Le contre-coup

mardi 15 septembre 2015 Ingrid | Mémorables oublis 4 Comments


Il y a un an, je débutais une nouvelle vie
. Bien malgré moi. J'ai tellement été surprise de la facilité que j'ai encaissé, assez durement tout de même, cet épisode que j'ai prévenu mon entourage : "Je ne sais pas ce qui va me tomber dessus mais ça va faire mal". Comprendre par là : le contre-coup.

Et ce contre-coup, il a débarqué en début d'été, soit 10 mois après la rupture familiale. Là aussi, je ne suis pas étonnée, je l'attendais. Sauf que même en étant préparée, lorsque ça arrive, t'as du mal à gérer.

En deux mois, mon couple a vu son quota annuel d'engueulades triplé. Je me suis lancée dans le sport espérant faire baisser la tension, me vider l'esprit. Échec cuisant puisque j'ai tout envoyé valdinguer, déçue de ne pas avoir perdue mes 18kg en 1 semaine (vous avez une idée de mon degré de patience quand ça ne va pas). Les récoltes du jardin ont toutes fini en bocaux. Je n'en profite même pas. Je me tourne plutôt vers les pizza Sodebo, les gâteaux apéros, les boissons à bulles. Je me suis achetée du matos photo professionnel pensant que ça me ferait du bien mais en fait, ça ne résout rien.

Le contre-coup, c'est aussi rêver de ma mère. Pourtant, je ne pense pas à elle et n'en parle pas durant la journée. Mais la nuit, parfois, elle est là. Je tente du mieux que je peux d'aller de l'avant, penser au moment présent mais les rêves ne se contrôlent malheureusement pas.

Je ne vous parle pas non plus de mon très peu de vie sociale que je réduis à néant depuis quelques semaines. Je félicite les quelques bornées (coucou Virginie) qui s'accrochent car moi, à leur place, je serais passée à autre chose depuis bien longtemps.

Le contre-coup s'est quelque peu transformé en dépression. Une petite car bon, je ne traîne pas au lit, je ne suis pas en pyjama toute la journée, je "sors", je souris. Bien que, je n'ai envie de rien. Mais je me force...

Au bout d'un an, je n'arrive toujours pas à expliquer comment ma mère et son fils ont pu agir de la sorte. C'est ce "pourquoi" qui me hante. Elle a eu beau dire que je suis une saloperie mais en attendant, ses actes prouvent du contraire. Que ce soit ma mère, mon homme, un étranger, je n'arrive pas à admettre que l'on puisse être aussi violent envers quelqu'un. Tant au niveau des gestes que des paroles. C'est ce degré de méchanceté (de haine ?) qui me poursuit encore aujourd'hui. Pourtant, de la violence, j'en vois partout. C'est devenu une banalité tellement ça occupe les médias au jour le jour. Je devrais y être préparée, vaccinée. Mais peut-être parce que c'est ma mère, c'est plus difficile... Je n'admets pas son comportement, d'autant plus que je n'ai rien fait pour mériter ça. J'en ai passé des semaines et des nuits à me trouver des responsabilités. Et lorsque des étrangers ont vent de cette histoire, ils répondent que ça ne les étonne même pas puis, les langues se délient et ça me fait beaucoup de bien de savoir qu'en fin de compte, la saloperie, ce n'est pas moi...

J'ai toujours dit que la famille, c'était une belle connerie. Parce que c'est la famille, faut faire avec, en mettre sous ses pieds, etc... J'en rigole. Une famille est censée être aimante, belle et soudée. Je suis née dans rien de tout ça. Je suis née et j'ai grandi avec les contraires. Donc lorsque j'entends "C'est ta mère". Oui et ? Parce que je suis sortie de son vagin, je dois lui dire Amen ? Et à tout ? Je l'ai fait plein de fois. Au bout d'un moment, j'ai décidé d'arrêter d'être conne. J'en paie aujourd'hui les conséquences.

Fort heureusement, il n'y a pas que le lien du sang dans la vie. Il y a l'amour et l'amitié. Même si cette dernière, je la fuis comme la peste. Car je ne peux pas me risquer à un nouvel échec, une nouvelle trahison. Mais bonjour contradiction puisque ce sont dans les mauvais moments que l'on a le plus besoin d'être entourée...

Le contre-coup a l'air de stagner. J'espère qu'il va partir vite. Car on a beau me dire que je suis forte, que l'on admire mon courage, on se trompe totalement. Ce n'est pas parce que je sors une connerie, fais un article joli, poste des photos drôles de mon quotidien banal, que je suis forcément forte et courageuse. On apprend à cacher ses larmes. On apprend à sourire par obligation. Parce que je pars du principe que mes proches n'ont pas à subir mes histoires familiales. Donc je prends sur moi. Et c'est ce qui me vaut aujourd'hui ce contre-coup. Car faire semblant n'a jamais rien réglé...

J'envie la maladie de mon père. Car il me suffirait d'oublier pour que tout aille bien. A défaut d'être réalisable, j'essaye de faire avec. De vivre avec cette période qui me suivra toute ma vie. Ca sera toujours là, ancré dans un coin de ma tête. J'aurais tellement préféré ne pas porter ce fardeau. Car il pèse lourd dans ma tête. Et dans mon coeur...

4 commentaires :

  1. Courage, je crois qu'il n'y a que le temps qui pourra t'apporter un certain apaisement. Des bises

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  2. Je te souhaite plein de courage, j'ignore s'il y a une réponse à ce "pourquoi" qui te hante, j'admets que j'ai du mal à comprendre qu'une mère puisse être aussi dure avec son enfant et ce quel que soit son âge... Je pense que seul le temps t'aidera, non pas à oublier, mais à rendre tout ça plus supportable, à rendre plus flou ce qui te blesse encore. Faire semblant, je connais, on prend sur soi, mais ça ne résout rien et viens le jour où la coupe est pleine. Accroche-toi et essaie de donner du temps au temps, je t'envoie plein de réconfort !

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  3. Et croquer la vie : Je perds patience de le trouver cet apaisement. Certaines me disent qu'un an, c'est long et d'autres, trouvent que c'est court... Mais moi seule peut juger bon du temps nécessaire pour m'en remettre... Merci A. ♥

    Lina : Merci Lina, c'est exactement ça ♥ Un deuil est plus difficile à faire lorsque la personne n'est pas morte. J'espère que le temps m'apaisera vite...

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  4. Le plus important avec la famille, c'est de savoir faire la part des choses entre ce qu'on pourra regretter par la suite et le détachement nécessaire pour se construire. J'ai pris de la distance avec mon père car c'est une nécessité pour que moi j'aille bien, même si je l'aime et qu'il est important pour moi, il a une influence souvent négative.
    Il faut faire le deuil de ta mère (courage hein) et refaire un "lien" avec ce qu'elle est vraiment. Et c'est toi qui choisira ce lien.
    Idem avec les amis, choisis le lien qui te relie à eux et décide que ce ne sera que positif. Bon j'arrête là mais ce sont mes expériences en hpnose qui m'ont aidé à faire le tri dans tout ça et je voulais partager mon ressenti.

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