L'arachnophobie au quotidien

vendredi 11 décembre 2015 Ingrid | Mémorables oublis 0 Comments


Pour les fidèles qui me lisent, vous n'êtes pas sans savoir que je suis arachnophobe : la phobie des araignées. J'en avais fait un article il y a quelques années où j'expliquais mes crises à la vue d'une araignée. Aussitôt que j'en vois une, je suis tétanisée, paralysée et je me mets à pleurer sans la quitter des yeux. Car si je ne la vois plus, c'est pire. Parfois, j'arrive à sortir un cri de ma bouche et alors, par chance si on m'entend, quelqu'un vient la tuer. Oui, la tuer. Je sais, c'est moche. Il y a d'autres solutions comme la mettre dehors ou l'aspirer. Mais à ce jour, c'est le seul moyen qui m'apaise. Parce que pour moi, c'est une araignée qui ne reviendra plus. Ne prenez surtout pas une de mes chaussures pour la tuer car je serai incapable de les porter à nouveau, gardant l'image de son corps aplati sur la semelle. Et je ne vous raconte pas ensuite cette vision de la famille qui vient la venger (ne vous moquez pas. Je ne suis pas folle. J'ai découvert un groupe Facebook il y a quelques années où nous étions des centaines à penser ça).

Voilà. Vous avez une idée de ce que je vis lorsque je vois une araignée. Mais ça serait tellement plus simple si ma phobie s'arrêtait à ça. Car il ne suffit pas de crier/pleurer durant 5min. Il y a des moments, des endroits qui font que ma phobie n'est jamais loin. Tout du moins, je parle dans mon cas. Certains auront une peur panique d'une photo d'araignée ou d'en voir une à la télé. Moi, ça ne me fait rien du tout. Car j'ai conscience que ce n'est pas réel. Je sais qu'elle ne va pas se réfugier derrière un meuble.

Ma phobie, je vis avec au quotidien. Alors oui, dis ainsi, c'est énorme ! Mais laissez-moi vous raconter pour mieux comprendre...

Pour commencer, peindre en blanc l'intérieur de la cabane du jardin ainsi que la chambre, ce n'est pas par goût. Bien que j'aime les pièces claires, c'est avant tout pour mieux repérer les éventuelles araignées qui squatteraient un mur, un plafond, une plinthe. Il ne se passe pas un jour sans que je me traîne cet automatisme. Surtout dans les pièces où je dois m'enfermer. A chaque fois que je me rends aux toilettes, je scrute d'un rapide coup d'oeil tous les coins. De haut en bas. Seulement après, je peux verrouiller la porte. Et ce, depuis que je me suis retrouvée enfermée avec une araignée. Ça ne me quitte plus. Idem pour la salle de bains où j'ai retrouvé une araignée dans la douche. Je me suis lavée au lavabo durant une semaine avant de pouvoir rentrer de nouveau dans la cabine. Alors forcément, la chambre fait également partie des pièces que je scrute minutieusement car même si elle n'est pas fermée à clé, c'est la pièce où je dors et donc, je ne suis plus du tout maître de la situation. Plusieurs fois dans la soirée, lorsque je regarde la télé, lis un livre ou suis sur l'ordinateur, je regarde l'ensemble de la pièce au cas où une araignée aurait débarqué entre temps. Rassurez-vous, je ne le fais pas toutes les 5 minutes mais 2 voire 3 fois dans la soirée. Il faut que je sois certaine de pouvoir me coucher avec sérénité.

Et bien entendu, ce que je vous raconte là, c'est valable du 1er janvier au 31 décembre. Mes crises, je les vis surtout en été lorsque les araignées recherchent de la fraîcheur et que donc, les fenêtres sont ouvertes. Lorsque l'été approche et touche à sa fin, je sais que je vais passer de longues soirées sur le qui-vive. Il y aussi le fait que j'ai du mal à nettoyer derrière un meuble, bouger le tableau. Au cas où je délogerais une araignée. Alors je dois demander à Fred de regarder derrière pour que je puisse faire la poussière sans problème.

Bien entendu, physiquement, ça ne m'atteint absolument pas. Mais moralement, c'est fatiguant. C'est épuisant d'être angoissée surtout durant les fortes périodes chaudes. Je ne sais pas profiter d'une soirée d'été. Même avec la moustiquaire et le bas de la porte bouché, je ne suis pas sereine. En plus, j'ai fait l'erreur de mettre un parquet qui ne me convient pas. Ce n'est pas ma chambre et ce n'est pas moi qui paye alors j'ai laissé Fred choisir. Bien qu'il demandait mon avis, j'ai choisi celui qui lui plaisait. Il est très joli comme parquet, imitation vieux bois. Je l'aime beaucoup mais pas pour ma phobie. Le vieux bois est trop contrasté. Il y a des imitations de nœuds qui font penser à des araignées. Des tâches qui deviennent sombres le soir et j'ai parfois des petits sauts de panique pensant qu'une araignée vient de débarquer alors qu'en fait, c'est une tâche du parquet. Ça m'apprendra de n'avoir rien dit. Je le paye maintenant...

Une phobie a peu de logique. Certains ont peur de l'eau car ils ont vécu un traumatisme durant l'enfance donc ça se comprend. Mais quelqu'un qui a peur d'une banane n'a aucune explication pour justifier sa panique devant ce fruit (je pense à la chanteuse Louane). Alors oui, on en rigole mais je la comprends et j'ai de la compassion pour elle. Car moi, les araignées, je n'ai rien vécu de traumatisant dans le passé pour expliquer ma peur d'elles. Autant je trouve les mygales très jolies avec leur manière de bouger très gracieuse, autant les grosses araignées brunes, des jardins, non franchement, je ne peux pas. Et en parlant de jardin, je ne vous raconte pas pour les vers de terre et surtout, les orvets lorsqu'il fait chaud...

Je dois vous faire une révélation : je n'arrête pas de guetter autour de moi, surtout sous le bureau. Sait-on jamais si le fait de parler araignées les faisait venir. Donc je vais m'arrêter là, vous souhaitez une bonne journée. Un bon petit café m'attend ^^

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