10m²

lundi 9 octobre 2017 Ingrid | Mémorables oublis 4 Comments


Vivre dans un 10m², ce n'est pas facile tous les jours. Mais j'ai un toit. C'est le principal.

J'ai toujours vécu dans de grands espaces. J'ai vécu mes 8 premières années dans une très grande maison de village où le propriétaire était devenu mon Tonton (j'avais mes deux grands-pères). Un homme très important pour mes parents qui le considéraient comme le père qu'ils n'avaient pas... Lorsqu'il est tombé gravement malade, il a conseillé à mes parents de partir car cette énorme maison serait trop grosse à gérer. Mes parents ont donc acheté une maison dans la ville d'à côté.  De 120m² avec le triple en terrain. Par contre, des petites chambres. Je n'ai jamais aimé ma chambre. Durant 20/25 ans, je ne me suis jamais sentie à l'aise dedans. Et c'est fort regrettable car c'est censé être un refuge. Lorsqu'on ne se sent pas bien, que l'on veut être tranquille, recevoir des copines etc...

Puis, je suis partie vivre chez mon premier amour, à Paris. Première fois que je me retrouvais dans un appartement, au rez-de-chaussée d'un grand immeuble. Sans terrain. Sans toilettes séparées de la salle de bains. Sans étage. Sans buanderie en dehors de la cuisine. Sans salle à manger séparée du salon. Sans grenier. Bref, l'inconnu.

Durant cette année parisienne, autant j'aimais bien l'agencement de l'apart' autant je ne me suis jamais faite à son étroitesse. Je découvrais la mezzanine au-dessus du bureau. Faire sécher le linge dans le salon entre la télé et la table. Je ne cuisinais pas à cette époque (mon ex adorait cuisiner (et était maniaque (tranquille la gonz')) et aujourd'hui, je me demande la galère que j'aurais à cuisiner sans plan de travail ou bien à cheval sur la machine à laver. Bon, à vrai dire, c'est ce que je vis un peu aujourd'hui...

Et me voilà dans ce 10m² (je zappe mes années belges). Une chambre que Fred a construit lui-même à ses 16 ans. Il a grignoté une partie du garage pour avoir son indépendance. Ses parents ont fait construire une maison avec seulement deux chambres. Ils ne se sont jamais dit que plus tard, la chambre de leur deux fils allait poser problème. Au départ, l'aîné exigeait d'avoir sa chambre au sous-sol car c'est l'aîné et qu'il avait besoin d'étudier. Puis, c'est plus fun pour recevoir les potes, tu te sens adulte, chez toi. Le deal de son père fut : j'achète le matos et tu fabriques ta chambre. Pas de bol, n'étant pas bricoleur, c'est Fred qui a hérité de ces 10m². Et heureusement ! Car lorsqu'à notre rencontre j'ai appris que nous vivions chacun chez nos parents, je me suis dit que question intimité, nous étions un peu dans la merdasse.

Sa chambre est contre le garage. Il y a un mini-couloir qui mène aux escaliers. Ce mini-couloir étant devenu un débarras car on y stocke nos affaires/vêtements (surtout les miens). Ce n'est pas toujours facile, moi qui aime le rangement, que les choses soient à leur place. Mais là encore, je ne m'en plains pas. J'ai un toit.

J'ai connu des personnes qui furent en couple durant plusieurs années et dès qu'ils se mettaient en ménage, c'était la rupture. Car aller dormir chez l'un ou chez l'autre durant les vacances ou les week-ends, on ne peut pas vraiment se faire une idée de la cohabitation sur du long terme.

Avec Fred, je peux dire que vivre ensemble dans ce 10m², je n'ai aucun souci quant à notre futur "chez nous". Nous avons appris à nous connaître et à nous faire aux habitudes de l'un et l'autre. On se complète très bien. On m'a parfois demandé si cette promiscuité n'était pas difficile à gérer, ne donnerait pas des occasions de disputes. Franchement ? Non.

Bon, ce n'est pas toujours facile non plus. Lorsqu'il regarde la télé, je ne peux pas lire. Lorsqu'il est sur le PC, je ne peux pas y aller (oui, j'ai internet sur mobile mais ce n'est pas pratique). Avec le temps moche qu'on se coltine, Fred est souvent dans la chambre. Je ne peux, là non plus, pas cuisiner ou faire le ménage n'importe quand. Etc... J'ai tout de même appris à utiliser ces 10m² pour profiter au mieux de notre indépendance.

Ce 10m² est petit. Parfois compliqué. Le lit prend les 3/4 de la pièce. Nous avons une petite fenêtre où peu de lumière rentre (et avec les deux arbres à chat plantés devant, ça n'aide pas). Le sol, bien que refait il y a deux ans, aura toujours des soucis d'humidité donc il ne faut pas encombrer de meubles. Meubles qui, de toute façon, n'ont pas de place à se voir offrir. Mais une chose est sûre et pas des moindres : la question de la cohabitation compatible dans notre éventuel futur chez nous ne se pose même pas.

4 commentaires :

  1. Et les bouteilles vident qui s'entassent ?? lol Au moins tu es sûre que Fred est le bon ;-)

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  2. Ginie : Elles s'entassent moins puisqu'elles roulent sous le lit vu qu'on a dû décaler un peu plus le lit du mur (l'humidité revenait) :p

    Et on n'est jamais sûr de rien malheureusement...

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  3. Nous on vit dans un studio depuis près de deux ans et demi. J'ai passé l'an dernier a étudier hors de chez nous, je n'avais pas de place. Je suis très organisée et le vis très mal cette situation. A tel point que notre libido est en baisse : faire l'amour en sentant le diner ou en voyant la vaiselle... Une piece popur tout faire. Et encore, on partage la machine a laver avec l'immeuble. Il y a 10 studios, on est au rez de chaussée. Niveau intimité, on s'entend tous. Même éternuer. Fichues constructions irlandaises... Cette étroitesse nous pese un peu. Betement. Le lit prend toute la place, on n'a pas de TV, pas de canapé, quatre assiettes, quatre couverts de chaque bon bref. Tu vois le genre.
    Courage, vous allez vous en sortir xx

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  4. Etcetera : L'intimité dans les odeurs de cuisine, près de la vaisselle etc... Je vois très bien ce que tu veux dire. Par contre, je te plains concernant les murs fins. J'avais ce souci à Paris... Et oui, je vois le genre... Ca ne doit vraiment pas être facile, bon courage à vous également ♥

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