Ma façon de manger

lundi 12 juin 2017 Ingrid | Mémorables oublis 19 Comments


J'ai beaucoup hésité à publier ce billet. Parce que j'ai regardé des vidéos et lu des articles de blogueuses à ce sujet et lorsque je vois les commentaires qui ont été publiés, ça donne franchement envie de garder son choix pour soi. Tu manges de la viande ? Tu t'en prends plein la gueule parce que c'est honteux de manger des pauvres bêtes innocentes qui vivent en plus dans des conditions déplorables. Tu te dis vegan et on va crier au complot du sponsoring parce que tu veux faire découvrir des produits de cette gamme. Tu ne manges plus de viande, on va te dire que tu tues la filière agricole. Tu ne manges pas de viande par respect pour les animaux mais tu portes de cuir ainsi que des vêtements confectionnés par des enfants... C'est malheureux ce lynchage sur la manière que tu as choisi de vivre ta vie... Fort heureusement, c'est une minorité mais cette violence verbale, ces leçons de morale, c'est bien triste.

Donc étant pour l'échange et la non-censure, je ne vais pas désactiver les commentaires pour cet article. Je vais aller droit au but si certains pro-vegan/agriculteurs et autres à l'esprit étroit viendraient ici, les mêmes que j'ai pu voir sous certaines vidéo/articles : Je n'en ai absolument rien à foutre de ce qu'il se trouve dans votre assiette. Vous faites ce que vous voulez. Je ne vous juge(rai) pas. Je suis là pour respecter le choix de chacun. Je n'ai aucun but à vous liguer à une quelconque cause dans la manière de manger, de vous maquiller, vous habiller. Je ne parle que de mes envies, de mes choix. Si vous voulez manger de la viande, qu'elle vienne d'un fermier ou de l'industrie, c'est votre choix. Que vous mangiez des oeufs de poules élevées en cage ou nourries à l'air libre de manière saine, c'est votre choix. Si vous portez des vêtements confectionnés par des gosses dans des matières toxiques ou que vous ne vous habillez qu'avec des produits nobles, écologiques, éthiques, c'est votre choix. Si malgré tout ça, vous ne respectez pas mes choix, mes ressentis ainsi que ceux des autres personnes qui commenteront mon article, libre à vous de laisser un commentaire mais je n'y donnerai pas suite. Le débat, oui. Le lynchage, non.

Voilà. Maintenant que les choses sont dites, je peux me lancer :

Début 2015, j'ai décidé d'arrêter de consommer de la viande. Je ne peux plus vous renvoyer à l'article puisque j'ai fait du ménage sur le blog mais j'expliquais le pourquoi du comment de cette décision. Je vais donc tâcher de vous en faire un petit résumé.

Je n'ai jamais été une grande consommatrice de viande. J'en mangeais sans vraiment prendre de plaisir. Les légumes verts ne me font pas peur ainsi que les féculents. C'est durant la crise porcine que je me suis faite cette réflexion : Et si j'arrêtais de manger de la viande ? C'est vrai, pourquoi ne le ferais-je pas ? Je peux m'en passer car je ne cours pas après son odeur, sa texture, son goût. Et surtout, j'aime les animaux. Je me suis trouvée très hypocrite de manger du blanc de poulet (sans me renseigner sur sa condition de vie) tout en faisant des papouilles à mes chats et oser dire que j'aime les animaux. Je m'en suis voulue d'avoir agit de la sorte depuis toutes ces années.

A partir du moment où j'ai pris cette décision, la viande, c'était terminé pour moi. Et franchement, ça s'est fait les doigts dans le nez. Pourtant, je vis avec un carnivore (mais ce n'est pas parce que j'ai fait un choix que je dois le pousser à faire le même et pire, ne pas respecter le sien). Il a sa viande au quotidien et moi, je mange différemment. Je n'ai ressenti aucune frustration. Je m'en suis juste un peu voulu de ne pas l'avoir fait plus tôt. Mais vaut mieux tard que jamais et je suis contente de l'avoir fait.

Dans cet article, j'avais précisé que je ne me sentais pas végétarienne à 100% pour la simple et bonne raison que durant les fêtes de fin d'année, je ne peux pas me passer de foie gras et d'escargots. Mais comme ça n'arrive qu'une fois par an, j'estime que ce n'est pas trop grave.

Une année est passée et j'en avais fait un bilan très positif. Comme dit plus haut, je n'ai ressenti aucun manque, aucune frustration, aucune remarque négative de mes proches et aucune carence. Et du côté financier, ça ne s'est pas vu puisque j'ai remplacé la viande par des produits végétaux (qui sont chers mais je ne trouve pas tous les produits nécessaires pour faire maison).

Sauf que, durant l'année 2016, j'ai un peu fait n'importe quoi. J'ai oublié mes bonnes habitudes. On fait un barbec' ? Ok, pas envie de m'embêter, je vais manger la même chose que tout le monde : steak haché Charal surgelé (oui, même pas un vrai steak du boucher, la honte). Je cuisine une quiche ? Pas grave si je mange les allumettes de bacon. Tiens, y a du blanc de poulet en promo, je vais faire ça ce soir avec une petite salade.

Bref, j'ai remangé de la viande industrielle. Ce qui n'est pas dramatique. Non, le drame, c'est que je n'en réclamais pas. Et ça, ça ne passe pas. Je culpabilise parce que je me suis perdue dans mon alimentation. Enfin, perdue, je suis devenue une feignasse de la cuisine et que j'allais à la facilité. J'ai eu ma période où j'en avais un peu marre de cuisiner deux plats différents.

Mais ça, c'était avant. Je me suis vite reprise en mains. Je suis de nouveau contente de ne plus manger de viande. Et comme pour la première fois, je n'ai ressenti aucune frustration. Lorraine oblige, je fais souvent de la quiche. N'ayant jamais trouvé d'alternative aux allumettes de bacon (j'ai dû mal cuisiner le tofu car je n'en garde pas un bon souvenir), je cuisine la quiche en deux parts : un côté avec bacon et l'autre, sans. Si je fais des pâtes à la bolognaise, je rajouterai la viande à la fin, après m'être servie ma part.

Depuis deux ans, je consomme uniquement des oeufs du coin. Je regrette juste qu'ils ne soient pas bio mais je préfère encore acheter auprès de ce petit couple qui fait les marchés plutôt que d'acheter des oeufs venant de grands industriels. J'ai également revu ma consommation de lait. J'en buvais presque un litre par jour. J'ai maintenant réduit de moitié (la ricoré qu'à l'eau, c'est quand même dégueulasse). Je fais ma grosse tasse de café le matin et parfois à 16h. C'est mon truc à moi pour remplacer la barre de céréales ou la pomme. J'adore le lait. Et encore, je me suis calmée parce que je ne mange plus de céréales et je fais moins de desserts. Je me suis renseignée sur le lait végétal mais vu que j'en bois beaucoup, lorsque je vois les tarifs, j'ai juste envie de pleurer. Un litre de lait végétal revient presque à 6 litres de lait de vache de la marque distributeur... Alors j'ai tout bonnement décidé de réduire ma consommation. Mais le laitage, ce n'est pas comme la viande : je n'en ai ni l'envie ni le courage de l'arrêter.

Je regarde beaucoup les vidéos de Coline (elle fait partie de ces personnes qui se font parfois massacrer en commentaires) et je la remercie car elle m'ouvre les yeux sur pas mal de choses. Je rêve de devenir comme elle. Je débute, je vais à mon rythme, avec mes moyens. Personne n'est parfait, même avec toutes les volontés du monde, personne ne peut l'être. Mais faire des efforts, c'est déjà un bon début. Quoi qu'on mange, on sera critiqué. Ce ne sera jamais bien, jamais assez. On ne retiendra que le négatif plutôt que de saluer les changements sur notre quotidien, nos habitudes.

Peut-être qu'un jour, je ne mangerai plus d'escargots, de foie gras, d'oeufs, que je bannirai entièrement le laitage. Ou peut-être pas... L'important, c'est de suivre mes envies, mes convictions. Je regrette seulement que ceux qui prônent la tolérance, ne le soient pas avec les autres qui ont le malheur de ne pas faire comme eux, à leur niveau, à leur manière. Nous sommes libres de gérer nos vies. Avec ou sans viande, avec ou sans pesticides, avec ou sans tests sur les animaux etc...

19 commentaires :

  1. L'essentiel, c'est bien de questionner ses habitudes, et de faire du mieux que l'on peut. D'un côté, je comprends les donneurs de leçons pour qui les maigres efforts que l'on fait ne sont jamais assez (ils ont finalement raison, cela continue à perpétuer un système que l'on trouve mauvais), mais d'un autre côté, nous avons tous nos contraintes et notre vie qui nous empêche parfois de changer nos habitudes. Mais le changement est un processus, personne ne peut devenir parfait du jour au lendemain, il faut trouver son rythme...

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    1. Entièrement d'accord sur ces donneurs de leçons qui veulent nous changer mais certains emploient une manière assez violente...

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  2. On a qu'une vie, et faut faire selon ses envies, et non pas par rapport à ce que les autres vont en dire !

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    1. De toute façon, financièrement, j'ai mes limites sinon j'en ferai bien plus dans cette vie saine que j'espère avoir un jour

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  3. Perso je mange ce qui me fait envie. Et le reste basta.
    Du coup je mange très peu de viande parce que je n'aime pas spécialement ça tout simplement.
    Par contre le jambon, le saucisson, les oeufs, le beurre et tout ça, bah c'est avec grand plaisir.

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  4. C'est sûr qu'il y a toujours des bien pensants qui savent mieux que toi ce qui est bon pour toi... Bref... Des discussions stériles...
    Si ton alimentation actuelle te convient, c'est que du bénéf'. Après, le reste, on s'enfiche lol.

    Bises, caresses aux poilus et bon jardinage ☺

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    1. C'est clair que je ne vais pas manger ce que l'on me dicte mais qu'on ne respecte pas, c'est grave...
      Chips a reçu ta caresse (Iago étant en vadrouille, comme toujours :p)

      Des bises !

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  5. Je suis vegan et j'entends en permanence des gens me reprocher ma fermeture d'esprit... et ce, même quand j'ai juste dit "oh non merci, pas de poulet pour moi, je n'en mange pas". Du coup, je ne peux que partager ton avis : à quoi bon ces non-débats stériles et agressifs ? On a tous des convictions différentes et on se bat pour elles. J'ai pour ma part choisi le véganisme parce qu'il me convient. Mais en même temps je continue à prendre de l'homéopathie alors certains diraient que je suis une vegan à la noix. Ça me va. Je respecte pareil ceux qui consomment de la viande (ou des escargots/foie gras à Noël ^^) mais qui vivent en fonction de leurs convictions. Chacun agit sur le monde de là où il en est et en fonction de ce en quoi il se reconnaît, et c'est cela qui fait que le monde avance aussi. Par exemple, pendant que je suis occupée à inventer des plats végétaux, je m'implique moins pour d'autres causes comme, au hasard, les enfants qui ont faim. Bon, peut-être que mon voisin aime le barbecue à la côte de bœuf mais oeuvre pour l'Unicef. Parfait. Chacun à notre façon, on secoue les choses.
    Bref, mon commentaire est brouillon mais je suis parfaitement d'accord avec toi ! Chacun son rythme et chacun son combat ! :)

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    1. Un commentaire que tu penses brouillon mais qui reflète parfaitement ce que je ressens et pense. Merci !

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  6. Je suis d'accord avec toi sur cette nouvelle tendance insportable de juger (et de condamner) les gens suivant leur mode de vie et leurs comportements. En revanche, là où je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi, c'est sur le fait que c'est un choix de manger de la viande industrielle ou de porter des vêtements produits dans des sweatshops. Bien souvent, cela ne relève que de l'ignorance la plus pure et c'est pour cela que de mon point de vue, il est important de partager avec les autres son point de vue sur la question, ne serait-ce que pour lui ouvrir les yeux. Après, libre à l'autre d'en tirer les conséquences qu'il souhaite, de décider d'arrêter ou non de consommer ces produits...Chacun son rythme, chacun sa sensibilité et comme le dit Charlotte, chacun ses combats! Bonne semaine à toi.

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    1. Oui l'ignorance contribue pas mal à ce que l'on mange, notre manière de nous habiller, nous maquiller. Mais, et j'en connais, beaucoup prône les économies plutôt que la qualité. Ils se fichent de la répercussion sur leur santé ainsi que sur l'économie. Il n'y voient que le gain financier.
      Bonne semaine à toi également !

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  7. Nous sommes libres de nos choix, peut importe ceux que l'on a pris tant que c'est cohérent avec notre état d'esprit, et si certains ne sont pas contents, grand bien leur fasse!
    Je mange quasi pas de viande chez moi, mais quand je suis invitée je fait honneur à la personne qui a cuisiné.
    Je bois du lait de riz, j'ai du mal avec le lait de soja pour làvoir gouté. J'en bois pas souvent donc je me prends 3-4 litres pour le mois, je suis une petite joueuse par rapport à toi.
    J'essaie d'utiliser des soins beauté non testés sur les animaux, mais parfois malheureusement j'oublie et j'achète!
    Enfin bref, je me reconnais un peu en toi, et ton article est si bien tourné qu'on ne peux pas te lyncher! Ton article est vraiment bien!
    Et la petite phrase de la fin, vivons la vie comme nous avons envie, et surtout être heureux dans ce que l'on entreprend!

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    1. Faut dire aussi que j'ai prévenu d'entrée que je voulais du débat construit et respectueux. Ça a fonctionné, je crois bien que c'est la première fois que je reçois autant de commentaires aussi bien écrits ^^
      Samedi, je vais dans un biocoop pour le cosmétique. J'espère trouver et pour pas trop cher *croisage de doigts*

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  8. Coucou, voilà un article qui fait du bien.

    Je trouve que tu as fait beaucoup d'efforts pour vivre en adéquation avec tes convictions, et je trouve ça vraiment bien.
    Et je suis d'accord, c'est quoi tous ces gens qui disent "ah oui mais si tu fais ça, t'es pas un vrai vegan" ?
    Sérieux les gars ? Mais si les gens qui mangent du miel sont pour vous la lie de la société, faut vraiment vous faire soigner !

    Perso, je suis une carnivore qui vit avec sa culpabilité. Je vois tout à fait où tu veux en venir quand tu parles d'hypocrisie au sujet de tes chats parce que je me sens un peu comme ça moi aussi, mais je n'ai jamais fait le même cheminement que toi alors je ne dis plus que j'aime les animaux, mais que j'aime "mes" animaux. Nuance subtile...
    Après il y a d'autres questions aussi à poser : est-ce qu'on peut manger un animal qui n'a pas souffert ?
    Est-ce que dans 5 ans, 10 ans, ce sera acceptable de manger même un animal qui n'a pas souffert ?

    Et pour le reste de notre consommation, c'est pareil. Le choix se fait surtout en fonction de nos moyens : qui n'a jamais craqué sur un joli vêtement "pas cher" made in gosses-du-bout-du-monde ? On le sait tous, et pourtant... Les petits ruisseaux font les grandes rivières, les gens sont de plus en plus sensibilisés à ces idées et ces débats.

    Il y avait un super article sur Slate il y a quelques temps qui disait qu'au fil de ces dernières années, on avait introduit la conscience de la torture dans nos assiettes. Du coup, demain, tous vegans ?

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    1. Je vais aller chercher cet article.

      Tu as le même raisonnement que mon homme. Il adore nos chats, il aime les animaux en général mais ce ne sont pas les siens. Il caressera une vache, trouvera un cochon mignon mais ça ne l'empêchera pas de les manger car il ne les aura pas connu. Ma Best est un peu pareil (et je l'étais aussi lorsque je mangeais encore de la viande) : il ne faut pas que le morceau lui fasse rappeler l'animal. Genre un steak ou une saucisse, ce sera parfait.

      Et effectivement, la cruauté animale est de plus en plus dénoncée. Je pense, et je l'ai dit d'ailleurs, que ça m'a aidé à stopper la viande. Il n'y aurait pas eu tout ça, peut-être qu'aujourd'hui, je continuerais à en consommer, même en petite quantité...

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  9. Je crois que le long du chemin vers une alimentation qui nous va, on passe par différentes phases: l'interrogation, la passion, le doute, et finalement on trace sa voie d'une manière apaisée. En sachant que demain ce sera peut être différent mais que la bienveillance envers nous même devra être au coeur des choses. Bon cheminement Ingrid...

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  10. Si seulement toutes les personnes qui critiquent agissaient en faisant 50% de bons choix, la planète se porterait déjà un peu mieux. Les gens qui dénoncent sont rarement parfaits et c'est ce que je trouve le plus dommage...
    Pour remplacer les lardons, essaye le tofu fumé, c'est pas mal du tout. ;)

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