Je suis tordue

jeudi 29 juin 2017 Ingrid | Mémorables oublis 3 Comments


Voici le surnom que me donne Fred depuis que l'on m'a donné une explication à l'un de mes soucis de santé que je traîne depuis le début de l'année.

Je peux donc enfin vous en parler plus en détail.

Un matin de février, une douleur apparaît. Des coups de jus à répétition. Je suis assez inquiète, Fred également. Mon médecin m'a de suite envoyée passer un examen (histoire d'accentuer encore plus mon stress), qui se conclura par quelque chose de non inquiétant mais à surveiller. Et voilà que deux jours après, un second problème apparaît. Je ne sais pas si ça a un lien mais là encore ni mon médecin ni moi laissons traîner la chose.

Ce jour-là, je consultais pour de fortes douleurs à la gorge. Pour vous donner une idée : posez votre main dessus et parlez, déglutissez. C'est très gênant, ça ferait presque mal. Mais je ne me voyais pas aller aux urgences, étant loin de l'agonie.

Mon médecin m'a donc fait passer une échographie de la thyroïde. Personnellement, j'y croyais moyen puisque mes différentes prises de sang faites depuis le début de l'année, ne décelaient rien. Et bien entendu, la douleur avait disparu entre temps et l'on ne me trouva rien.

Je dis que la douleur a disparu mais je sentais toujours quelque chose dans ma gorge. Assez légère. On m'a parlé d'angoisse mais je n'y croyais absolument pas. Alors j'ai laissé tomber tant que cette gêne restait discrète.

Et voila qu'à Pâques, les douleurs réapparaissent. J'ai refusé les urgences. Bien que je douillais. La douleur était différente. Elle s'était propagée, comparé à la première fois. S'ajoutaient à la gorge : le cou, la mâchoire inférieure mais surtout, les cervicales. Je ne voulais pas gâcher mon week-end car j'avais de la visite. Je me suis reposée les deux jours suivants et ça allait un peu mieux, toujours cette gêne avec laquelle j'arrivais à vivre.

Je suis quand même allée voir mon médecin qui m'a envoyée chez un ORL (très séduisant soit dit en passant). J'avoue avoir mis beaucoup d'espoir dans ce rendez-vous car moi qui ne suis jamais malade (hormis renouveler la pilule et faire une prise de sang par an, là, on peut dire que 2017 me gâte et que ma mutuelle sert enfin à quelque chose !). J'ai eu droit à une jolie caméra dans la gorge. Désagréable mais pas douloureux, avec pour verdict : rien.

Il est gentil le Docteur Mamour. Il n'y est pour rien mais j'aurais adoré qu'il me trouve un truc. Au final, j'ai eu droit à "C'est peut-être le stress dû à votre premier souci de santé. Vous faites des crises d'angoisses". Sauf que je sais très bien ce que c'est, même si je n'en ai jamais faite. Une crise d'angoisse ne se vit pas 24/24 7/7 et ce, durant des mois, sans répit. Aucune douleur dans la poitrine, aucun problème pour respirer. Oui, j'ai une sensation de boule dans la gorge mais certainement pas due à de l'angoisse. Mais vas-y pour expliquer en détail une sensation que tu ne peux pas montrer précisément du doigt et évaluer une gêne/douleur qui peut être interprétée différemment d'une personne à une autre.

Bref, je suis ressortie dépitée. Ça m'a cassé le moral. Une nouvelle piste se referme mais je n'étais pas plus avancée.

J'ai donc décidé de faire une pause. La première depuis début février. Je voulais reprendre le cours normal de mes journées sans passage chez le médecin, sans rendez-vous à prendre, sans stress de l'attente, de l'inconnu, de 50 diagnostics que l'on s'invente. Parce que j'ai beau ne pas du tout être branchée "Doctissimo", il m'a quand même traversé l'esprit que je puisse avoir une maladie grave. Genre un crabe. On ne peut pas m'en vouloir. Au bout d'un moment, tu finis par te faire des idées. Même fausses.

J'ai passé une bonne partie du mois de mai sans examens à faire. La gêne était toujours là. De nuit comme de jour. Bien que je me suis habituée à vivre avec, il n'est pas facile de se changer les idées lorsqu'on a quelque chose sans nom ni cause qui vit en nous continuellement... J'ai cherché ce qui pourrait provoquer cette gêne mais je n'ai rien trouvé. Je n'ai pas changé mon alimentation, rien qui puisse penser à la maladie de lime, mon dentiste ne m'a rien trouvé etc...

Mais début juin, voilà que la douleur revient. Moins forte que celle ressentie à Pâques. Je pensais que mon médecin me renverrait faire une échographie. Me voilà avec un rendez-vous pour un scanner cervical.

Là encore, pour la novice dans ce domaine que je suis, le mot scanner fait un peu peur. Ça te détecte des trucs qui sont censés ne pas être jolis jolis...

Un désistement me fera gagner trois semaines d'attente. J'en aurais presque pleuré au téléphone. Un mélange de peur et de soulagement. Impatiente de savoir enfin ce que j'ai, avec une certaine trouille de ce qu'on va m'annoncer (un gamin de 4 ans est plus courageux).

Fred est un homme incroyable. Depuis le début de l'année, il est présent, attentif. Il a fait passer mes rendez-vous avant son boulot. Quand tu es intérimaire dans une boîte où il y a pas beaucoup de commandes, t'es censé faire bonne figure. Bah pas lui... Il refusait que je prenne le train. Il a insisté pour être présent au cas où, histoire de ne pas me retrouver tout seule, à affronter un éventuel verdict négatif.

Le scanner ne m'a pas fait peur. Je n'ai pas eu à me déshabiller ni recevoir d'injection. Et pour la petite claustrophobe que je suis, les 2 minutes furent très rapides.

On ne peut pas en dire autant de l'attente du résultat. J'ai patienté trois quarts d'heure dans une cabine sans fenêtre de 2m²  où la lampe s'éteignait toutes les dix minutes, faute de mouvement. J'en venais plus à stresser de cet endroit étroit que du médecin qui devait être entrain de lire des choses moches sur mes radios.

Puis, elle arriva enfin. Très bizarre comme moment. Je suis assise sur ma chaise, elle referme la porte derrière elle. Elle n'a rien pour s'asseoir. Il n'y aurait pas eu de place pour une seconde chaise de toute façon.

Elle m'annonce qu'elle a trouvé quelque chose. J'ai une distorsion cervicale. Ma gorge est en forme de "S" plutôt qu'en une seule courbe. Du coup, ça explique ma difficulté à déglutir (aucune pour boire/manger et je n'ai jamais eu d'irritation). J'ai des disques qui sont affaissés et ont tendance à toucher la moelle épinière. Ouais, rien que ça. J'ai juste retenu qu'il n'y avait pas de crabe, ni de mort prochaine ni d'opération. Des séances de kiné devraient suffire pour remettre tout ça bien en place.

Je suis repartie avec le sourire. Fred, qui m'attendait à l'entrée de l'hôpital, m'a vu arriver les yeux rougis. J'ai lu sur son visage son inquiétude. Il n'en menait pas large. Ça n'a duré que deux secondes à peine, juste le temps de lui dire "C'est rien, je relâche la pression" (accumulée depuis des mois quand même).

Parce que oui, ce n'est rien. Enfin si mais ce n'est pas du tout méchant. Mais quand tu ne sais pas, ni même les médecins, que les différents examens ne décèlent rien, qu'on accuse le stress, que tu te remets en question et tout ça durant des mois, forcément, tes nerfs finissent par craquer.

Bref, tout ça pour ça. Mais je n'en suis pas moins soulagée. Bizarrement, j'accepte mieux la douleur/gêne depuis l'annonce du verdict. Je sais ce que j'ai. Je le vis mieux.

Et un souci de réglé. Un ! Celui-ci m'a donné du fil à retordre mais me voilà enfin partie pour profiter de 2017 plus sereinement.

3 commentaires :

  1. Quel parcours ! Le fait de ne pas savoir c'est ce qu'il y a de plus inquiétant en fait... (Si tu es comme moi, tu as dû cogiter à gogo...) En tout cas, je suis heureuse de lire que le corps médical a enfin trouvé la cause de tes maux. Prends bien soin de toi et bonnes séances de kiné ☺

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  2. Il en faut passer des mois et des examens pour savoir... ce sont des choses qui me terrifient aussi !! Mais ouf !!!!

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  3. C'est toujours un grand soulagement de savoir ce qui ne va pas, tu peux enfin souffler ^^

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