Neuneuil à l'hosto

vendredi 6 janvier 2017 Ingrid | Mémorables oublis 8 Comments


Neuneuil est le surnom que Fred me donne depuis 3 semaines. Et comme j'ai envie d'écrire, l'article va être long (alors que je suis censée éviter le PC durant quelques jours).

Début décembre, je bidouille sur le PC ce qui sera le thème actuel de ce blog. Je me frotte l'oeil droit et découvre que je vois légèrement flou de l'oeil gauche. Il faut savoir qu'à ce jour, je n'ai jamais eu aucun souci oculaire. 10/10 à chaque oeil, pas de lunettes (sauf de soleil) ni de lentilles. Du coup, ce léger flou ne m'inquiète pas tant que ça, le mettant sur le dos d'une petite fatigue à être trop longtemps devant l'écran.

La semaine avant les fêtes, une gêne s'installe, sans plus. Je suis du genre à reporter mais là, je me suis surtout dit : "Tu t'occuperas de ça après les fêtes". Sauf que mon oeil en aura décidé autrement. Le mercredi, la gêne s'accentue un peu plus. Le lendemain, je n'en pouvais plus. Ca me lançait derrière l'oeil, je ne pouvais plus voir le jour, un écran (sauf celui de la télé) et la lecture pouvait se faire mais à petites doses à chaque fois.

Ne me voyant vraiment pas passer une journée de plus tout en sachant qu'avec les fêtes, ça allait être la galère, j'ai pris les devants. J'ai contacté une quinzaine d'ophtalmo (soit complets soit en vacances). Je me résigne donc à passer par la case hôpital mais pas les urgences, estimant que mon cas n'étant vraiment pas préoccupant. Les trois premiers hôpitaux furent un échec. Le service est, là aussi, soit complet soit en vacances. Au 4ème hôpital, la secrétaire me propose de m'orienter vers l'Alsace pour une prise de RDV avec un ophtalmo car l'attente est moins longue. Deux mois. La bonne blague... Elle a dû me prendre en pitié car elle me fixe un RDV dans l'après-midi.

Pauvre Fred qui bosse de nuit, donc levé à 3h, revient me chercher à sa sortie de travail. Même pas le temps de manger ou faire une pause qu'il m'emmène à moins de 500m de... son lieu de travail.

Je ne suis pas très hôpital. Pas habituée à m'y rendre. En même temps, lorsque tu y vas, c'est jamais de manière joyeuse.

Accueil correct, secrétaire du service ophtalmo sympathique et on patiente une bonne demi-heure avant que je sois prise en charge. C'était l'interne ce jour-là. Lui aussi bien sympathique. Il m'a détecté une conjonctivite. J'en ai déjà entendu parler mais comme dit plus haut, n'ayant jamais eu de soucis de vue, ça reste l'inconnue totale pour moi. Il a répondu à toute mes questions, il m'a bien expliqué ce qu'était la conjonctivite. Il a même accepté, après avoir un petit peu insisté, de vérifier si je n'avais pas de glaucome (ma mère l'ayant eu à l'aube de ses 40 ans). Rien à signaler à ce niveau-là. J'ai toujours une parfaite vue, juste une simple conjonctivite.

Je suis donc partie pour deux semaines de soins des plus banals : des gouttes 3/4 fois par jour. J'ai passé une nuit de merde. J'ai vraiment eu l'impression qu'on me poussait l'oeil de l'intérieur, tellement ça me lançait. Fort heureusement, plus aucune douleur depuis cette nuit-là.

Hier fut mon dernier jour de soins. Sauf que la veille, la douleur est revenue. Pas d'écran, volet baissé à me retenir de frotter l'oeil. Il m'irritait tellement que dans la nuit, je me suis mis 3 doses de sérum physiologique car ça m'apaisait pendant un court temps. Au matin, j'ai hésité à me rendre chez mon médecin traitant. Me renouveler l'ordonnance pour la conjonctivite alors que j'ai de nouveau mal deux semaines après ? Pas une bonne idée... J'ai donc décidé de rappeler l’hôpital. Rendez-vous fixé dans l'après-midi. Rebelote, Fred va devoir veiller et faire le taxi.

J'arrive à l'accueil. L'autre est d'une amabilité incroyable. Elle aurait pu, elle m'en aurait collé une tellement je lisais sa nervosité sur son visage. Précision : lorsque j'ai cherché le numéro de téléphone de cet hôpital, j'ai découvert les avis que les gens ont laissé sur Google. Avis tous négatifs et l'accueil du personnel est largement critiqué. Et je confirme ! La secrétaire du service ophtalmo ainsi que l'interne que j'ai eu il y a deux semaines sont les seules personnes agréables et polies que j'ai eu affaire.

Salle d'attente. Mon tour est arrivé. J'ai entendu mon nom dans le couloir. Le temps que je sorte de la salle d'attente, une blouse blanche entrait dans une autre salle au fond du couloir. J'ai supposé que c'était l'ophtalmo. J'ai accéléré le pas. A ce jour, j'attends toujours qu'elle réponde à mon bonjour lorsque je suis entrée dans la pièce...

Je me suis assise là où elle m'a dit de m'asseoir (la chaise pour l'auscultation) puis elle est allée sur son ordinateur, cachée par une grosse machine. Elle m'a demandée ce que je venais faire là. Tout simplement, je lui réponds ceci : "J'ai de nouveau mal à l'oeil suite à une conjonctivite soignée depuis deux semaines".

Et là, la réponse qui tue : "Je ne vous parle pas d'il y a deux semaines mais d'aujourd'hui".

Je ne sais pas si cette douleur est due ou non à ma conjonctivite mais je trouvais de bon sens d'en faire part. Non ? Bah non.

Elle commence à faire les tests mais comme il y a un bruit qui vient de ma gauche et que je suis sourde de l'oreille droite, je lui demande de parler un peu plus fort.

Seconde réponse qui tue:  "Va falloir consulter un ORL".

Ce n'est pas comme si je le faisais tous les deux ans depuis trente ans. Mais bon, t'as l'air d'en savoir plus que moi-même...

Elle fait les tests. Puis, la machine s'éteint. Elle n'en avait pas fini. Elle n'a pas réussi à la rallumer.

Troisième réponse qui tue : "Bon bah on va en finir là"

Machine 1 - 0 Ingrid.

Durant ces quelques minutes de tests, je l'ai entendu dire "Parfait", "C'est bon", "Il n'y a rien". L'angoisse qu'elle me dise que tout va bien m'envahit. Manquerait plus que ça quoi...

Elle repart à son ordinateur et me prescrit deux collyres (tout va bien mais elle me fait une ordonnance ?). A moi de choisir lequel des deux je souhaite prendre. OK. Depuis quand c'est au patient de savoir quel soin, quel médicament lui sera le mieux adapté sachant que, me concernant, je ne sais toujours pas ce que j'ai ? J'ose quand même la question sur le choix que je dois faire.

Quatrième réponse qui tue : "Je ne peux pas décider pour vous".

Je me dis qu'elle fait sûrement référence aux médicaments remboursés ou non, que c'est d'ordre financier. Même pas puisqu'à la pharmacie, je n'ai rien eu à débourser.

Ce n'est pas que je sois butée mais bon, quand je vais consulter, c'est que j'ai un problème. Et ce problème, j'aimerais au moins le connaitre, savoir comment le régler. Je lui demande si ma conjonctivite est guérie et/ou s'il y a un rapport.

Cinquième réponse qui tue : "Je ne peux pas juger quelque chose que je n'ai pas moi-même détecté".

Putain mais t'es conne ou quoi ? Ça te fracturerait la mâchoire de m'expliquer en deux phrases ce que j'ai ?! C'est un minimum, je sais pas. Puis j'insiste avec cette question parce que je veux savoir ce que j'ai, pourquoi je l'ai : "Est-ce le fait que je n'ai pas porté de lunettes de soleil durant ces deux semaines ?".

Sixième réponse qui tue : "Je ne connais pas votre mode de vie".

En même temps, le peu de fois que je l'ouvre, tu me rembarres. Ce n'est pas comme s je voulais parler de la pluie et du beau temps.

Elle m'a tendu l'ordonnance en me disant froidement et droit dans les yeux "En tout cas, ça ne méritait pas une urgence".

J'étais tellement pressée d'en finir avec elle que je n'ai pas relevé.

Que j'aille aux urgences pour un bobo à l'oeil et qu'on me dise que j'exagère, je comprends. Mais que j'aille à une consultation et qu'on me réponde ça, non là franchement, ça ne passe pas... Je ne me voyais absolument pas prendre un RDV où il faut attendre 2 à 6 mois. Il m'a suffit d'une seule nuit pour avoir mal. Tu sais, les grains de sable sous la paupière, un cil qui se promène dans ton oeil, une poussière ou je ne sais quoi d'autre, personne ne trouve cela agréable. Surtout lorsque tu n'as pas de sable, ni de cil ni de poussière dans l'oeil et que ce même oeil est en cours de soins depuis deux semaines et que plus tu le touches, plus t'as mal.

Sur le chemin du retour, j'ai consulté Internet. C'est grave d'en arriver à ce point : demander à internet ce que le médecin t'a prescrit. J'ai donc des larmes artificielles (du collyre) plusieurs fois par jour durant un mois.

C'était tellement compliqué de me le dire de vive voix...

La pharmacienne a confirmé ce que je pensais mais c'est toujours mieux lorsque c'est fait par le médecin (elle-même ne l'étant pas) : j'ai une sécheresse de l'oeil et il y a de fortes chances que ce soit dû à mes soins de ces deux dernières semaines. Elle m'a expliqué l'ordonnance et m'a conseillé de prendre les deux collyres. Elle m'a également conseillé d'éviter les écrans au début (la fille qui, à peine rentrée, pond ce roman), de porter des lunettes de soleil et d'éviter de me frotter les yeux. C'est logique mais là encore, c'était à l'ophtalmo de me dire tout ça.

Je suis donc partie pour un mois de traitement. Je ne m'en plains pas du tout. Tant que ma vue reste intacte, ça me va. Par contre, il est clair que je ne ferai plus affaire à cette ophtalmo à l'avenir. Si elle n'aime pas son travail, qu'elle change. Si elle n'a pas le choix, qu'elle prenne sur elle. Surtout dans un métier où le contact humain est primordial.

8 commentaires :

  1. Mais quelle conne !! Je crois que je ne serais pas sortie de la salle sans lui dire "merci pour l'amabilité" !!!

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    1. Je lui ai dit au revoir sans sourire. Pourtant, je suis très joviale comme nana mais là, y a eu de l'abus

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  2. Malheureusement, comme souvent, le personnel du service public est pressé comme un citron, il faut toujours en faire plus avec moins de moyens, pour des patients toujours plus nombreux face au manque de médecins et de spécialistes en libéral. Alors oui, parfois, nous se sommes plus que des bouts de viandes ou des numéros, mais ferions-nous mieux si nous étions à leur place. Je ne dis pas que c'est normal (bien au contraire!) mais je dis que c'est compréhensible. Bon courage pour la suite

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    1. Je ne peux pas juger puisque je ne connais pas le service public hospitalier (ce n'est que la seconde fois en deux semaines que je m'y rends). Et je n'ai vraiment pas la prétention de croire que je peux faire mieux qu'eux. Je parle uniquement de mon expérience avec cette ophtalmo. Je ne mets pas tout le monde dans le même panier et critique encore moins la profession (pour preuve, ça s'est très bien passé avec l'interne). Alors oui, ils ont un manque de moyens et d'effectifs (je les plains !), mais est-ce une raison pour s'en prendre aux patients ? Personnellement, je ne le crois pas. Je suis sortie de la pièce sans savoir ce que j'avais. J'ai dû aller sur Internet pour chercher ce qu'elle m'avait prescrit. Je ne pense pas être exigeante, demander l'impossible. C'est vraiment ce point-là qui m'a énormément choqué !

      Mon oeil va un peu mieux ^^
      Merci pour ta visite Mathilde ;)

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  3. No comment... Quand tu tombes sur des zozos comme ça, tu demandes s'ils savent ce que c'est le serment d'Hippocrate...
    Je veux bien comprendre qu'il y a compression de personnel, baisse des moyens alloués aux hôpitaux etc... Mais les patients n'y sont pour rien.
    Bref, j'espère que ces collyres vont te retaper ton neuneuil et que cette saleté de conjonctive ne sera plus qu'un lointain souvenir...

    Bisous et bon courage pour le froid (Brrrr ! -9°C ce matin en Alsace centrale.)

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    1. De l'autre côté de l'Alsace, il a fait -11. J'ai quand même tenté une sortie hier mais mon oeil n'a pas apprécié (malgré les gouttes, l'absence de vent et les lunettes). La douleur est partie, il me reste la gêne ^^
      Quant à cette ophtalmo, je plains ses collègues si elle se comporte de la même manière...

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  4. Effectivement, elle ferait peut-être mieux de changer de boulot vu la façon dont elle traite ses patients. C'est lamentable !
    Il y a quelques mois, le premier chirurgien auquel a eu affaire une de mes tantes était aussi dénué de tout humanisme (du genre à ne pas dire bonjour en entrant dans la chambre, à commencer à la dénuder et l'ausculter sans avertir personne et encore moins ma tante.) Sans oublier qu'il lui parlait comme à un chien. J'ai été choquée par ses manières, son manque de respect et sa froideur, j'avais vraiment envie de le baffer.
    Certain(e)s devraient s'abstenir de travailler dans le domaine de la santé et du social -_-
    Bon courage pour ton oeil sinon, j'ai eu une sécheresse oculaire en Août et je me rappelle que c'était bien gênant et douloureux !

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    1. Le pire, c'est que ce médecin ne tolérerait pas qu'un confrère se comporte de la sorte avec sa femme ! Ils font tellement leur travail (bien ou mal, ennuyeux ou non) qu'ils en oublient le côté humain qui est si important... J'ai une proche qui a été quelque peu choquée suite à une mauvaise expérience avec une gynéco. Elle s'y rendait en dehors du check up annuel, c'est qu'il y avait un souci. Aucune compassion... Ca me choque...

      La douleur est parie, il me reste la gêne. La sortie d'hier n'était pas encore convaincante... Merci !

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