Orpheline

vendredi 26 septembre 2014 Ingrid | Mémorables oublis 9 Comments

Tu m'as dit qu'il fallait toujours être plus intelligent que les autres.
Tu m'as dis que tu ne ferais jamais de préférence.
Tu m'as dit que jamais tu nous ferais subir ce que tu as enduré avec ta mère
Tu m'as dit que tu ferais tout pour tes enfants
Tu m'as dit que si on nous attaquait, tu sortirais les crocs...

Tout ça, tu l'as dit. À moi, à ton fils et à qui veut l'entendre. Pourtant, depuis quelques années, tu appliques tout le contraire. Avec moi.

Tu ne m'aimes pas. Tu m'as conçu car Papa te demandait de le faire père. J'ai d'autant pas eu de chance que je suis née sans pénis. Ca, je l'ai compris quelques années après la venue de ton fils. Au fil du temps, le favoritisme s'est installé. J'ai eu souvent honte d'être jalouse. De lui. De cette situation mère/fils. On me l'a même reproché... Ah financièrement, on est à part égale. Mais ton fric, tu n'imagines pas combien tu peux te le foutre bien profond. C'est l'amour d'une mère que je veux. Pas de billets bleus de temps en temps...

Ce 04 septembre, tu es allée loin. Très loin. Trop loin. En tant qu'humain. En tant que femme. En tant que mère. Je garde en mémoire la haine qui se dégageait de ton regard. Et dans celui de ton fils.

Trois ans que je suis mise à la porte parce que j'ai eu le malheur de ne pas avoir été désirée et qui plus est, je suis une fille. C'est la supposition la plus probable que j'ai trouvé puisque tu as toujours refusé de parler. Et bizarrement, tu agis ainsi avec moi depuis que Papa n'a plus ses facultés. Car tu savais que jamais il aurait toléré un tel comportement, surtout envers sa fille !

Contrairement à toi, la haine ne m'habite pas. Je ne te souhaite rien de mal. Ni à ton fils. Car ces valeurs que l'on m'a transmise dès ma plus jeune vie, n'étaient finalement pas les tiennes. Mais bien celles de Papa.

Pour ma part, j'ai décidé maintenant de vivre. Malheureusement de la manière que vous m'imposez. Continuez à me faire passer pour une lâche, une saloperie et tous les noms d'oiseau que tu m'as mis dans la gueule. Je ne peux  et ne veux plus lutter. Manger dans ta main durant des années pour espérer avoir un minimum d'amour en retour, ça bousille mon estime et ma dignité, tu n'imagines pas. Je suis fatiguée de me battre dans le vent. Contre toi. Pour toi. Pour moi. Pour nous.

Alors puisque tu me prives d'eux en disant clairement que je n'ai plus le droit de remettre les pieds chez mon ancien moi, adieu Papa. Adieu mon chien. Adieu mon chat. Je vous aime. Mais on ne me laisse pas d'autres choix. Il y a des actes et des paroles que je ne peux plus supporter. C'est vital. Et un cap a été franchi ce jour-là qui est tout simplement intolérable.

Les excuses ne sont pas toutes valables. Le pardon a ses limites que tes gestes ont largement franchi. (en même temps, vous êtes tellement fiers haineux et rancuniers, que je n'attends rien de bon de vous). Je ne parle pas de ton fils qui, de ses 26 ans, a osé se comporter de la manière aussi ignoble qu'il a eu envers une femme. Envers sa sœur. Mais bon, c'est toi qui l'as éduqué en même temps. Ca m'étonne à moitié...

Je te remercie de m'avoir rendu les dessins que j'avais dessiné en maternelle, qui t'étaient destinés. C'est ce qui m'a fait le plus mal. Je me doutais que tu ne m'aimais pas. Mais aujourd'hui, j'ai la confirmation de ton désamour envers ta fille. Je n'imaginais juste pas que ça datait d'aussi loin...

J'ai tellement perdu. Sauf l'essentiel. L'amour. Mais pas celui du sang. Le sang ne fait rien. Les actes font tout. Depuis trois semaines, j'ai un soutien énorme. D'un homme que j'aime encore plus qu'avant. De beaux-parents, plein de défauts mais dont le coeur de parents est magnifique (tu devrais y goûter car un vrai parent aime tous ses enfants, sans exception). Et puis, des petits messages, parsemés par-ci par-là...

Je leur/vous suis très reconnaissante.

Merci

25 / 04 / 1982 - 04 / 09 / 2014
04 / 09 / 2014 - ... / ... / ...


9 commentaires :

  1. Ton récit me laisse sans voix, sans mots... Je ne peux que t'envoyer un câlin virtuel.

    RépondreSupprimer
  2. Ahh ma choupi qu'est-ce que j'aimerais trouver les mots pour te consoler ou avoir une baguette magique pour tout effacer. Le plus dur doit Être le fait d'être éloignée de ton papa.... Prends soin de toi et Merci Fred. Pleins de Bisous ♥

    RépondreSupprimer
  3. C'est très touchant et surtout très triste... Prends bien soin de toi ! Peut-être qu'un jour ta mère voudra bien t'expliquer d'où ça vient...

    RépondreSupprimer
  4. J'en tombe de ma chaise. J'ai cru un moment que c'était une fiction avant de m'apercevoir que ce n'était malheureusement pas le cas.
    On vit une situation un peu compliqué dans ma famille aussi en ce moment, entre ma mère et mes grand-parents maternels (et forcément ma tante). L'une de mes sœurs refuse même de les voir et ma mère a coupé les ponts au moins temporairement tellement ce qu'ils ont fait/font va loin.
    Bref, ce n'est pas le propos, je t'envoie tout mon soutien. Prenez soin de vous et courage !
    Des bises
    Mariposa

    RépondreSupprimer
  5. D'enormes et tendres pensees pour toi et...TA nouvelle vie, ton nouveau futur.
    <3 <3

    RépondreSupprimer
  6. C'est horrible quand l'amour des parents n'est pas là. J'ai la chance d'avoir des parents et une soeur aimants (on nous appelle "la famille bisounours", ça veut tout dire); mais mon homme n'a pas eu cette chance. Sa mère alcoolique l'a rejeté, quand il a refusé de faire pour lui des démarches contre son père lors de leur divorce; père qui lui, ne lui donnait pas d'affection à l'époque mais favorisait le frère. Maintenant il s'entend bien avec son père et ils rattrapent un peu le temps perdu mais ce n'est pas pareil. Il a une belle-mère et une grand mère absolument adorables qui le soutiennent bien aussi à présent. Mais son frère, n'en parlons pas, a déménagé en France et ne donne aucune news. Quand il en donne, c'est pour déblatérer sur nous (chouette nouvelle apprise il y a peu) et crier à l'injustice. Alors que ce dernier a décidé de lui même de vivre en couple avec qqun qui ne travaille pas, passe son temps à bitcher sur toute personne qu'elle connait. Bref tu vois le tableau.

    Il en a beaucoup souffert, si bien qu'un jour il a senti comme toi que c'était "le point de non retour" tant vis à vis de sa mère il y a quelques années (qu'il considère désormais comme "morte"), que maintenant vis à vis de son frère. Comme toi, fatigué de se battre et de faire semblant. Il a eu des moments difficiles, de tristesse, de dégoût, de sentiment d'injustice et d'abandon, s'est dévalorisé... Puis, petit à petit, a remonté la pente en profitant petit à petit de chaque jour qui passe et de ses bonheurs. Je l'ai beaucoup encouragé aussi à reprendre confiance en lui (qqun qui te soutient, ça aide !).

    Je te souhaite vraiment de continuer à trouver la force en ta belle-famille, et ton homme, pour savourer chaque jour qui passe et t'ouvrir un nouveau chapitre plus heureux de ta vie. Plein de gros bisous et de courage ♥♥♥

    RépondreSupprimer
  7. Je ne sais que te dire. Sinon courage et plein d'amour.

    RépondreSupprimer