L'amitié, cette garce

mercredi 4 juin 2014 Ingrid | Mémorables oublis 5 Comments


Ce n'est pas la première fois que je vous parle de l'amitié. C'est un sentiment qui me tient à coeur. Bien plus que l'amour, dirais-je. Je pense ainsi, suite à mes expériences personnelles. Peut-être. Le fait est que bien que j'ai vécu une rupture amoureuse assez dévastatrice, aujourd'hui, j'ai remonté la pente (merci à Monsieur). Mais également merci à mon Poussin parisien. Je me souviendrais toujours de ce soir-là où mes idées étaient très noires, où j'hurlais entre mes larmes, couchée au sol, que je voulais en finir. Dans la nuit, je lui ai envoyé un SMS. Elle m'a appelé aussitôt. Elle a sacrifié sa nuit de sommeil, alors qu'elle travaillait le lendemain, pour m'écouter pleurer, me plaindre, crier. Elle m'a écouté sans broncher, sans hausser la voix, sans juger. Ecouter mon mal-être, mon envie d'en finir, ma solitude, mon pessimisme face à moi-même, aux autres, au futur. Elle m'a montré une fois encore que l'amitié, était la plus belle chose qui pouvait arriver. Et une fois de plus, cette nuit-là, j'ai pris conscience à quel point j'avais cette chance incroyablement belle de l'avoir dans ma vie...

Mais avant d'en arriver là, j'en ai vécu des vertes et des pas mûres. Dès le lycée pour tout vous dire. Pendant que certaines vivaient leur premier chagrin d'amour, moi, ce fut d'amitié. Nous avions le même âge mais je passais mon Bac un an avant elle. Elle a dû prendre conscience qu'on ne se verrait plus à la rentrée et c'est ainsi que durant ces deux mois de vacances, elle s'est éloignée. Je parle au conditionnel car encore aujourd'hui, je ne sais toujours pas pourquoi elle m'a abandonnée. Je ne fais que supposer. Et franchement, y a rien de plus terrible dans un deuil : ne pas savoir.

C'est là que j'ai commencé à avancer sur le chemin de l'amitié avec méfiance. Beaucoup de méfiance. Et ça ne s'est pas arrangé avec le temps puisque je me suis complètement enfermée. Jusqu'à mon retour de Belgique où j'ai fait connaissance, via un blog BD, de deux filles dont l'une nous a très rapidement convié dans la Capitale.

Elle, c'était Juliette. Toutes mes craintes se sont envolées avec elle. J'oubliais mes trahisons passées, je m'étais ouverte à elle, sans retenue. Je revivais "ma première fois amicale". Mais comme en amour, lorsqu'on veut aller trop vite, on gâche tout. Cette magnifique et très forte amitié s'est soldée en rupture express quelques mois après. Je l'ai bien vécu. C'est moche dit ainsi mais il y a eu des circonstances qui ont fait que j'ai ouvert les yeux avant que ça me tombe sur le coin de la tronche.

Sauf que, quelques mois après, j'ai eu envie (ou besoin ?) de me lancer dans la gueule du loup. Je suis revenue vers elle. Et on a repris nos échanges. A cette époque où j'allais mal. Bien entendu, ce n'était plus comme avant. Parfois, je m'en voulais d'avoir repris contact. La flamme n'était plus là mais je voulais y croire. Croyance à la con, je vous le dis ! Car il a suffit d'un week-end pour que j'ouvre les yeux (certains me diront ENFIN, IL ETAIT TEMPS !) sur la personne qu'elle est vraiment. Lorsque je l'ai raccompagné à la gare, j'ai su que ce n'était pas un au revoir mais bien un adieu. Sans aucun pincement au coeur.

Malgré tout, aujourd'hui, je lui en veux. Je lui en veux d'avoir joué de moi. De m'avoir manipulé. D'avoir fait de ce magnifique sentiment, une peur. Avec beaucoup de reculs et de remises en question, ce n'est pas mon amie de lycée qui m'a rendue froide et distante avec l'amitié. C'est Juliette. J'y avais tellement cru. A elle. A nous. En l'amitié...

C'est à cause d'elle qu'aujourd'hui, je suis distante avec les gens. C'est comme si, à chaque occasion qui se présente, j'avais un petit ange sur mon épaule pour me faire rappeler cette nana. Elle est comme une lampe qui clignote pour me signifier qu'il y a danger si je m'accroche à une personne. Et franchement, c'est lourd à force.

Par contre, elle n'a pas idée à quel point je la remercie, la bénis, l'adore, que dis-je ? Je l'aime pour m'avoir offert le plus beau des cadeaux. Sans elle, je n'aurai jamais rencontré mon Poussin. Ma précieuse. Ma pression. Mon unique. Ma Best...

Juliette, je ne sais pas si parfois tu viens fouiner ici mais sache que si tu as merveilleusement gâché le regard que je porte sur l'amitié aujourd'hui, tu auras trouvé plus forte que toi pour t'empêcher de détruire celle que je vis et ce, grâce à toi.

Alors, merci du fond du coeur ♥

5 commentaires :

  1. Ouchhhh bien balance! Je me reconnais dedans;l'amitie est tres fort pour moi, tres important, vital. Je me donne a fond et suis la 24h/24 pour mes ami(e)s. Certaines en ont abuse dernierement, d'ou changement de blog (elles avaient le lien...bad move d ema part!) et maintenant ....je me mefis. Je n'ose plus aller de l'avant, je ne veux plus me confier de peur de me retrouver dans une situation deja vecue.
    Je ne fais pas pour autant l'ermite mais garde plus mes distances avant de me confier

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  2. Ahah, moi c'est super rare que je rappelle quelqu'un la nuit, parce que JE DORS. Mon portable ne sonne même jamais, même pas la journée, ni ne vibre parce que j'ai pas envie d'être dérangée. Sinon, j'aime bien avoir des amis mais de loin... J'suis pas tout le temps en train d'appeler et d'envoyer des messages, j'aime bien qu'on se voit de temps en temps sans forcer. J'suis assez solitaire comme fille... Euuuh, et puis c'est tout :D

    J'espère qu'elle te lit, ça lui fera plaisir un petit message comme ça ^^

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  3. Je ne sais plus si c'est sur ton blog ou sur le blog d'une autre copinaute que je faisais cet aveu il y a peu : je n'emploie plus le mot "amie" que pour simplifier des présentations éventuelles.

    Je considère avoir plutôt des copines et je m'investis peu affectivement avec elles... Quand j'ai eu besoin de parler cet été sur un sujet difficile, je n'ai trouvé aucune oreille. Dire plus tard qu'on culpabilise de ne n'avoir pas été là pour moi, je m'en bats les couettes mais d'une force !

    Alors je comprends ta méfiance légitime...

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  4. Ton article me touche énormément... j'ai vécu ça aussi : ne pas savoir ! plus de 15 ans d'amitié, ma témoin, une personne précieuse, de la fusion et du jour au lendemain plus rien.. j'ai essayé d'e comprendre et il y a peu (après 4 ans de silence) j'ai envoyé un mail qui est resté sans réponse, me laissant avec ma douleur, mes doutes, mes angoisses, mes phobies et un rapport aux autres qui est horrible et dont je ne sais pas l'issue.
    J'ai un article du même genre qui traine dans mes brouillons mais sans happy end...
    Merci de ce témoignage, au moins je sais que la vraie amitié existe.

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  5. @carrie4myself : Je suis toujours aussi méfiante. Il n'y a que ma Best de Paris envers qui, je me dévoile totalement. Je ne l'explique pas... Quant aux autres, je leur donne du fil à retordre pour les laisser entrer dans ma vie ^^"

    @Xelou : Ah mais je suis comme toi : très solitaire, je n'aime pas qu'on soit sur mon dos etc... Je ne suis pas très téléphone alors que bon, c'est le seul moyen qui me lie à ma Best. Et elle fut honorée par cet article (enfin, pas la Juliette hein :p)

    @Mamzellepapotine : j'ai toujours différencié "amie" de "copine" et "connaissance". Je n'ai qu'une amie. Il m'a toujours été impossible d'en avoir deux d'ailleurs... Quant à être seule au moment où l'on a besoin d'une oreille, je connais ! Pas pour rien que j'ai créé un blog, faute de mieux...

    @Ophélie Poppins : Je sais ce que c'est car l'amie du lycée, j'ai tenté de la recontacter 2 ans après. Ma lettre n'a reçu aucune réponse. Deux ans plus tard, je me décide d'appeler chez ses parents. Sa mère me donnera quelques nouvelles d'elle. Puis 6 mois après, je rappelle et sa mère me dit clairement que Sabrina n'accepte pas que je vienne aux nouvelles. Ca m'a fait mal sur le coup car une fois de plus, je ne connais pas les raisons. Ce n'est pas faute de m'être remise en questions, d'avoir cherché où j'ai bien pu merder. Et puis, tu finis par comprendre que la vie est ainsi, que parfois, les gens entrent dans nos vies pour en sortir sans raison... C'est dur, c'est moche mais promis, on s'y fait !

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