Peine perdue

lundi 4 décembre 2017 Ingrid | Mémorables oublis 7 Comments


Parfois, dans mes moments de déprime, de remise en question et que sais-je encore, je demande si je ne devrais pas aller voir un psy. Pourtant, je ne suis pas adepte de ce genre de médecine. D'autant plus que je n'en ai pas gardé de bons souvenirs.

Ma première rencontre avec un psychologue, c'était une jeune femme. Très sympathique, qui m'a de suite mise à l'aise. J'ai décidé de consulter un psy, à la fin de mes études, pour prouver à ma mère que je n'allais pas bien. Vu qu'elle ne m'écoutait pas et donc, ne me croyait pas, je me suis dit que si j'allais voir une personne qualifiée, elle me prendrait au sérieux. Bon, ça n'a pas eu l'effet escompté puisque trois séances plus tard, ma psy m'apprenait qu'elle partait en congé maternité et que j'allais avoir une remplaçante. Du coup, je n'avais pas envie de recommencer mon blabla... J'ai donc fait avec. Ou plutôt, sans.

Le second psy me fut conseillé par une amie à ma grand-mère maternelle. A cette époque-là, ma mère et moi nous étions rapprochées de la confidente de Mamie qui, aux dires des médecins, n'avait plus que quelques jours/semaines devant elle. Sa grande amie nous a donc pris sous son aile pour traverser ce moment pas des plus joyeux (Mamie est finalement morte 4 ans plus tard)... J'ai pris rendez-vous chez le psy de cette amie. Un homme, vieux et froid. Le contact chaleureux n'était vraiment pas là. Pour ne pas perdre de temps durant cette première séance, je lui ai tout déballé. Et ce déballage a été reporté à cette dame. Secret professionnel totalement violé. Autant dire que ce psy ne m'a plus jamais revu (tellement déçue que je n'ai même pas fait de scandale (qui n'aurait finalement mené à rien)). Cette grande amie, je ne l'ai plus revu non plus et j'ai donc gardé un goût amer de mes deux expériences avec des médecins psychologues (bien que je ne mette absolument pas tout le monde dans le même panier).

Quand on y réfléchit, aller voir un psy n'était pas fait de manière naturelle. Ca ne venait pas vraiment de moi. L'envie n'était pas là. J'y allais pour montrer à mes proches que je n'allais pas bien. Y a les suicides (pour mon cas, il s'est terminé en un appel au secours (Bim ! Révélation !) sinon je ne serai pas là à écrire) mais je connaissais déjà tellement bien ma mère à cette époque que je me suis dit que l'approche serait peut-être mieux avec un psy (quelle naïveté je nourris dites donc).

Et quand ce ne sont pas les psy, ce sont les voyantes. Ma mère en est adepte. Elle y allait environ une fois par trimestre. Elle ne jurait que par une. Elle a fini par me faire céder et je suis allée la voir. J'y allais par curiosité (et pour savoir si j'allais avoir mon Bac). Cette dame m'a bluffé car elle a découvert des choses que je n'ai jamais dites à personne et surtout, j'avais bien fait en sorte de ne pas lui faciliter la tâche. Mais, ce n'est pas pour autant que je suis revenue chez elle par la suite. C'est une expérience qui m'a laissée bizarre. Que l'on puisse lire en moi, qu'une étrangère me connaisse aussi bien, je me suis sentie violée et ça m'a profondément gênée...

Mais voilà, je reviens de Belgique, je ne suis absolument pas bien et ma mère me décide à aller consulter une autre voyante et j'ai été servie. Une bien belle manipulatrice. J'étais faible, elle en a bien profité. Elle m'a dit ce que je voulais entendre à cette époque-là : Je vais finir par m'aimer car je vais retrouver mon poids d'avant. Mon ex va revenir me chercher car il aura pris conscience de son amour pour moi. A 32 ans, je serai mariée avec deux enfants, je ferai le boulot dont j'ai toujours rêvé. Bref, en parlant de rêve, elle m'en a vendu (sauf pour les gosses).

Là encore, je ne mets pas toutes ces personnes dans le même panier. Je continue à croire qu'il y a des personnes avec de véritables dons mais elles restent une minorité face à ces arnaqueurs. Le fait est que la voyance, ce n'est pas non plus fait pour moi.

Tout comme les antidépresseurs. Car je ne suis pas suicidaire, ni dépressive. Souvent déprimée. Mais pas au point de consulter. J'ai de très grandes faiblesses que je n'arriverai je pense jamais à soigner. Un coup de pied au cul est censé faire bouger. Chez moi, il m'enfonce. Rencontrer des gens me bloque car j’emmagasine trop les déceptions. Ca m'affecte beaucoup sur le plan moral mais surtout, sur la confiance que je n'arrive pas à apprivoiser. Cette confiance en moi, je sais que j'en ai une, enfouit quelque part. Elle changerait tellement ma vie si je la trouvais... Mais il y a encore et toujours ces paroles, ces regards et ces actes de ma mère qui me font rappeler que quoi que je dise, quoi que je fasse, je suis indéfiniment une cause perdue...

7 commentaires :

  1. Non non loin d'être une cause perdue !!! Moi je te dirais d'aller voir un psy.. moi même j'en ai l'envie (mais 400fr une séance laisse tomber).. je suis sure que si tu tombe sur une personne compétente cela te ferait du bien.. pour évacuer mais aussi pour trouver les clés pour avancer plus sereinement ! Ce n'est que mon avis...

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  2. Ginie : Déjà, faut payer et c'est impossible. Ce n'est pas parce que Fred retravaille qu'on doit dépenser et il y a plus important que des séances dont je n'en vois pas l'utilité... J'ai facile à me confier, me remettre en question. Mes deux gros problèmes, c'est de rêver de personnes nocives à ma vie et d'être hypersensible. C'est ma nature et je crois bien que ça relève d'aucune compétence médicale :/

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  3. Je suis allée voir un psy pendant 6 mois environ, cela m'a fait du bien car les discussions avec lui me forçait à aller plus loin dans mes raisonnement, ce n'était pas tjr agréable, de m'entendre dire certaines choses, et me rendre compte d'autre chose, mais bon. Ca serait à refaire, je le referais.
    J'ai arrêté au bout de 6 mois car je n'en ressentais plus le besoin et, à la même période, mon psy changeait de région.

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    1. Les trois séances avec la psy en congé m'avait fait déjà beaucoup de bien. Mais delà à dire que le travail était terminé. Elle aurait dû me prévenir car assise derrière son bureau, je n'avais jamais vu sa grossesse sinon, je ne me serais pas lancée dans cette aventure avec quelqu'un que je savais temporairement dispo...

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  4. Alors je t'arrête tout de suite...
    On ne consulte pas un psy uniquement parce qu'on est dépressif. On le fait parce qu'on veut des réponses à ses questions, pour avancer, pour faire la paix avec soi, pour dénouer quelque chose, pour y voir plus clair, pour soigner une blessure... bref pour d'inombrables raisons.
    Je n'ai aucun mal à me confier et à me remettre en question. Ce n'est pas pour autant que je n'avais pas besoin de voir un psy. Il m'a aidée (et m'aide encore) à détruire les schémas néfastes que j'ai dans la tête, à envisager les choses autrement, à me libérer d'un poids. Je ne me confie pas, je réfléchis. C'est différent.
    Et pour ce qui est des finances, si tu vas voir un psychiatre, c'est un médecin, il est remboursé par la sécu et la mutuelle ;)

    Tout ça pour dire que si tu veux trouver des raisons pour ne pas y aller, il va falloir en trouver d'autres :P J'ai énormément évolué ces dernières années, et c'est grâce à mon psy. Mais effectivement, il faut que ça vienne de toi, que tu en ai envie. Sinon, ça ne pourra pas marcher.

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    1. Ah ah t'inquiète, tu ne m'apprends plus rien :p
      J'avais 16 ans, je suis excusable ^^
      J'ai rapidement compris que se forcer, peu importe les raisons et dans n'importe quel domaine, ça ne menait à rien de bon...

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  5. Hello,
    J'aurais à beaucoup à dire sur le sujet, car je me reconnais en partie dans ce que tu exprimes dans cet article... Une de mes réponses serait assez "pragmatique" je dirais, comme identifier les causes de ton mal-être, à quels moments cela intervient, pour pouvoir peut-être avancer par toi-même sur tes questionnements. Et aussi s'il y a des choses ou des personnes qui pourraient atténuer ce sentiment. Compliqué de résumer en un commentaire ;) sinon si le besoin s'en ressent, il existe des psys gratuits il me semble, dans les CMP (centre médico psychologique), l'attente est par contre parfois longue.
    Courage !

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