Toi, c'est pas pareil

mercredi 10 janvier 2018 Ingrid | Mémorables oublis 1 Comments


Ne surtout pas voir en cet article, une manière de me plaindre et encore moins de me faire plaindre. Mais j'ai quand même eu droit durant les fêtes à une réflexion qui mérite un petit article.

"Toi, tu ne prends pas de médicaments, c'est différent".

Donc si j'ai bien compris, seules les personnes qui se médicamentent sont jugées malades et à plaindre. Moi, je n'en prends pas donc je suis en parfaite santé. CQFD. Je l'aimerais, vraiment. Mais tout ne se solutionne pas avec des cachets.

Ces derniers mois, j'ai parlé de souci de santé. J'aurais peut-être dû dire physique. Mais là encore, ça ne se voit pas et je ne le montre pas, on pourrait dire que je n'ai rien. Non, c'est juste que je déteste que l'on me plaigne et me plaindre sans cesse n'y changerait rien.

C'est un peu comme les personnes en dépression : beaucoup les juge comme des fainéants. Alors que bon, il faut voir bien au-delà d'un état de loque. Tout comme mon père lors d'un passage en caisse pour handicapés (que nous prenions en dernier recours, s'il y avait trop d'attente aux autres caisses normales). Ce jour-là, un vieux monsieur avec sa canne a piqué une colère (ma mère et la caissière principalement) parce que nous n'avions rien à faire à cette caisse (la caissière était au courant de l'état de mon père et qu'il possédait la fameuse carte), que nous étions des personnes irrespectueuses. Lorsque ma mère lui a sorti la carte d'invalidité de mon père, il s'est tu. Car là encore, si tu n'as pas une canne, un fauteuil, un membre en moins, tu n'es pas handicapé.

Bah moi, c'est un peu pareil : je ne prends pas de médicaments et ça ne se voit pas sur moi DONC je ne suis pas malade.

Je n'ai jamais dit que je l'étais. J'ai un souci de santé qui m'handicape au quotidien. Seul mon sommeil permet du repos. Mais éveillée, c'est une autre histoire.

Pour un peu schématiser : tout ce qu'il y a entre ma tête et mes épaules, c'est bancale. C'est comme quand tu rafistoles une baguette en bois casée avec une tonne de scotch, de colle, de clous mais que ce ne sera plus jamais solide comme avant.

J'ai eu des séances de kiné avec diverses méthodes qui me faisaient plus de mal qu'autre chose. Seul celui spécialisé en acupuncture chinoise arrivait à me soulager mais ça ne durait que lorsque c'était chaud. On m'a dès le départ conseillé de ne plus lire, ni aller sur le PC, éviter la télé et arrêter la photo. J'ai également dû stopper le vélo car ça jouait sur mes cervicales. Sans oublier les exercices à faire à la maison qui concernent le haut du corps. En somme, je dois stopper ce qui fait pencher ma tête et ne pas lui imposer du poids (la minerve étant fortement déconseillée puisque inutile et empirerait mon cas. Une minerve se porte occasionnellement sur un très court laps de temps). Si vous avez lu mon article précédent, vous comprenez mieux pourquoi j'ai passé mon année 2017 au lit. Et il vrai que ça me soulageait un peu. Puis manger. Moi qui ne grignote jamais, ça me faisait beaucoup de bien. Mais comme le moral étant lui aussi bancale, je ne grignotais pas des feuilles de salade, des bâtons de courgettes ou de carottes...

Je suis entrain de vous écrire sur le PC (ça serait depuis le téléphone dans le lit, ça serait la même chose) et je sais que je vais le payer durant quelques jours. Tout comme lorsque je prends l'appareil photo. Tout comme lorsque je veux lire (la liseuse m'aidant à ne pas aggraver ma douleur).

L'ostéo m'a remis des choses en place dans le dos lors de ma première séance. J'ai eu très mal au cou durant les dix jours qui ont suivi. Lors de la seconde séance, il s'est attardé sur mon cou. Et oui, ça m'a fait du bien. Sur du long terme. Mais l'ostéo, ce n'est pas pris en charge à 100% par la sécu, ça revient cher et surtout, je vais me trimbaler ce problème physique, à vie. Ça, je l'ai bien compris...

J'ai donc décidé de faire avec. Avec cette inversion cervicale qui a débarqué un jour de février 2017. Tous m'ont dit que je l'avais depuis l'adolescence (puisque je n'ai jamais eu d'accident et le cou du lapin) mais voilà seulement maintenant que ça se manifeste. Ca ne se répare pas. Tout au mieux, de 25%. Alors à quoi bon faire des séances à droite et à gauche pour quelque chose qui soulage que quelques heures ? Autant apprendre à vivre avec même si ce n'est pas toujours facile.

Fred a fini par déceler lorsque j'ai mal. Ca se voit à mon visage et à mes multiples déglutitions. J'ai toujours le réflexe de me faire un bon lait chaud avec miel/citron pour soulager ma gorge irritée alors que ça ne vient pas du tout d'un coup de froid. Il n'est pas toujours évident de trouver la bonne posture (que ce soit assise, debout ou couchée). Il ne faut pas que ma tête soit trop relevée/baisée. Mais ça, je le sais quand je commence à avoir mal. Je ne dois rien porter autour du cou et même si mon appareil photo est porté en bandoulière, ça joue toujours sur les cervicales. Finies les lectures assises contre la tête de lit ou même couchée. La position de ma tête n'étant pas adaptée à mon problème. C'est pourquoi la liseuse fut un achat non réfléchi mais finalement bien utile. Finie la télé couchée sur le dos dans le lit. C'est maintenant sur le ventre, la tête au niveau des pieds. Les oreillers de forme, fermes, souples, sans. J'ai tout essayé mais de toute façon, ça ne sert à rien : je bouge beaucoup donc peu importe comment je m'endors, j'adopte 50 000 positions durant la nuit. Fini le bécot un peu brutal sur la joue que Fred aime amoureusement me faire parfois. Il ne suffit pas de grand chose pour que mes cervicales en prennent un coup. Rien que de tourner la tête un peu vite me fait mal, c'est pour vous dire. Du coup, je suis devenue encore plus raide à ce niveau-là. J'ai même tendance à vivre avec la tête légèrement penchée sur la gauche (style le chien battu ou qui réclame une friandise). C'est devenu un automatisme, ça me soulage, un peu.

Je ne suis pas malade, je ne vais pas mourir (de ça tout du moins) et ça ne se voit pas. Malgré tout, je vis avec un handicap. Et ça provoque très souvent des maux de tête. Mais qu'un proche, qui est pourtant au courant, sous-entende que je n'ai rien, j'avoue que la pilule a eu du mal à passer (blague trop facile).

1 commentaire :

  1. Quand on ne sait pas, on extrapole. C'est le défaut de beaucoup de personnes...
    Toi, seule, c'est ce que tu vis au quotidien. C'est comme pour d'autres pathologies qui sont qualifiées d'insoignables, il faut vivre avec mais comment? J'espère de tout coeur que tu vas trouver LA solution pour que ce mal soit plus "confortable".
    Bises, à bientôt.

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