Se bourrer la gueule

dimanche 21 janvier 2018 Ingrid | Mémorables oublis 2 Comments


Désolée pour le titre vulgaire. Je ne suis pas inspirée mais en même temps, ça reflète bien le sujet de cet article...

C'est en commentant celui d'Azylis sur sa relation avec l'alcool et la vision dont elle se fait de ce dernier (à lire ici), que j'ai décidé d'en faire un article. Faut dire que mon commentaire n'était pas terminé qu'il était déjà presque aussi long que son article. Donc bon...

Ma première consommation d'alcool a commencé sur le tard (25 ans environ). Pourquoi ?

Je n'ai jamais été attirée par l'alcool. N'ayant pas d'amis au collège et lycée, les occasions étaient donc très limitées. Et le fait de ne pas boire n'aidait pas à améliorer mon statut social. A l'époque, j'étais cataloguée de fille à papa. Oui, parce que si tu ne bois pas et ne fume pas, c'est la honte vois-tu. Et cette honte, on a réussi à me la faire sentir. Chose grave ! Et comparé au tabac, je n'ai jamais cherché à m'y mettre pour me faire de soi-disant amis...

Après les études, je suis partie vivre à Paris. Et chaque vendredi soir, nous nous retrouvions, une quinzaine, dans un bar à bières. J'étais la seule avec mon petit nectar de poire. J'avoue que c'était un peu lourd au début. La nana qui ne boit pas une goutte d'alcool dans un bar réputé pour servir des bières du monde, ça a de quoi faire rire. Mais ce fut toujours gentillet et dans le respect. On ne m'a jamais incité à boire de la bière et même que le serveur prenait plaisir à me concocter des nectars rien que pour moi.

Il faut dire aussi que je n'aime pas les boissons à bulles. Quelles soient alcoolisées ou non. Ce n'est pas mon truc. Si je bois du coca, c'est que vraiment je n'ai pas d'autres choix. Par contre, je me suis toujours sentie gênée lorsque j'étais seule avec mon café pendant que d'autres trinquaient au champagne.

Il a fallu que j'arrive en Belgique pour que le mojito devienne tendance. Oui, c'est très bon et rafraîchissant mais là encore, ça reste le petit apéro entre potes à une terrasse en été.

Auparavant, je n'ai jamais ressenti le besoin de goûter à l'alcool. Pourtant, je n'ai aucun passé triste à ce sujet, je ne connais pas d'alcoolique dans mon entourage qui puisse expliquer mon indifférence à l'alcool. Ca ne m'intéresse pas et comme c'est quelque chose que je ne connais pas, je m'en passe très bien.

Du coup, j'ai du mal à comprendre cette addiction qu'ont les gens à son sujet. Au collège, dès le lundi matin, les gars (et quelques nanas) se demandaient comment trouver l'argent nécessaire pour leur beuverie de samedi prochain. C'était leur dilemme de la semaine : comment se procurer des packs de Kronenbourg ?! Et tu les voyais calculer les quelques pièces qu'ils arrivaient à grapiller ici et là pour espérer pouvoir se payer au moins un pack. Tristesse...

C'est donc ça les soirées entre potes ? Vivre de bière ? S'amuser de bière ? Il aura fallu attendre 10 ans et les rendez-vous parisiens du vendredi pour découvrir que non, la bière (comme tous les autres alcools) ne font pas une soirée. Que oui, on peut s'amuser sans. Que non, on ne devient pas ringard.

Et puis, on m'a fait découvrir le Malibu. Je trouve ça très bon mais quand en boire ? Parce que pour moi, boire seule sans véritable raison que l'envie, ça me renvoyait l'image d'une potentielle future alcoolique. Et je ne voulais pas de ça.

Puis, j'ai rencontré Fred qui ne boit que de la bière. C'est son seul alcool et il le tient très bien (il n'est ni lourd ni mauvais, sinon je lui aurais déjà dit au revoir). On ne peut pas en dire autant de ses potes de l'époque. Ce sont eux qui m'ont fait découvrir les soirées alcoolisées. Et mon Dieu...

"Bonjour, j'ai trente ans passés, je dépense mes salaires dans l'alcool, à faire des mélanges, à m'en rendre malade, à ne plus me souvenir de mes journées soirées passées, à être un bon gros connard, à reprendre le volant malgré que je sois un récidiviste, que j'ai un pote qui a perdu la vie et que j'ai failli en perdre d'autres (pour ne pas dire moi-même) à cause de l'alcool".

Comment dire... Croyez-moi que durant ces 2/3 années à les fréquenter, j'étais super fière d'être ce que j'étais en les voyant/écoutant. C'est ce genre de personnes qui m'a ôté toute honte que j'ai longtemps eu de ma personne parce que je ne buvais pas d'alcool et donc, c'est la chouffe (honte en lorrain).

Durant cette période, j'ai quand même goûté du vin. Parce que bon, qu'est-ce qu'il y a de si délicieux là-dedans ? Faudrait pas que je meure idiote... Verdict : je n'aime pas le rouge mais le blanc, ça passe. Mais un blanc sec. J'ai eu quelques soirées Eristoff mélangé à de l'Oasis mais trop fort pour moi. Je n'aime pas l'effet produit sur ma personne. Je fatigue, je sens que je ne suis pas normale. Et puis, c'est cher, c'est calorique, ce n'est pas bon pour la santé consommé dans de grandes quantités donc là aussi, je suis bien contente d'arriver à m'en passer.

Et ce qui a changé avec mon article que j'ai écris il y a quelques années, c'est qu'aujourd'hui, je me permets de temps en temps un fond de verre de Malibu ou un voire deux verres de blanc. Même en étant seule, même en pleine semaine mais toujours aux heures adéquates (en fin de matinée ou en début de soirée). Vous ne me verrez jamais avec un verre d'alcool à 9h par exemple. Je n'ai plus cette image d'alcoolique que j'avais peur de (me) donner. Car je m'étais fait l'idée que l'alcool, ça se boit uniquement entre amis, au restaurant et uniquement à des occasions.

Pour mes trente ans, je disais aimer savoir ce que ça fait que de se lever le lendemain avec un bon gros mal de crâne et ne plus se rappeler de la veille. Mais quelle connerie. Comme si je ratais quelque chose de bien dans ma vie...

Que des jeunes fassent quelques soirées alcoolisées, c'est normal. Il faut que jeunesse se fasse après tout. Mais quand je vois que des gens, la trentaine passée, passent leur week-end à se bourrer la gueule (tout en chassant/conduisant, oui oui), ça me met hors de moi. Ces gens-là n'ont aucune responsabilité. Ces gens-là ne connaissent que les beuveries et se permettent de critiquer des personnes, comme moi, qui gèrent leur consommation d'alcool et mieux, savent s'en passer tout en passant une bonne soirée ! Oui parce que de bonnes soirées, j'en ai passé tout en étant sobre. Et quoi de plus doux que de se réveiller le lendemain et sourire à la soirée de la veille où l'on a passé un très bon moment ?

Je ne regrette pas ces personnes qui refusent d'évoluer. Ces personnes avec qui Fred et moi avons coupé tout contact (personnes qui sont des amis d'enfance de Fred). Ces mêmes personnes qui en ont que faire de reprendre le volant (dont l'un qui fait 1m90 pour 100kg était prêt à me frapper si je ne lui rendais pas ses clés de voiture et qui a fini de picoler ce qu'il restait en plein champ, pour nous appeler une heure après pour l'aider à sortir du fossé, en pleine nuit d'hiver. Et qui n'a pas trouvé mieux à dire que "Fait chier, je vais devoir faire des heures supp' pour payer les réparations" plutôt que "Putain, j'aurais pu buter quelqu'un").

Ma foi, si on regarde bien les choses, les personnes qui sont tristes à voir, qui sont d'un ennui et qui font honte ne sont pas forcément celles que l'on croit.

2 commentaires :

  1. Je ne vais pas te dire ce que j'en pense, ça n'aurait pas trop de sens ^^
    Mais je suis touchée que mon article t'ai inspiré !

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  2. Touchant. Moi, j'aime beaucoup ta vision vis à vis de l'alcool.

    Perso, j'ai eu une consommation qui, quand j'y pense aujourd'hui, était déraisonnable. Mais je n'ai jamais connu une gueule de bois ou un lendemain de veille difficile. Puis, comme toi, je soupire devant ces gens qui sont tous les soirs au bar pour picoler. Surtout quand ces personnes ont mon age et reconnaissent que oui, ils sont alcooliques. J'ai envie de les secouer. Parce que je les apprecie, au final. Et, pareil, je commande des jus de fruit ou du café quand je vais boire un verre en leur compagnie. Ils lèvent les yeux au ciel, mais comprennent. Je me suis vraiment rendue compte de cette folie en arrivant à la campagne. Je n'avais rien capté en ville. Les gens s'envolent des litres de bière de mauvaise qualité parce que c'est tout ce qu'ils ont d'abordable sous la main.

    Bref, tout ca pour dire que j'admire un peu ton parcours et c'était soulageant à lire.

    Des bises

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