Ce besoin d'écrire

mercredi 29 mars 2017 Ingrid | Mémorables oublis 2 Comments


J'ai toujours écrit. J'ai toujours aimé ça. J'ai des centaines de poèmes (500/600) que j'ai écrit durant l'adolescence. Certains tiennent des journaux intimes, moi, je faisais des poèmes. Et des poèmes pas toujours joyeux. Car ce besoin d'écrire se ressentait surtout lorsque je n'allais pas bien. A défaut d'avoir quelqu'un à qui me confier, je le faisais par écrit.

J'ai relu ces poèmes il n'y a pas longtemps. Forcément, on se rend vite compte qu'ils ont été écrit par une adolescente mais ils ne me laissent pas tous indifférente. Preuve qu'écrire nos émotions du moment, ce n'est pas inutile quelques années après.

Puis, il y a eu Skyrock, passage éphémère où je postais surtout des conneries que je partageais avec mon petit clan virtuel. J'ai vite migré ensuite sur Blogger afin d'y mettre uniquement mes poèmes. C'est lorsque j'ai débarqué en Belgique et profitant de mon travail dans l'infographie que je me suis créée un site personnel de A à Z. J'y racontais mon quotidien, j'y postais mon travail. J'aimais ça. J'aimais surtout le fait que je pouvais venir me relire plus tard.

Et vient Mémorables Oublis. Rien que son nom me tient à coeur car il a été choisi pour parler de la maladie de Papa : Alzheimer. C'est paradoxal mais cette maladie m'a fait du bien. Ou plutôt, l'écrire m'a fait du bien. Je parlais de la maladie, l'évolution, le quotidien, les moqueries, le regard des gens, leur comportement, que ce soit des étrangers, des proches comme de la famille. C'était en quelque sorte, ma thérapie. A défaut de claquer de l'argent et du temps chez les psy, je me confiais ici. Et croyez-moi, être lue et commentée, ça m'a apportée beaucoup de force ! J'avais même songé à en faire un livre. Quelle prétention ! Je m'étais mise à rêver que raconter la vie de Papa, atteint de la maladie d'Alzheimer à 52 ans, ça pouvait le faire. Je n'aurais même pas profité de cet éventuel succès puisque j'aurais reversé l'argent à l'association concernée. Mais les choses ont fait que Papa a quitté ma vie et que je n'ai pas pu ne serait-ce qu'espérer ce petit projet que je n'aurais, de toute façon, jamais osé vivre, ça se peut...

Alors j'ai dû revoir mes écrits sur ce blog. Et je me suis vite lassée. J'ai arrêté le blog durant l'année 2016. Mais j'ai continué à écrire. Ce besoin est toujours là, je ne l'explique pas. Je suis tiraillée entre oublier le passé et l'alimenter. Il y a des moments de ma vie, des personnes, que je souhaite oublier. Et il y a cette peur d'oublier des moments, des paroles, des regards. Cette peur s'est accentuée il y a bientôt un an. Depuis ce jour, j'accorde encore plus d'importance à l'écrit. Je n'en fais pas une fixation mais j'ai pris conscience que le souvenir pouvait devenir flou voire disparaître avec le temps. Et ça, je ne peux pas l'accepter. Je sais combien la perte de mémoire peut faire mal. A soi comme aux autres.

Mémorables Oublis, c'est l'endroit que je prends le plus plaisir à relire. Beaucoup moins depuis que je ne peux plus parler du quotidien de Papa mais j'ai toujours aimé cet endroit. Et bien qu'il ne soit pas intime, ce partage apporte également du bien. Même si mes écrits ne seront jamais imprimés, même si je n'écris plus sur un sujet sensible, je m'en fiche. J'aime mettre par écrit ce que je ressens, ce que je vis, ce que je pense. Mais surtout, j'aime l'idée de les savoir quelque part. Car cette peur d'oublier s'accentue au fil du temps et je ferai tout pour l'alléger.

Et il en est de même avec la photo...

2 commentaires :

  1. L'écriture est exutoire. Pour d'autres, c'est le sport et pour d'autres encore, le dessin etc...
    Ce n'est pas donné à tout le monde de savoir écrire en choisissant les bons mots etc... En tout cas, c'est toujours un plaisir de te lire et ceci, quelque soit le sujet. ☺

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  2. C'est fou, je ressens exactement la même chose pour l'écriture et la photo : ce besoin de graver l'instant présent.

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