans l'aventure)
- Ses prédateurs sont les oiseaux, les rats et les renards (ils foutent quoi bordel ?!)

6 commentaires :

  1. Mais ultra dégueu comme bestiole ! Je savais qu'il y avait des trucs bizarres dans les vosges mais ça je crois que ce n'est pas encore monté jusqu'en Moselle (je vais vérifier quand même).
    Et c'est vrai que c'est dommage de cultiver en pot dans un jardin XD
    En tout cas j'aurai appris quelque chose ce matin !

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  2. Tu n'as plus qu'à ouvrir un restaurant et les faire déguster grillées ! :D

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  3. très intéressant, je ne pense pas en avoir au jardin.. mais au cas où, je me souviendrait de ton piège!!

    mais j'ai un réel soucis avec les limaces, il va falloir renforcé le plant d'attaque... elles ont tué mon concombre long de chine!!! Il faut que je me fasse" un panier à limace et que soir et matin je parte en chasse!!! suis certaine qu'il y en a au moins 200 en ce moment en train de se balader sous la pluie!!
    bonne journée

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  4. Laide, méchante et inutile : aucune raison de culpabiliser !

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  5. Je n'avais jamais entendu parler de cette bestiole mais oh, quelle horreur !

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  6. Ben merdum! Surtout si elle peut sectionner un doigt!!!!
    Bon courage ! Et pas de pitié !!!

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