Devoir justifier ses choix, encore et encore

dimanche 26 juillet 2015 Ingrid | Mémorables oublis 16 Comments


Début juin, dans un commentaire anonyme, on m'a demandée pourquoi je n'aimais pas les enfants. Je comptais y répondre puis, après réflexion, je me suis ravisée.

Pourquoi, une fois de plus, devrais-je justifier le fait que je n'aime pas les enfants, que je n'en veuille pas et que la maternité ne m'intéresse pas du tout ?! Non parce que j'aurais dit aimer les enfants, personne ne m'aurait demandé pourquoi je les aime. Personne ne m'aurait demandé de me justifier sur mon amour pour les enfants.

Là encore, une fois de plus, je me retrouve confrontée à une certaine société et à ses préjugés. Pourquoi interpelle-t-on les gens qui ne veulent pas faire comme tout le monde ? Pourquoi certains sont-ils si curieux du chemin tout tracé par la société que l'on ne souhaite pas suivre ? Pourquoi en 2015, est-ce si bizarre/anormal de ne pas vouloir d'enfant et que ces derniers m'indiffèrent totalement ? Pourquoi à 33 ans, n'ai-je pas le droit d'être heureuse dans un mode de vie qui me correspond ?

Et si pour une fois on inversait les rôles ?

Pourquoi vous aimez les enfants ? Pourquoi en voulez-vous ? Pourquoi en avez-vous ? Qu'est-ce qui vous poussent à torcher leur derrière, ramasser leur vomi, supporter leurs cris et leurs pleurs ? Pourquoi claquez-vous de l'argent dans des fringues, chaussures, peluches et matériel dont le gosse n'a absolument pas conscience ? Pourquoi, mesdames, prenez-vous le risque de mettre au monde un enfant handicapé, moche, malheureux, violent ? Pourquoi défigurez-vous votre corps à coups de vergetures, prise de poids, nausées, douleurs au dos ? Etc...

Vous me répondrez : Par amour. Par envie Par besoin. Etc...

Et je le comprends, l'accepte, le respecte totalement ! Ce sont vos choix, vos envies, vos besoins.

Mais ce ne sont malheureusement pas les miens. Malheureusement parce que ce sont ces genres de questions comme "Pourquoi ne veux-tu pas d'enfant ?" qui me font parfois me remettre en question sur l'anormalité que j'ai en moi. Et puis, je me reprends rapidement. Je suis NORMALE ! Je n'ai pas à m'excuser de ne pas vouloir materner. Oui, c'est moche pour celles qui veulent mais ne peuvent pas. Dois-je me sentir responsable ? Dois-je faire un enfant parce que moi je peux et pas elles ? Certainement pas !

Je me suis justifiée bien trop de fois sur ce blog et auprès des gens qui ont eu à me poser ces questions. J'ai décidé que je n'avais plus à le faire. On est en 2015, merde. Il est révolu le temps où il fallait absolument se marier et faire des gosses. J'ai déjà expliqué les raisons qui font que je ne veuille pas d'enfant. Et j'ai lu pas mal de blogs de femmes qui avaient la même vision que moi, les mêmes questions, ce devoir incessant de se justifier, les remises en questions, la confrontation face à des esprits fermés...

On vous laisse vivre votre vie avec vos choix et vos envies. Laissez-nous vivre la nôtre sans devoir être jugées et nous justifier.

16 commentaires :

  1. Oui, pourquoi la plupart des femmes veulent des enfants ? Ça m'échappe, je serais preneuse de réponses...

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  2. Moi ce n'est pas que je n'aime pas les enfants, ils sont sympa hein, mais l'idée et l'optique d'une maternité ne m'enchantent pas du tout... ni celles de devoir m'occuper d'eux quand ils seront grands... je ne me souviens pas avoir dit, petite, "j'aurais deux enfants"... j'ai jamais voulu d'enfants... Et quand je l'ai dit dans une conversation il n'y a pas si longtemps mon amie s'est fendue d'un "t'es jeune, tu changeras d'avis". QUOI ?! Mais non. Jeune, vieille, blonde, brune, verte à petit pois, habillée en coureur cycliste (même _ surtout ? _ la tenue fluo de la Tinkoff Saxo :P), en joueur de foot, en soubrette, avec un costume de dinosaure, si on me met un pistolet sur la tempe, qu'on me kidnappe ; non, je ne veux pas d'enfants et ça ne changera pas.
    La question du "pourquoi" je dirais est légitime, comme "pourquoi une maison et pas un appart' ?" ou "pourquoi un berger allemand et pas un labrador", ce n'est pas la question du "pourquoi" qui me dérange, c'est ce qu'il y a derrière. Le sous-entendu, comme mon amie, qui est "tu es jeune, tu vas changer d'avis" ou "mon dieu, elle ne veut pas d'enfant, quelle mauvaise femme !". Le pourquoi ne me gêne pas, mais le rejet des personnes qui posent la question, si.

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  3. Je voulais dire (et j'ai oublié, quelle drôle d'idée d'écrire un commentaire à 22h49 :P) que, s'il y a cette négativité envers nous, c'est parce que les femmes en France ont toujours fait des enfants... Je veux dire... Si on prend l'Allemagne il n'y a plus assez d'enfants pour combler la population. En France, on est toujours, depuis de nombreuses années, à 2 enfants par femme, et même 2,5, du coup, une femme qui ne veut pas d'enfant dans ce pays où les femmes continuent à en faire est mal vu. Mais je ne suis pas certaine que l'on soit aussi mal vues et incomprises de l'autre côté de la frontière.

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  4. Pareille. Je commence à ne plus vouloir répondre à ce type de question. C'est un choix, c'est ma décision, je n'arrive pas à comprendre pourquoi on en fait toute une histoire. Maintenant, quand on me demande, soit je réponds glacialement "parce que", soit je dis que je suis une c***** égoïste qui refuse de procréer....

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  5. Je pensais qu'on me ficherais la paix après mon hystérectomie, il y a quatre ans (j'avais donc déjà 45 ans). Que nenni ! On m'a dit : "bah... tu peux toujours adopter !". On ne peut pas être une femme et ne pas avoir envie de materner semble t-il, même en étant une vieille célibataire... Alors toi qui est en couple, j'imagine à quel point tu les laisse perplexes !

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  6. Je me retrouve totalement dans ton billet. Les enfants, je trouve ça mignons mais chez les autres. Je ne me suis jamais vraiment vue avec des enfants, je n'ai jamais ressenti ce besoin viscéral d'être mère. Aujourd'hui, à 30 ans, je dénote, mais je m'en fiche. On me dit tout le temps que j'ai le temps de changer d'avis, que quand je rencontrerai la bonne personne tout changera... et ainsi de suite... je dis "oui oui" pour avoir la paix parce que ça me saoule, mais je ne vois pas ce qui pourrait changer. C'est pas comme si j'avais hésité à un moment donné, c'est pas comme si je m'étais posé des questions... depuis le début, c'est une évidence pour moi. Décidément, dès qu'on ne rentre pas dans les cases, ça gène !

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  7. Je suis radicalement différente, dans le sens où j'aime m'occuper des enfants et que je souhaite en avoir, pour autant, je ne me verrais pas juger quelqu'un qui n'en souhaite pas. Je veux dire, mis à part en cas de soucis médicaux, on a le choix d'en avoir ou non, alors autant faire ce que l'on souhaite. Il n'y a pas de bien ou de mal. Si tu n'en veux pas, c'est ton droit. Après, les gens sont pour la majorité assez peu tolérants (et ce de manière générale) dès lors qu'on ne calque pas nos vies sur les leurs. Je me prends assez souvent des remarques quant au fait de ne pas en avoir déjà, et cette "pression" à peine dissimulée m'agace, à entendre certains ça sera bientôt trop tard, or à 25 ans je me dis que j'ai encore de la marge. L'essentiel c'est de suivre ses envies ;)

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  8. mais que tu as raison..... le respect ça s'appelle mais malheureusement il est souvent bafoué et derrière un écran c'est tellement facile !

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  9. J'avoue que c'est pénible d'avoir toujours à répondre à ce genre de questions. De mon côté, si j'ai des enfants, ok, si pas, ça m'epechera pas d'etre bien heureuse dans ma vie.

    Une amie m'a dit : mais si t'as pas d'enfants, tu vas finir seule !!
    Ah bon? toute ma famille et mes amis seront morts avant moi? dis donc j'en ai pas de bol ! :p

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  10. Il semblerait qu'on est toujours à justifier nos choix! Quand je n'en voulais pas, je n'étais pas normale et maintenant que j'en ai 1 et que je dis n'en vouloir qu'un, ben je ne suis toujours pas normale !

    Donc, comment dire? Ben, on fait ce qu'on veut tant qu'on est heureux et qu'on fait pas chier le monde,non? :-)

    Tu peux aussi répondre : Et si j'en fais 1, c'est toi qui va l'élever? ;-)

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  11. Comme je te comprends ! J'hallucine aussi d'entendre encre certains commentaires de ce type, et je subis aussi ce "harcèlement" en entendant ce genre de phrases : "bah alors, il est temps de trouver un mec si tu veux un gosse un jour" ! Moi je me suis toujours dit que j'en voulais, mais un seul. Et même ça apparement c'est impossible à entendre pour certaines personnes qui me disent "nan mais tu verras, tquand t'en auras eu un, bah t'en voudras d'autres". Ah ok, donc tu sais mieux que moi ce que je veux dans la vie et ce que je peux ressentir ? Argh, commes ces comportements m'agacent !!

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  12. Ma petite vie et ses grandes questions : Ton pseudo s'y prête bien :p

    Melgane : "Jeune, vieille, blonde, brune, verte à petit pois, habillée en coureur cycliste (même _ surtout ? _ la tenue fluo de la Tinkoff Saxo :P), en joueur de foot, en soubrette, avec un costume de dinosaure, si on me met un pistolet sur la tempe, qu'on me kidnappe", merci j'ai bien rigolé à visualiser tout ça :p Et la question "T'es jeune, ça arrivera", je crois bien que c'est la pire de toutes ! Et tu as raison, je pense que c'est assez français comme comportement. J'ai vécu 3 ans en Belgique et on ne m'a jamais questionnée. Ou alors, si, mais ça n'allait pas plus loin...

    Bulle : Ou comment leur clouer le bec en deux deux :p

    Lydie-Dee : Non mais même sur ton lit de mort, on va encore te suggérer quelque chose. Dingue ! Oui, au début que j'étais avec Fred, j'y ai eu droit. Ma belle-mère qui rêve d'être mamie a vite compris qu'il ne fallait rien attendre de moi. Par contre, son autre belle-fille ne peut donner d'enfant alors qu'elle en rêve. C'est elle qui m'a le plus saoulé au début...

    Amély-Mélo : A 6 ans, quand j'ai eu mon frère, je boudais. Je voulais rester seule. Je n'ai jamais été une grande soeur, une petite maman. Les couches, les biberons, les gouzi gouzi, ça n'a jamais été mon truc. Ah si, envers les animaux, je suis gagatte ! J'ai vraiment un instinct maternel... Les bébés, c'est mignon, en photo ^^

    Lina : C'est rare d'avoir quelqu'un de tolérant qui veut des enfants et qui n'en a pas encore. En tout cas, dans mon vécu. Mais j'ai l'impression que quoi qu'on fasse, on arrivera jamais à satisfaire tout le monde. Tu veux des enfants mais on trouve encore le moyen de te mettre la pression... Puis 25 ans, profite, t'as bien raison !

    Virginie B : Le plus dur a gérer, c'est avec les proches. Ils ont l'impression de mieux te connaitre et tentent de te faire changer d'avis... Ils avaient presque réussi à une époque !

    Alhera : J'y ai eu droit aussi à cette question... Fred a le même point de vue que moi, il n'espère rien du tout car ses amis qui lui disent "Elle changera peut-être d'avis, surtout lorsqu'elle va approcher de la quarantaine", il y a eu droit souvent au début de notre relation. Sa réponse "J'espère pas !" a bien vite calmé tout le monde. Mais on est très heureux à deux, c'est ça que les gens ont du mal à se dire...

    Emma June : Ah oui, pas bête, faut que je la note ^^

    Loraline : Quoique tu fasses, ça ne sera bien ni assez. Les gens sont désolants (les cons en tout cas).

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  13. Je redécouvre ton blog, après quelques mois d'absence sur hellocoton, je suis tombée sur ton article.
    Je dirai même qu'il peut s'adapter à la généralité. Personnellement, je pense que l'on doit toujours tout justifier en ce moment. Exemple tout bête; quand je dis que je ne pars pas en vacances on me dit "ah bon, pourquoi?". Et oui, cela deviens obligatoire, été = vacances = voyage. Ce monde dans lequel nous vivons est lourd!

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  14. Honte, je ne me souviens pas de toi...
    Tu as bien raison, on doit beaucoup se justifier pour pas mal de choses (enfants, permis, mariage, travail etc...). C'est fatiguant à force. C'est comme mon bronzage qui avait interloqué mon pharmacien l'année dernière. Pour lui, le bronzage ne se fait qu'au bord de la mer, loin de chez toi. Bah non, désolée, suffit de sortir...

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  15. Ton article est top et représente exactement ma situation. Je ne veux pas d'enfant car je veux profiter de la vie à 100% en voyageant avec mon chéri. On ne veut pas avoir de contraintes, de frein à notre liberté qui est bien trop précieuse à nos yeux. Malheureusement les gens ne sont pas très compréhensifs et jugent très rapidement. On nous dit très régulièrement qu'il est temps d'y penser, de se poser, parce qu'un enfant "c'est la vie", que c'est le but de notre existence et que l'on ne devra pas pleurer quand on sera vieux et seuls, sans famille. Bref, un tas de débilités, de préjugés. Ou aussi, la célèbre phrase: "Tu ne veux pas d'enfant, tu es égoïste!". Bref, je pense que dès que l'on n'est pas dans la ""norme"", ça dérange. A la limite les filles de 18 ans qui ont déjà 3 gosses sont mieux perçues que nous. Bref, le plus important est d'être en accord avec soi-même et il ne faut pas se soucier de l'avis des autres. Tant pis pour les petits esprits!

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  16. So Mode Addict : ah l'égoïsme, j'y ai eu droit aussi... Mettre un enfant au monde qui n'a pas demander à venir, c'est pas de l'égoïsme aussi ? Et tu as malheureusement raison quant aux femmes qui font des enfants très jeunes... Les gens sont bien plus admiratifs pour elles que pour nous qui pensons avec responsabilités. Car, oui, la liberté et les contraintes font partie de mes choix également de ne pas materner... En attendant, je suis heureuse ainsi et tant pis si je venais à pleurer ma solitude lorsque j'aurais 80 ans (de toute façon, qu'est-ce qui prouve que mes petits-enfants viendraient me voir d'abord ? :p)

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