T'es mauvaise

dimanche 18 janvier 2015 Ingrid | Mémorables oublis 6 Comments


Qu'est-ce que j'ai pu l'entendre cette phrase de la bouche de ma mère. Et cette réflexion que son fils a dit à Fred tout au début de notre relation comme quoi j'ai un sale caractère, qu'il allait en baver avec moi. Il m'a avoué par la suite que ça l'avait un peu refroidi de se lancer dans notre relation...

Durant des années, en plus de mon manque d'amour et de confiance en moi, j'ai longtemps cru que j'étais une personne mauvaise. Forcément, lorsque ça vient d'une personne qui vous a mis au monde, éduqué et qui est notre modèle/pilier, on ne peut finir qu'à la croire.

Durant des années, j'ai culpabilisé d'être mauvaise. Culpabilisée de ne pas être une bonne personne, de ne pas être aimée par les personnes chères à mon cœur.

Mais, et c'est malheureux dans un sens, il a fallu l'événement de septembre dernier pour que j'ouvre enfin les yeux. A bientôt 33 ans.

"Tu es mauvaise".

Je peux maintenant le dire aujourd'hui : non, je ne le suis pas. Mieux : je le pense !

Je n'ai jamais été mauvaise. C'est juste que je n'étais pas aimée par ma mère. Mais était-ce de ma faute ? Là encore, je réponds non.

Durant tant d'années, je m'en suis voulue d'avoir du caractère. Un fort caractère. Mais pas sale comme on a voulu me le faire croire. Oui, je suis impulsive. Oui, je dis ce que je pense. Oui, quand je m'énerve, je crie. Est-ce que ça fait de moi une personne mauvaise ? Absolument pas.

Des réflexions, je m'en suis prise très souvent. Et ça venait toujours de ma mère. Jamais de Papa ni d'autres personnes. Et c'est seulement aujourd'hui que je m'en rends compte.

Si j'étais si mauvaise que ça, ça se saurait. J'aurais été mise à la porte bien avant. Je n'arriverais pas à me faire des amis. Je foirerais mes relations amoureuses, mes journées seraient faites d'engueulades, de cris et de pleurs.

Rien de tout ça. Et me voilà rassurée. À bientôt 33 ans, j'apprends seulement à me connaître. J'ai toujours reconnu mes défauts. Et celui d'être mauvaise n'en fait plus partie.

Je suis une femme qui s'affirme avec un fort caractère car j'ai décidé il y a une quinzaine d'années de ne plus me taire et encaisser. Mais je ne suis certainement pas mauvaise.

Oui, je dirai les choses pour rétablir la vérité ou me défendre. Mais jamais je l'ouvrirai pour faire du mal. Ce n'est pas ma vision de la franchise.

Oui, je crie lorsque je suis énervée. Mais mes interlocuteurs (mes proches tout du moins) connaissent mon fonctionnement : je me calme dans mon coin puis je reviens discuter calmement. Toujours. Car je suis pour la communication mais contre les non-dits. Et forcément, si ça ne plait pas, je parais mauvaise pour la personne en face de moi.

"T'es mauvaise".

C'est fou mais je me suis prise cette réflexion souvent dans les dents mais je n'ai jamais eu les arguments. Peut-être parce qu'il n'y en avait pas finalement.

Le plus important aujourd'hui est que je me découvre. Une nouvelle Ingrid. J'ai eu une longue période de réflexions sur ce que j'étais et sur ce que je suis. J'ai beau tourner dans tous les sens mais même si je me suis longtemps crue mauvaise sous les dires de ma mère, j'ai conscience que c'était son désamour qu'elle me crachait au visage. Mais certainement pas la réalité. Certainement pas ma personnalité.

Puis être mauvaise, qu'est-ce que ça veut dire en fin de compte ? Parce qu'en attendant, ce que j'ai vécu en septembre dernier, montre bien que les rôles étaient inversés.

6 commentaires :

  1. Coucou Ingrid !

    C'est vraiment fou, ton article aurait pu être écrit pour moi. Ma mère m'a toujours rabâché que j'avais sale caractère "comme ton père", et que j'étais radine "comme ta sœur". Ce qui fait que, sans chercher plus loin, toute ma famille a pris l'habitude de dire, même sous le ton de la plaisanterie, que j'ai un sale caractère et que je suis radine. Ils en ont tiré la conclusion que j'étais mauvaise.
    Donc je m'y étais faite, ok, c'est comme ça, j'ai un sale caractère et je suis radine... Mais finalement, je savais pas quoi faire pour changer ça, je voyais pas en quoi c'était le cas.

    Et pareil que toi, j'ai compris y'a peu de temps que je n'étais pas tout ça. J'ai un fort caractère, je l'admet, mais pas "sale". Je ne suis pas radine, j'ai juste pas envie d'offrir aux personnes qui m'ont reproché toute ma vie des choses fausses, et qui m'ont poussée dans un grand manque de confiance en moi.

    C'est franchement bien que tu aies pu te faire cette réflexion comme je me la suis faite, et j'espère que ça vas (et que ça t'as) vraiment t'aider. Je vois ça comme une page tournée, pour ma part. :)

    Des bisous !
    Léa

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  2. Je n'ai jamais vu de côté mauvais en toi et je t'ai connu avant l'événement de septembre... Mais il est tellement facile de se laisser "manipuler" par les paroles des autres, et surtout celles de ses proches. Tu es sur la bonne voie ma belle ♥

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  3. C'est quand on nous répète quelque chose encore et encore, et encore, qu'on finit par y croire malheureusement... surtout quand ça vient de quelqu'un de notre entourage... mais je trouve ça bien que tu aies surmonté ça !

    Ça n'a rien à voir mais dans le menu, à "ailleurs" tu as barré le "jolies" devant "photos". Si je puis me permettre, tu pourras le débarrer quand tu ne centreras plus autant tes sujets. J'ai remarqué que sur la plupart des photos le sujet était trop centré, donc il n'y a pas de mouvement dans la photo. Tu devrais essayer de respecter la règle des tiers, tu vas voir, après, ça ira tout seul ! :D

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  4. J'avoue que je me reconnais beaucoup dans ton article. Même si je dois dire que je ne suis pas encore vraiment sortie de ce schéma de pensée. Vivement le déclic !

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  5. @LEA : Ca fait toujours plaisir de savoir que l'on n'est pas seule à vivre ça... La suite de cet article, demain. Car s'en rendre compte et changer le regard sur soi, c'est totalement différent...

    @GINIE : Merci pour ton joli commentaire ♥

    @MELGANE : Qu'est-ce que je l'aime ce prénom ♥ La suite demain car j'ai du travail à faire là-dessus quand même... Quant aux "jolies" photos, tu n'es pas la première à me faire la remarque sur la règle des tiers. Un vilain défaut qui s'accroche -__-"

    @DARKGALLY : J'aurais préféré avoir ce déclic sans vivre les événements familiaux de septembre dernier... Je donne une suite à cet article demain car se rendre compte que l'on n'est pas ce que l'on pensait être, c'est une chose. Mais savoir ce que l'on est, en est une autre...

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  6. Idem, on m'a beaucoup collé d'étiquettes dans ma famille, et j'ai décidé que finalement, ce n'était pas vrai. Et que c'était un peu facile de toujours pointer du doigt. Depuis, je vis un peu plus en harmonie avec moi-même :)

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