Tu ne me manques plus

mercredi 9 août 2017 Ingrid | Mémorables oublis 1 Comments


Il y a quelques jours, j'ai eu de tes nouvelles sans en demander. Tu es toujours vivant. Bien que ton âme se soit envolée depuis longtemps.

Tu es dans un lit d'hôpital. Je n'ai pas souhaité en savoir plus. Je t'avoue que l'idée de te rendre visite m'a traversé l'esprit. Ou juste discuter avec le responsable. Mais mon âme à moi est tellement brisée, tellement fragile qu'il me faut la préserver au mieux.

Tu es donc vivant. Ca m'a fait mal au cœur de l'apprendre. Tu n'es toujours pas libéré de cette merde qui te ronge de l'intérieur depuis maintenant 9 ans. Mais on sait tous les deux que ça date d'il y a bien plus que ça...

A chacun de mes réveils, je consulte la rubrique nécrologique du journal. Je suis curieuse de savoir quand, comment et par qui je vais apprendre la nouvelle. Je sais que je ne serai pas préparée à l'annonce bien que je me persuade du contraire.

Je joue d'égoïsme. Je l'assume. J'emmerde les gens qui ne comprennent pas et ne cautionnent pas mon choix. J'ai mon âme à protéger. Du mieux que je peux. Mais il est toujours plus facile de critiquer ce que l'on voit à la surface sans prendre le temps ni la peine de creuser un peu...

Alors je n'irai pas te voir. Je t'ai imaginé durant quelques secondes sur ton lit d'hôpital et les différentes raisons. Je n'ai vraiment pas besoin de ça. Pour une fois, je pense ne pas être dans l'exagération en disant que je ne m'en remettrais pas. Vraiment.

Il y a quelques jours, Facebook m'a rappelé un souvenir posté de toi. Une photo d'Instagram où je floutais ton regard. Tu rigolais. Il y a quelques jours, j'ai reposté cette photo en la légendant ainsi :

"Tu ne me manques plus. J'ai fait un gros travail là-dessus. Mais ça ne m'empêche pas de toujours penser à toi".

Ce travail ne fut pas facile. J'ai dû apprendre à ne pas culpabiliser de ce que je faisais. Une fois de plus, j'ai préféré penser à moi mais surtout, à mon âme brisée que je rafistole encore et toujours, avec maladresse. J'ai parfois peur de manquer de fil mais Fred est là. Cet homme que tu aurais tant adoré si la vie l'avait voulu. Cet homme qui prend soin de ta fille, sache-le, n'en doute pas...

J'illustre cet article avec une photo de toi non floutée. Que les gens voient les beaux yeux que tu as. J'ai beau ne pas aimer mon visage car j'ai des traits de certaines personnes dont je me passerais volontiers mais mes yeux, tes yeux, ceux de Pépère Jean, je les aime. Pas que par leur couleur ni par leur forme mais parce qu'à travers eux, je vous vois. Si je voulais t'oublier, je ne le pourrais même pas...

Nous sommes tous les deux absents. Chacun à notre façon mais je ne doute pas que dans ton cœur de Papa, j'ai été ou suis ce que tu as été, est et sera dans mon cœur de fille.

1 commentaire :

  1. 😢 piouuu il chamboule ton article !!!! Je suis persuadée qu'il pense à toi... ne serait ce que dans son inconscient... Je ne sais quoi ajouter... Des bisous ma Loute 😘❤

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